mardi 7 janvier 2014

198 Aimer et être aimé... ou se sentir aimer et être aimé ?

J'avouais hier dans ce blog comment, il y a environ cinquante ans de cela, ma sœur m'avait invité à assister à son bain. J'ai hésité à mettre cet aveu en ligne. Pourtant, comme il paraît anodin comparé aux confidences diverses, affabulées ou non, qu'on trouve aujourd'hui un peu partout sur le Net ! En parcourant le Net dès qu'il s'agit de relations « pas catholiques » entre sœur et frère, on trouve abondance de comptes-rendus de vécus horribles divers. Et aussi quelques autres genres de témoignages sur des relations plus paisibles.

A croire certains, sortir des cadres de la morale traditionnelle consisterait à glisser dans l'orgie permanente. Quand on parle de « révolution sexuelle » on y voit le synonyme de « tout le monde baise avec tout le monde ». Quelle belle ânerie ! Pourquoi ? Parce que faire des orgies n'a absolument rien de « révolutionnaire ». De tous temps, on a vu d'un côté la masse devoir se conformer à une morale encadrante et rigoriste et une minorité vautrée dans le sexe tous azimuts. Depuis Messaline et Héliogabale, Théodora ou l'impératrice allemande de Russie Catherine II, dite Catherine la Grande, les « grands de ce monde » ont toujours baisé dans tous les coins. Les imiter n'a rien de révolutionnaire. Révolutionner c'est agir autrement, porter un regard neuf sur des choses anciennes, avec des réponses rares jusqu'à présent.

Quand j'ai vu ma sœur nue dans son bain, j'ai eu envie de me mettre nu aussi, la rejoindre peut-être aussi dans sa baignoire. J'ai aussitôt écarté l'idée comme inadmissible. Pourquoi ? Parce que j'étais en érection et avais honte d'être vu par elle dans cet état.

Cette honte venait de loin. Ce genre de réaction non contrôlée, incompréhensible les premiers temps qu'elle survenait, me dérangeait. Je ne l'avais pas choisi. Et la ressentais comme indécente car liée aux choses du sexe dont on évitait soigneusement de parler dans ma famille.

La première fois que ça m'était arrivé en urinant, j'en avais conclu que j'étais malade. Et, comme il s'agissait d'une maladie vénérienne, il était bien sûr exclu que j'en parle avec mes parents !

Plus tard, rapprochant cette réaction bizarre et nouvelle avec un passage incompréhensible du roman « Moravagine » de Blaise Cendrars, j'ai compris de quoi il s'agissait.

Blaise Cendrars écrivait dans ce passage : « L'amour, ça commence par la crevaison d'une membrane. » Une membrane ? Ça me disait quelque chose dont j'avais entendu parler. J'ai consulté le très pudibond « Petit Larousse » à la définition du mot « hymen ». J'ai alors compris le pot-au-roses. Si mon sexe durcissait, c'était pour entrer dans le sexe féminin crever ladite membrane ! Ce rapprochement inattendu entre deux organes à mon avis « sales » car destinés à pisser, m'a tout de suite paru dégoutant.

Mon éducation faisait que je considérais à l'époque le sexe sale, honteux. Et le montrer en cet état durci inavouable. C'est pourquoi je n'ai pas osé me retrouver nu et rejoindre ma sœur dans son bain.

Par la suite, j'ai été abusé par l'éducation régnante qui prétend que si on connait une érection celle-ci est dévolu à la pénétration de la femme.

Pourquoi ce propos courant est en fait résolument faux ? Pour la raison suivante que j'ai mis des décennies à comprendre : en fait le plaisir seul peut provoquer une érection. Par exemple la vue d'une jolie fille nue. Mais cette érection est non intromissive la plupart du temps. Ce qui signifie qu'elle ne s'accompagne pas du tout d'un sentiment très particulier. Ce sentiment c'est le désir de pénétrer sexuellement l'autre.

Mais, l'éducation aidant, on se retrouve le crâne bourré et convaincu que si on bande il faut y aller. De l'erreur du départ d'avoir honte d'être vu en érection par une jeune fille, je suis passé par la suite à une autre erreur. Croire que si je bandais cela signifiait qu'il était bien, souhaitable, désirable de « faire l'amour », cependant que je n'en éprouvais pas l'envie. Et que c'était juste un raisonnement intellectuel.

