mercredi 28 février 2018

906 Sortir de l'imposture pornographique

Quantité de gens, pour s'exciter sexuellement font appel à la pornographie. Celle-ci les égare car elle est une imposture. Les acteurs et actrices pornos, ceux et celles qui s'agitent devant les caméras, n'en font même pas mystère. Ils ne jouissent pas quand ils réalisent leurs galipettes filmées ou photographiées. C'est même facile à apercevoir. Les garçons ne parviennent pas le plus souvent à éjaculer, sauf en faisant appel à une vigoureuse masturbation manuelle. C'est dire à quel point ils sont excités par le coït ! En fait ils ne ressentent rien durant leurs gesticulations génitales intromissives. Leur membre est comme anesthésié. La Nature n'aime pas qu'on singe l'amour, alors elle ôte la sensibilité du pénis durant cette agitation. Les filles visiblement s'emmerdent durant ce temps-là. Ou montrent qu'elles pensent à autre chose. Allez d’ailleurs ressentir un quelconque plaisir quand vous vous préoccupez surtout d'offrir un angle intéressant à la caméra ! Les quelques interviews de salariées du porno que j'ai pu lire sont explicites à ce propos.

La pornographie est donc une imposture. Elle prétend montrer une sexualité jouissive et frénétique. Elle montre juste des salariés qui prennent autant d'entrain dans leur activité que celle d'un éleveur bovin trayant ses vaches. Mais la nuisance du porno, du fait de sa fausseté ne s'arrête pas là. L'imposture pornographique déteint sur les comportements, fantasmes et mentalités de nombre de gens. Ce qui amène à renforcer l'isolement des individus et l'absence de tendresse entre les humains adultes.

Je vois bien autour de moi qu'il y a des dames qui souffrent du manque de câlins. Mais j'évite de les approcher, sachant qu'elles croient que toute approche dite « physique » confond tendresse et pornographie. La tendresse impliquerait nécessairement et automatiquement un panel de gestes précis y compris si on ne les souhaite pas. Comme disait vers 1999 la grand mère d'une jeune femme que je connaissais alors : « si on dort dans un même lit ça implique certaines choses ». En fait ça n'implique rigoureusement rien. Mais dans la pornographie ça implique le coït. Et les gens influencés par elle suivront ce schéma. Cette façon de faire ne me dit rien, je ne suis pas un robot.

Il faut se débarrasser de l'imposture pornographique. D'abord en la dénonçant. Ensuite en refusant de suivre les comportements qu'elle dicte. Il n'y a rien de honteux à ne pas baiser et laisser libre la tendresse sans la charger avec les chaînes de la pornographie.Tout le paysage de la tendresse, de l'amour et de la « sexualité » est à redessiner. Bien des affirmations sont fausses. Bien des évidences sont des mirages. Seule l'authenticité et sa recherche comptent. Il faut résolument cesser de faire ou tenter de faire ce qui ne nous motive pas, sous prétexte que l'autre serait demandeur ! On ne baise pas pour satisfaire l'autre en attendant un épanouissement sexuel réciproque qui ne viendra jamais, sauf dans les films.

La lecture pornographique de l'amour, qui implique la recherche permanente et frénétique du coït peut être abandonnée. En agissant ainsi on ne renonce à rien, sauf à de dangereuses et nuisibles illusions. Cette lecture est propre à la plupart des hommes et proportionnellement à moins de femmes. Le sexe n'est pas un produit de consommation. La tendresse est à réinventer. Il existe une frontière très rarement franchie : celle de la tendresse authentique. Nombre de femmes ne la franchisse que pour caresser des enfants ou des animaux familiers, pas des hommes. Quantité d'hommes y compris vivant « en couple » n'ont jamais rencontré la tendresse d'aucune femme. La tendresse est assimilée par les femmes à une prise de risque. Et face à la mauvaise éducation générale des hommes elle représente effectivement une prise de risque. Risque d'être harcelées, importunées, violées. Notre société est malade du manque de tendresse. Le premier ennemi de la tendresse est l'imposture pornographique et l'influence envahissante de celle-ci. Retrouver le chemin de la tendresse véritable c'est retrouver le chemin de la paix, de la justice et de la liberté.

