mardi 18 septembre 2018

1053 Réflexion sur mon art de ne pas aimer les femmes

Quand je regarde la société parisienne où je vis, j'ai l'impression que dans le domaine de l'amour j'ai pu rencontrer deux extrêmes opposés. D'un côté, ceux à qui ça paraît simple et facile et qui retombe toujours et vite sur leurs pieds. De l'autre côté, ceux dont je fais partie pour qui ça ne marche jamais. Et qui se perdent en lamentations et récriminations. Comment expliquer cette situation ?

Pour trouver une explication il est suggéré aux hommes d'avoir recours à la philosophie. De chercher à « comprendre les femmes » et réciproquement aux femmes de « comprendre les hommes ». Cette prétention apparemment juste et logique est en fait absolument absurde.

En effet, contrairement à une idée couramment répandue, il n'existe pas une unique humanité divisée en deux sexes, mais plutôt deux humanités différentes. Qui n'ont pas grand chose à voir entre elles. Si ce n'est qu'elles peuvent s'accorder. Mais le phénomène est rare.

Un homme, par définition, ne peut pas comprendre une femme et une femme, par définition, ne peut pas comprendre un homme. Ne serait-ce que parce que la vision de la vie ne se ressemble pas si on a ou on n'a pas la possibilité potentielle de mettre au monde un enfant. Ceux qui prétendent expliquer à tous comment fonctionne une femme ou un homme se trompent très lourdement.

Quand il veut se rapprocher d'une femme, un homme peut s'en rendre incapable de diverses façons.

Il peut prétendre à développer avec elle un amour sans sexe, ou un sexe sans amour. Ces phénomènes relèvent de l'imaginaire. L'amour est toujours sexué, qu'il y ait ou non une pratique « sexuelle ». Et le sexe est toujours marqué par les sentiments, quand bien-même on prétendrait les nier et y échapper. L'amour sans sexe baptisé « amitié » est un fantasme que j'ai souvent poursuivi.

Une autre façon de renoncer à se rapprocher des femmes consiste à se résigner. Décréter par avance que ce rapprochement est impossible. Pour diverses raisons éventuelles : qu'on ne comprend pas les femmes, qu'on ne se comprend pas soi, qu'on est trop vieux, pas assez beau, pas assez jeune, pas assez riche, pas potentiellement « sexuellement performant », etc. Tous ces « raisonnements », que j'ai eu l'occasion d'utiliser, servant d'emballage au simple choix de renoncer parce qu'on a peur.

Enfin, un des motifs les plus perfides pour éviter de se rapprocher d'au moins une femme consiste à « suivre ses sentiments ». Pourquoi ? Parce qu'en fait le sentiment ici dominant est la peur. Qui vous fait vous sentir attiré ou bien par une femme radicalement inaccessible ou bien accessible pour aller au désastre relationnel. Il faut éviter de suivre ses « sentiments » qui ne sont que le déguisement de la peur. Il faut aller vers quelqu'un qui paraît bien et ne vous attire pas. Et peut même envoyer des signaux d'intérêt pour vous. Et aller vers ladite personne sans pour autant lui faire des compliments ou lui offrir des fleurs. Pourquoi ? Parce que agir ainsi vous range dans la catégorie des coureurs à trucs. « Mon truc c'est de faire des compliments » ou bien « mon truc c'est d'offrir des fleurs ».

Ne pas chercher de rendez-vous mais offrir la possibilité à l'autre, s'il le veut bien, de venir vers vous. C'est ainsi que je vois à présent la question. Et ne pas détailler mes faiblesses ou râteaux passés. Il ne s'agit pas de rechercher la pitié, mais de trouver l'amour. Que d'autres n'ont aucune difficultés à trouver, car ils ne cherchent pas la fuite dans l'échec, mais la réussite dans la rencontre. Il s'agit d'aller de l'avant vers le meilleur et d'oublier les renoncements et cafouillages négatifs habituels et traditionnels. La vie est belle à condition d'accepter de la vivre et de la bien vivre, loin des ombres du passé et des peurs ancestrales et contagieuses. Il me faut substituer à l'art de ne pas aimer les femmes et rester fidèle à ma maman, l'art d'aimer en homme les femmes, tout simplement.

Basile philosophe naïf, Paris le 18 septembre 2018

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