Ce raisonnement intellectuel triomphe dans le domaine de la pornographie, qui est caricaturale et ridicule. On y voit les bons petits soldats du sexe entrer et sortir les uns des autres. Sur leur visage s'inscrit le plus souvent l'ennui et l'indifférence. C'est de la mécanique pure, de la plomberie sexuelle. Les corps sont beaux. Leur agitation est factice. On fait comme si on avait envie de s'accoupler. Et les spectateurs font comme s'ils voyaient des individus « faire l'amour ». Alors qu'ils ne font que se mettre l'un dans l'autre, se secouer et faire semblant de jouir en échange d'un chèque.

Quand à 22 ans j'ai eu ma première « petite amie », tous les soirs nous faisions la chose. On mettait le truc dans le machin, on secouait, terminait l'acte, et ensuite dodo. C'était absurde, artificiel, fait avec la meilleure volonté du monde de part et d'autre. Une seule fois pour moi ce fut différent et vraiment extraordinaire. Pour elle je crois que ça n'a jamais été vraiment passionnant.

Bien plus tard, je me souviens d'une autre « petite amie ». La première fois qu'on a fait la chose, j'en ai pris l'initiative. Elle ne s'y est pas opposée. Mais son expression était faite d'incompréhension et étonnement. En fait, bien plus tard, en y réfléchissant, j'ai compris qu'elle n'avait rien ressenti. Elle avait juste rempli le rôle qu'elle croyait devoir être le sien. Quand on est une jolie fille nue qui accorde des bisous sur la bouche, dans l'intimité, le monsieur met son engin dans la dame, voilà. Il faut qu'il entre. Et comment faire autrement si tous les messieurs proches veulent faire ça ?

En l'absence de vrai désir ça se passe comme dans un petit théâtre où chacun rempli son rôle. Et l'un des deux se dit qu'il « fait l'amour », cependant que l'autre attend sagement que la petite affaire soit terminée.

Mais ça ne marche pas ainsi longtemps. La Nature a horreur d'être maltraitée. Et, à la longue nait une terrible agressivité chez l'un des deux acteurs, le moins motivé des deux, souvent la femme. A cette agressivité va répondre l'agressivité de l'autre en retour. Ce qui explique que les séparations sont souvent tendues et conflictuelles.

Une petite amie subissant patiemment le sort d'amante non désirante avait projeté une rupture d'avec moi très violente moralement. Elle n'a ensuite pas agi ainsi. M'en a parlé. Et à ma question : « pourquoi une telle violence morale ? » n'a pas su quoi répondre. Quatre mois plus tard elle réussissait sa séparation. C'était la meilleure et la plus juste des choses qu'elle avait à faire.

J'ai mis des dizaines d'années à comprendre le phénomène. A présent, je sais que c'est une très grande erreur de chercher à « faire l'amour » sans en avoir vraiment envie. Et, débarrassé des faux désirs artificiels, ne me suis jamais senti autant libre et en paix avec moi-même et les autres.

L'erreur fondamentale est croire qu'on a besoin d'aimer et être aimé, d'où la soi-disant nécessité de concrétiser en « faisant l'amour ». En fait, on a besoin de se sentir aimé et être aimé, ce qui n'implique rien de précis à faire ou réaliser. On aime un homme, une femme, un enfant, un chat ou un plat de spaghettis, il y a de l'amour mais rien de précis en plus là-dedans. Le sexe c'est autre chose, qui a sa vie particulière et son fonctionnement qu'il importe de respecter. Faire semblant de faire l'amour ne sert à rien et mène droit dans le mur. Aimer simplement à l'amour suffit.

Basile, philosophe naïf, Paris le 7 janvier 2014

lundi 6 janvier 2014

197 L'art de s'inventer des obligations imaginaires

La première fois qu'une jeune fille s'est montrée exprès nue devant moi, elle m'avait invité à assister à son bain. Quand elle est sortie de la baignoire, et que face à moi elle s'essuyait, elle était à portée de mains. J'ai eu envie de lui toucher les seins. Et ne l'ai pas fait, parce que je me suis dit : « non, ça ne se fait pas ». Je m'étais inventé l'obligation de ne pas toucher les seins d'une jeune fille qui avait choisi de s'exhiber nue devant le jeune homme que j'étais. A cet instant-là, j'ai eu aussi l'envie de la voir nue de dos. Et n'ai pas osé lui demander de se retourner. A l'instant, je m'étais inventé l'obligation de ne pas demander à cette jeune fille de pouvoir la contempler ainsi. Que ce serait-il passé si je n'avais pas été ainsi pétri d'obligations imaginaires ? Je serais peut-être aujourd'hui grand père et également grand oncle, car la jeune fille, c'était ma sœur.