Basile philosophe naïf, Paris le 28 février 2018

mardi 27 février 2018

905 L'insensibilité mallarméenne

En 1865, le poète Stéphane Mallarmé débute ainsi son poème intitulé « Brise marine » : « La chair est triste, hélas ! »

Il fait ici allusion à un phénomène étrange et significatif dont on évite de parler : l'insensibilité sexuelle en cas de coït mal venu.

Quand on croit « faire l'amour » et en fait on mène au mieux une double masturbation réciproque, on fini par ne plus rien ressentir. L'homme qui se branle dans le ventre d'une femme n'arrive pas même à éjaculer et son érection retombe. S'il prend un produit pharmaceutique pour bander, il bande mais ne sent rien.

Ce phénomène est très bien illustré par les acteurs de films pornographiques. Ils s'acharnent et n'éjaculent pas. Ils sont obligés de se finir à la main. Les actrices, qui ne ressentent rien, pensent à autre chose et parfois rigolent. Celui qui regarde des films pornographiques lui-même fini par ne plus les trouver excitants. C'est normal. Ils ne le sont pas. Le seul vrai plaisir et la seule vraie émotion que ressent l'acteur ou l'actrice porno c'est à la réception du chèque payant ses cabrioles.

Certains imbéciles croyant au mythique « épanouissement sexuel » réalisé dans un cadre de baise sur abonnement expliquent ceci : « à la longue on se connaît mieux. Et grâce à ça on grimpe aux rideaux à chaque fois qu'on joue au petit train ».

C'est exactement l'inverse qui arrive. Au début l'excitation peut faire illusion. Puis, à la longue, les corps se mettent en ordre et on ne bande plus, on ne baise plus. On accuse alors « la routine ». Il faudrait des sex toys, des baises lubriques, etc. Âneries que tout cela ! Qu'on ne baise plus, qu'on ne bande plus est exactement dans l'ordre des choses. La Nature un moment dérangée reprend ses droits.

Les hommes plus souvent que les femmes sont déçus. Pourquoi ? Parce que leur modèle sexuel c'est la masturbation solitaire. Ils la pratiquent des milliers de fois dans leur vie et n'en parlent jamais. Ils s'imaginent le coït comme une super masturbation. Pensez donc ! Remplacer leur main par un ou une partenaire ! Résultat, le ou la partenaire n'apprécie guère, même s'il n'analyse pas précisément la situation. La rupture intervient et tout le monde est déçu.

Le « couple qui baise et s'éclate sept fois par semaine, voire plus, durant quarante ans » est un pur fantasme. La poursuite de ce fantasme a des conséquences dévastatrices. Sont perdants toutes les personnes impliquées.

Certaines femmes finissent elles aussi par poursuivre la recherche de ce mirage masculin. Le résultat est qu'elles « se réservent » pour l'oiseau rare. Ou bien, au contraire, testent quantité d'oiseaux qui passent en espérant à l'usage détecter l'oiseau rare. Le résultat de ces attitudes est à chaque fois insatisfaisant.

En l'honneur du grand poète Stéphane Mallarmé qui en a parlé dans son poème, je propose de baptiser l'anesthésie génitale des coïts mal venus : insensibilité mallarméenne.

Et plutôt que regretter l'existence de celle-ci, félicitons-nous de son existence. Elle rectifie la route erronée des êtres sensibles. Et tend à nous indiquer le chemin de l'amour vrai, loin des mirages de l'amour pseudo libre et de la pornographie. 

Basile, philosophe naïf, Paris le 27 février 2018

dimanche 25 février 2018

904 L'origine de la situation sexuelle actuelle de l'Humanité à Paris

Tout dernièrement je visitais le site Internet d'un chirurgien français vantant son talent pour faire des nympho-plasties. La nympho-plastie est une folie esthétique consistant à rectifier chirurgicalement l'aspect extérieur du sexe de la femme. Au nom d'un idéal esthétique prônant l'absence de relief du sexe féminin la nympho-plastie consiste à ôter les petites lèvres qui dépasseraient les grosses lèvres. C'est une ânerie à la mode où la femme est, une fois de plus, traitée en objet à normaliser.

A la fin de ce texte publicitaire une phrase m'a frappée : « reprise de votre activité sexuelle normale au bout de quinze jours. » Qu'est-ce que ça signifie « activité sexuelle normale » ? Et bien ça signifie : baiser régulièrement. Mais pourquoi devrait-on baiser régulièrement ?

Si nous regardons il y a plusieurs décennies, il était prôné exactement l'inverse. Baiser, mais pas trop. Sinon c'était l'excès, l'usure, la fatigue, voire la maladie. Une brochure éditée à Paris en 1845 expliquait que les décolletés trop fréquents et trop généreux au moment du Carnaval causaient le cancer du poumon. Donc, il valait mieux éviter les excès de décolletés.

Dans les années 1970 ça a commencé à changer à Paris et pas seulement à Paris. Je me souviens d'un ouvrage de Jane Fonda que j'ai feuilleté au rayon librairie du Bazar de l'Hôtel de Ville. À un moment elle écrivait, je cite de mémoire : « baiser est une activité hygiénique au même titre que se brosser les dents. »

Vers le début des années 1970, un homme pas très beau mais qui mettait dans son lit quantité de femmes avait dragué la belle Agathe. Le hasard a fait que je me suis retrouvé près d'eux durant un voyage dans le métro. L'homme proposait à Agathe le marché suivant : pouvoir se voir de temps en temps pour baiser et rien d'autre. Agathe n'était pas d'accord.

L'arrivée de la contraception orale féminine diffusée librement et largement à partir de 1974 en France a amené ceci : les dragueurs classiques ont eu l'impression que l'ensemble des femmes devenait des putains gratuites.

Le seul modèle de conduite sexuelle étant masculin, le baiseur offrait à la femme le choix de devenir la baisée. Si on réfléchit bien et on revient à la citation de Jane Fonda on comprend ceci : la thèse américaine a pour l'instant triomphé. La baise est devenue une activité hygiénique exactement au même titre que se brosser les dents.

D'où le propos du chirurgien coupeur de sexes féminins cités plus haut : « reprise de vos activités sexuelles normales au bout de quinze jours. »

On nage toujours dans cette ânerie : faire du sexe un produit de consommation banalisé. On a galvaudé l'acte sexuel. Se faire une toile, un resto, une baise. Les Romains antiques avaient poussés jusqu'au bout les plaisirs gustatifs de la table. Allongés sur une sorte de divan le riche Romain, la riche Romaine, se gavait de bonnes choses. Une fois repu il ou elle se faisait vomir. Puis buvait du vinaigre pour se redonner de l'appétit et remangeait. Et ainsi de suite il recommençait. S'agissant du sexe, la masse des pauvres imbéciles qui m'entoure fait « l'amour à la Romaine ». Faut-il s'étonner si à terme le résultat n'est pas satisfaisant ? Bien sûr que non, et tant que cette situation durera l'homme sera insatisfait et fera souffrir la femme en la harcelant, la sidérant et profitant d'elle, la violant, etc. Il faut pour progresser remettre en question le modèle de conduite sexuelle des années 1970 toujours en vigueur à Paris. Chercher l'authenticité et ne plus chercher à faire le contraire de ce qui se fait pour le plaisir de faire le contraire de ce qui se fait