S'inventer des obligations est un grand classique. Bien des années après cette scène de bain, j'ai eu une petite amie qui avait une mauvaise santé. Elle allait souvent voir les docteurs. Et fréquentait les services hospitaliers. Au début de notre relation, pour lui faire plaisir, je l'accompagnais. Puis, je l'ai fait par habitude. Enfin, je le faisais parce que je m'y sentais obligé. Je m'étais inventé l'obligation de l'accompagner. Quand elle m'a quitté, elle m'a dit qu'entre autres raisons pour le faire elle se sentait trop protégée par moi.

Souvent, sans le réaliser clairement quantité de personnes s'inventent des obligations. Si vous vous dites : « mardi prochain à dix heures je me rends à tel endroit », vous pourrez, le jour venu, faire de grands efforts pour rester fidèle à ce projet. Et, pourtant, il se peut que rien ne vous oblige à vous y conformer. Excepté ce plan, fruit de votre imagination à un moment-donné. Et peut-être qu'en vous introspectant, sans dommages particuliers, vous pourrez vous « déprogrammer ». Et vivre bien mieux la situation. Par exemple, en vous disant que vous pouvez arriver une heure plus tard que prévue. Ou reporter ce déplacement à la semaine ou au mois d'après.

A chaque fois qu'une action vous presse, il est utile de se demander très précisément pourquoi. Comment on y a pensé. Et si c'est vraiment nécessaire de la faire à ce moment-là.

Un exemple historique fameux d'obligations imaginées et suivies, est donné par le célèbre projet Manhattan de réalisation de la première bombe atomique. Au départ, ce projet avait pour origine la volonté de physiciens communistes. C'était la guerre contre le nazisme. Ces physiciens souhaitaient donner aux États-Unis l'arme atomique avant que l'Allemagne nazie ne l'acquiert. La bombe atomique n'était pas encore utilisable, quand l'Allemagne nazie a capitulé le 8 mai 1945. Il n'y avait alors pour ces physiciens plus aucune raison de continuer sa mise au point.

Au lieu de stopper leur recherche, ils ont travaillé avec encore plus d'acharnement. Finalement, la bombe ne fut pas jetée sur l'Allemagne, mais sur le Japon en août 1945.

Pourquoi avoir voulu continuer ainsi ce travail ? Parce que ces chercheurs se comportaient comme s'ils avaient été mus par une obligation. Qui, après le 8 mai 1945, était en fait devenue imaginaire. Et a causé des dizaines de milliers de victimes japonaises à Hiroshima et Nagasaki.

Les obligations imaginaires liées à des titres, des situations, des valeurs fausses, conduisent à faire des efforts, parfois très grands, dans de fausses directions. Avec quelquefois les encouragements d'autres, qui croient que ces directions sont justes. Il faut penser par soi-même. Et savoir absolument tout remettre en question, y compris les certitudes les plus profondes et indiscutables, les valeurs apparemment les plus justes. Et savoir emprunter des chemins réputés hasardeux quand ceux-ci se révèlent finalement franchirent des frontières ignorées et mener aux vérités recherchées.

Basile, philosophe naïf, Paris le 6 janvier 2013

dimanche 5 janvier 2014

196 Intolérance et sexualité

La culture régnante dans la société où nous vivons exagère absolument l'importance de ce qu'elle a baptisé « la sexualité ». Ainsi, par exemple, c'est sur des notions de différences dans ce domaine qu'elle définit la frontière entre « l'enfance » et « l'âge adulte ». Or, ce qui marque bien plus la différence entre les enfants et les adultes relève d'autres domaines. Ce qui me frappe chez les enfants comparés aux adultes ce sont trois choses : ils ont beaucoup plus d'énergie que les adultes, une exigence de justice très forte et une créativité débordante. Comparés aux enfants, nombre d'adultes paraissent amorphes, acceptant des injustices sans sourciller, voire en commettant eux-mêmes sans aucun problème. Et n'ayant autant dire aucune créativité.

L'aberration de l'importance fondamentale accordée à la sexualité est très bien soulignée par le propos d'une fillette qui avait passé pour la première fois de sa vie un weekend dans un centre naturiste. A la question posée : « quelle est la différence que tu as remarqué entre les garçons et les filles ? » elle répondait tranquillement : « les garçons ont des cheveux courts, les filles des cheveux longs ».