Basile, philosophe naïf, Paris le 25 février 2018

903 Recherche ouverte et positive ou fermée et négative, le chahut dunkerquois

Un certain nombre de personnes pensent chercher la vérité. Mais seulement certaines d'entre elles la cherchent véritablement. Car leur recherche est ouverte et positive. Ouverte : ils sont prêts à rencontrer les vérités, les phénomènes les plus étonnants, inattendus. Positive : ils ont une vision positive du monde. Et ils prennent le temps pour chercher et trouver un peu. Cinquante ans et plus parfois sont nécessaires pour comprendre un peu et pénétrer certaines choses.

Beaucoup d'autres qui s'imaginent chercher la vérité ne la cherchent en fait pas. Pourquoi ? D'abord parce qu'ils sont pressés. Ils sont à la recherche de recettes toutes préparées. Ou alors d'un « gourou » qui leur dictera ce qu'ils cherchent et que ce « gourou » aurait déjà trouvé. Ils sont une proie idéale pour les marchands d'illusions. La vérité ne peut pas se trouver sans l'expérience. Et celle des autres, si belle soit-elle, ne remplace jamais totalement son expérience à soi.

Ceux qui sont ainsi pressés ne cherchent pas la vérité, mais la confirmation de « leur » vérité. Ils ne veulent surtout pas de réponses inattendues et déroutantes. Ils veulent que leur recherche confirme ce qu'ils pensent déjà. Et ce qu'ils pensent déjà est ainsi fermé. Et est très souvent négatif.

Enfin il y a ceux qui répètent les mots et les phrases justes ou fausses sans trop saisir au fond leur signification. Et font le contraire de ce qu'ils disent sans le penser vraiment.

Cependant il faut rester optimiste. Ceux qui cherchent sont nombreux et souvent discrets. Ils progressent sans faire de bruit. Ils font le bien autour d'eux et n'attendent pas qu'on leur fasse de la publicité. Ils appartiennent au côté positif du monde. Ce côté n'est pas éclairé par les médias qui passent leur temps à mettre en vedette toutes les choses négatives possible.

Il y a des dizaines de millions de gens bien. Ils ne font pas de bruit. Et ceux qui font du bruit ne sont pas le plus souvent les plus intéressants. Comme disaient certains Chinois de jadis : « ce ne sont pas forcément ceux qui parlent le mieux qui ont les choses les plus intéressantes à dire. »

Chercher à faire le bien c'est chercher la vérité. Mais la vie n'est pas un laboratoire d'essai. C'est aussi une chose à vivre. Trouver son plaisir, son agrément n'a rien de honteux. En étant heureux on contribue à rendre heureux d'autres autour de soi. Et on a autant qu'eux droit au bonheur.

Le meilleur moyen pour être heureux c'est « la fête ». On fait la fête aussi bien pour être heureux, parce qu'on est heureux et pour rendre heureux les autres. La fête ne s'explique pas. Elle se fait.

La plus belle des fêtes c'est le Carnaval. Il en existe diverses variétés. A Dunkerque, par exemple, c'est « la bande » précédée de « l'avant bande ». La bande c'est le défilé. En tête, il y a un service d'ordre débonnaire et super musclé qui pousse les gens pour dégager le passage. Puis s'avance la fanfare. Et derrière elle, la foule costumée avec en tête le tambour major et la cantinière. La foule costumée est structurée. Les premiers rangs sont bras-dessus bras-dessous et sont plutôt costauds. Ils font le « tiens bon d'sus » ou « chahut dunkerquois ». De temps en temps au signal de la musique, un air fait que le premier rang bloque un moment et tous pousse derrière. J'ai participé au chahut dunkerquois à Malo-les-Bains en troisième ligne au moment du rigodon final. Assez vite je n'en pouvait plus d'être écrasé. Je l'ai dit à mes voisins. Aussitôt les rangs se sont desserré et j'ai pu sortir. Ensuite, durant trois jours j'ai eu mal aux côtes et ressenti un sentiment d'enthousiasme indescriptible. J'en ai parlé par la suite avec une carnavaleuse dunkerquoise. Elle m'a confirmé le caractère habituel du phénomène ressenti. « C'est comme ça », m'a-t-elle dit sans chercher plus d'explications. D'ailleurs est-ce qu'il en existe une ?

Basile, philosophe naïf, Paris le 25 février 2018

samedi 24 février 2018

902 La Grande Réconciliation

Durant des dizaines de milliers d'années les hommes se sont crus les uniques reproducteurs actifs venant déposer leur semence dans la terre passive du ventre féminin. Cette manière de considérer la chose n'a pu commencer à se modifier que vers 1845, quand deux médecins français, Félix-Archimède Pouchet et Charles Négrier, ont décrit pour la première fois le phénomène de l'ovulation.

La vieille croyance causée par l'ignorance de la nature de l’ovulation a conduit l'homme à se croire propriétaire de la femme. Car il pensait : « la terre appartient à qui la travaille ». Une autre conséquence dramatique de cette situation est que l'homme est devenu hostile aux femmes. Pourquoi ? Parce qu'il a pensé : « la femme c'est de la mauvaise terre. Car tous ceux que cette terre met au monde, dont moi, finissent par mourir ».

Cette hostilité immémoriale de l'homme envers la femme appelle la Grande Réconciliation. Car il n'existe pas de « mauvaise terre ». Cette situation a été voulue par la Nature, Dieu ou le Tao, mais pas par la femme.

La très ancienne croyance dans la mauvaise terre féminine est l'origine du problème humain. Qui rend les hommes méchants, insatisfaits, violents, agressifs, se sentant abandonnés passé la petite enfance.

Au nombre des fléaux causés par les hommes, on trouve les guerres. Dont notamment la cause était et est encore la recherche du butin fait de femmes, les viols, et l'accaparement de richesses.

Pour sortir sa violence l'homme s'est inventé des motifs de conflits, la xénophobie, le racisme, l'homophobie. Il a même fait des religions qui devraient être des motifs de paix la cause de guerres.

Pour retrouver le chemin de la douceur, de la paix et de la caresse l'homme doit se réconcilier avec la femme. Aucun grand problème du monde ne sera résolu tant que celui-ci ne sera pas résolu.

C'est un travail que chaque homme doit d'abord faire sur lui-même s'il souhaite voir l’Humanité s'avancer et s'en sortir.

Tous les éléments existent déjà pour régler la plupart des grands problèmes humains. Mais ils ne pourront être réglés que quand l'homme cessera de haïr la femme et se réconciliera avec elle.

C'est le seul chemin qui mène à la paix et l'harmonie tant désirées depuis des temps très anciens.

En se réconciliant avec la femme l'homme se réconciliera avec lui-même.

Et la paix enfin régnera dans les années et les siècles qui viennent.

Réfléchissez-y.

Ce texte n'est peut-être qu'un joli texte poétique. Ou bien alors il est beaucoup d'autres choses. Et de choses pratiques et ô combien utiles, à la portée de tous et de chacun, pourvu qu'il en fasse l'effort et voit.

Cette page se termine. Bonne chance à toi, ami lecteur. Je te souhaite de bien réfléchir à la question et te faire par toi-même ton opinion.

Basile, philosophe naïf, Paris le 24 février 2018

vendredi 23 février 2018

901 La révolution carnavalesque, révolution par la fête et la goguette

Certains publicistes, souhaitant donner un nom à la déconsidération présente de la politique partidaire parlent de : « carnavalisation de la politique » ou bien encore traitent les politiques de « clowns ». J'ai entendu la politique être traitée de « cirque ». Rossel voulant critiquer le manque de sérieux qu'il reprochait au pouvoir de la Commune de Paris en 1871 le comparaît à une « goguette ». Tous ces qualificatifs sont faux.

Le Carnaval rassemble et unit dans la joie tous les humains festifs, c'est-à-dire la plupart d'entre eux. Clown est un des plus beaux métiers qui soi. Un clown est un médecin de l'âme. Il rend heureux et fraternel. Le cirque est une fabuleuse entreprise, qui n'est pas exempte de critiques comme toutes les entreprises humaines. Quant à la goguette, c'est la cellule de base classique de la fête.

J'ai fait un rêve : révolutionner le monde avec la fête. On a essayé par la violence d'améliorer le monde. Le moins qu'on puisse dire est que le résultat n'est pas très convaincant. Les Bolchéviks ont, par exemple, détruit l'état autocratique impérial russe. Ils ont même massacré le tsar et toute sa famille, son domestique et son médecin privé. Et qu'ont fait ensuite les Bolchéviks ? Ils se sont empressés de construire un nouvel état, aussi féroce sinon plus que celui qu'ils venaient de détruire. Les Jacobins de leur côté ont tué le roi, la reine, leur fils héritier de la couronne et vingt mille nobles ou ecclésiastiques. Et ensuite ? Ils ont construit un nouvel état, rebaptisant la monarchie de noms divers et variés : « République », « Empire », puis ensuite « Monarchie », mais monarchie respectant les nouveaux privilégiés enrichis par la spéculation durant la période révolutionnaire, etc. La Révolution française dont on a commémoré le bicentenaire en France en 1989 n'a pas été fêtée à cette occasion à Lyon. Si vous voulez savoir pourquoi, renseignez-vous.

Donc, on a essayé la violence pour améliorer la société. Et si on essayait la fête ? Plein de fêtes partout petites ou grandes, d'échanges et d'organisations festives ? Est-ce que cela ne pourrait pas concourir à améliorer notre société ? Qui est bien triste car dominée par l'argent et la fringale obsessionnelle et très masculine du pouvoir.

S'amuser ensemble, cela ne pourrait-il pas aider les humains à s'entendre et arrêter de se battre entre eux ? Parlant des très festifs orphéons, rassemblements de milliers de choristes en France au dix-neuvième siècle, le grand chansonnier français oublié Béranger disait :

Les cœurs sont bien près de s'entendre
Quand les voix ont fraternisé.

La chanson qui réunit les goguettes est aussi un moyen d'améliorer la société. De rendre à l'être humain son Humanité ou renforcer celle-ci. Esher, un dessinateur hollandais fameux qui parcourait avec quelques amis l'Italie campagnarde profonde des années 1920 racontait une anecdote. Il ne s'agissait pas ici de chant mais de cymbalum. Un soir avec ses amis ils arrivent dans une auberge modeste remplie de gens du lieu. Tous des hommes résolument hostiles à ces étrangers. Qui ne parlaient pas un mot d'Italien ou de dialetto local. Un des Hollandais a une idée. Il va chercher son cymbalum et se met à en jouer. L'atmosphère tendue se détend soudain. Les regards se font amicaux. Le public italien est conquit. La fête est revenue.

Cette histoire a une morale. Ce n'est pas contre les hommes qu'on fait la paix mais avec eux. Comment ? Pas forcément avec des discours. Les langues ne sont pas toujours communes. Mais on fat la paix avec de la musique et un cymbalum. Il faut comprendre le fond de ce récit.

Basile, philosophe naïf, Paris le 23 février 2018

jeudi 22 février 2018

900 Le mythe de « l'épanouissement sexuel obligatoire » - ESO

Durant des dizaines de milliers d'années les hommes ont cru être le principe actif de la reproduction humaine. Ils pensaient déposer la semence dans le principe passif féminin : le ventre des femmes considéré comme de la terre. Il a fallut attendre vers 1845 la géniale découverte de deux médecins français, Félix-Archimède Pouchet et Charles Négrier, pour que l'ovulation chez la femme comme chez les autres mammifères soit expliquée. Fait significatif, cette très grande découverte est rarement mentionnée ainsi que ses deux auteurs. Quant à la découverte de la discrète élimination avec l'urine des spermatozoïdes non éjaculés, j'en ignore même l'auteur.

Le poids du mythe de la semence masculine fécondant la terre féminine pèse toujours d'un poids formidable sur notre société. L'homme est souvent obsédé par son érection et son éjaculation réalisée de préférence dans un orifice naturel. La pornographie fait l'apologie de cette obnubilation éjaculatoire. Et bien des hommes, sinon la quasi totalité, sont des grands analphabètes de la tendresse. Ils ne pensent qu'à « leur petit pipi sexuel », leur « petite affaire ». C'est-à-dire leur misérable éjaculation qui, la plupart du temps, ne leur cause aucune jouissance. Et emmerde plutôt qu'autre chose la partenaire ou le partenaire faisant office de « vide-couilles ».

L'insatisfaction ressentie par l'homme est causée par un très grand mythe : celui de « l'épanouissement sexuel obligatoire », en abrégé : ESO. Le troupeau d'imbéciles égoïstes masculins pense que soi-disant il faut absolument baiser et rebaiser régulièrement et inlassablement. Aucun mammifère ne voit sa sexualité pareillement frénétique et dérangée. À force de trop baiser, les hommes finissent par ne plus arriver à bander. Les substances chimiques de secours leur assurent des érections, mais accompagnées d'insensibilisation sexuelle. L'homme enfourne sa mécanique dans l'orifice naturel de quelqu'un d'autre. Il ne ressent rien. Souvent il ne parvient pas à éjaculer.

Pour compenser son insatisfaction l'homme va faire appel à divers artifices. Drogues, alcools, tabac, excès alimentaires et aussi compensations psychologiques. L'homme sera obsédé par le pouvoir. Il en sera malade. Il va se croire fort. Alors que les dominants sont des dominés. Ils sont dominés par leur fringale de domination. Domination qui passe parfois par de l'agitation sexuelle. Copuler le plus possible avec le plus de partenaires possible. C'est un grand classique, notamment chez les hommes de pouvoirs, les chefs politiques.

Le comble de la frénésie compensatoire est représenté par les guerres de conquêtes et les obsessions dictatoriales. Aujourd'hui, par exemple, les politiques au pouvoir en France souhaitent détruire la Société Nationale des Chemins de Fer Français. La réduire à des débris privatisés et anéantir la qualité de vie des cheminots français. Pourquoi ? Uniquement par obsession du pouvoir. Rendre malheureux des centaines de milliers de gens, employés ou usagés des chemins de fer, est le but des grands politiques au pouvoir. Ceux-ci sont, la plupart du temps, des hommes. Ils sont insatisfaits sexuellement et recherchent le pouvoir le plus grand possible pour compenser leur insatisfaction.

Ce n'est qu'un exemple parmi des millions d'autres. De même chercher à devenir le plus riche possible n'a pas d'autre raison : l'obsession du pouvoir résultant de l'insatisfaction sexuelle masculine. Pour sortir de cet impasse il faudra que beaucoup d'hommes se remettent en question. Pour cela il faudra une prise de conscience. Celle-ci peut être aidée par l'explication des racines du mal. Des dizaines de milliers d'années passées dans l'ignorance de la réalité de l'ovulation. Qui a amené cette obsession copulatoire masculine et l'insatisfaction pressante qui en résulte. L'homme a connu bien des obstacles à l'amélioration de sa vie et les a surmonté. Il est possible que demain il parvienne une fois de plus à résoudre ses problèmes. Son principal ennemi n'est pas sa méchanceté, mais son ignorance et l'ombre de son ignorance passée.

Basile, philosophe naïf, Paris le 22 février 2018