La culture où nous baignons ignore les qualités intactes de l'enfance. Son énergie est baptisée « excès d'énergie ». Au lieu de souligner son sens aigu de la justice, on voit très fréquemment souligner ses traits inverses : la méchanceté, par exemple, à l'égard d'un handicapé dont des enfants se moqueront. Enfin, la créativité est niée, ignorée. Elle sera détruite de multiples façons. A un enfant qui écrit des histoires, on assénera : « apprends d'abord l'orthographe ! ». Et on le dégoutera de l'écriture. Enfin, avec des jeux vidéos, des émissions de télévision, on achèvera d'anéantir sa créativité.

A « l'arrivée » à l'âge adulte, dans de très nombreux cas, l'ex enfant sera devenu mou, acceptant de voir commis voire de commettre des injustices. Et laissant aux « artistes » le soin de créer. C'est la tendance générale de notre culture. Quant à « la sexualité » elle sera bien souvent un ramassis de caricatures de la tendresse : violence, ignorance, incompétence, vulgarité, malhonnêteté, intéressement, hontes, incohérences, peurs, gâchis, désespoirs, dépressions, suicides, seront le lot courant de ce domaine de la vie des adultes. Sans le réaliser, on fera de la tendresse une marchandise. Autre grand problème dans ce domaine dit « de la sexualité » : on rencontrera le délit d'intention, voire de soupçon d'intention. Et la diabolisation qui va avec. Si tel comportement sera condamné, le soupçon d'avoir juste l'intention de le suivre sera un motif de rejet.

Les excès abonderont. J'ai connu ainsi une gentille jeune fille rejetée par quantité de filles de son entourage. Pour la raison qu'elle était seule, très féminine et très jolie. Les filles qui la rejetaient vivaient en couple. Et en déduisaient qu'elle ne pouvait qu'être une briseuse de couples.

La même chose arrive fréquemment avec des femmes divorcées. Les femmes vivants en couple de leur entourage, une fois le divorce réalisé, vont ostraciser leur ex amie divorcée. Car une divorcée serait forcément tentée de venir briser des couples ! Ce qui fait qu'à la souffrance de la séparation s'ajoute fréquemment pour des femmes divorcées de se retrouver ainsi isolées.

Ce n'est pas leur comportement qui sera incriminé aux divorcées, mais un véritable délit d'intention supposé conduisant à la diabolisation et au rejet. Un tel procès d'intention, un tel rejet, une telle diabolisation, sont monnaie courante dans le domaine dit « de la sexualité ». Ici, où devrait régner la douceur, ce sera l'intolérance qu'on rencontrera souvent. Et qui rendra malheureux plus d'un.

Basile, philosophe naïf, Paris le 5 janvier 2013

samedi 4 janvier 2014

195 Quelques souvenirs des années 1960-1970

Vers 1964, l'année de mes treize ans, je remarquais quelque chose de bizarre qui m'intrigua. J'habitais alors le quatorzième arrondissement de Paris. Quand je sortais de la maison, la plupart du temps avec ma mère, je regardais les personnes que je croisais. Or, il me sembla que je suscitais chez certaines d'entre elles une réaction incompréhensible : elles baissaient systématiquement les yeux ! Ces personnes étaient les jeunes femmes. J'entrepris de vérifier si c'était effectivement le cas. Et, chaque fois que nous croisions une jeune femme, m'appliquais à la fixer droit dans les yeux. Et, oh stupéfaction ! effectivement, les jeunes femmes baissaient alors systématiquement les yeux ! C'était inexplicable. Mise à part une jeune femme que je croisais entre les deux squares de la mairie, elles réagissaient toutes pareillement.

Il y a cinquante ans, c'est ainsi que les Parisiennes réagissaient dans mon quartier. Neuf ans plus tard, en 1973, je fis une autre constatation dans ce domaine : pour la première fois, je m'en allais par les rues du Quartier latin une jeune fille au bras. C'était ma petite amie. Et alors je remarquais que les jeunes femmes que je croisais n'hésitaient pas à me regarder ouvertement. C'était comme si le fait d'être accompagné ainsi m'avait en quelque sorte neutralisé.

Aujourd'hui, le monde a changé, les jeunes femmes dans Paris n'hésitent pas à vous dévisager. Mais il faut se souvenir comment était il n'y a pas si longtemps que ça le monde où nous vivons.

L'arrivée de la contraception, l'autorisation de l'avortement et une certaine et très incomplète émancipation des femmes n'ont pas forcément rendu plus lucides un grand nombre d'hommes. En tous cas ils ont vu dans cette modification des choses l'assurance que le monde était devenu pour eux comme un immense bordel gratuit. Ils n'ont pas réussi à comprendre qu'en ne respectant pas les femmes pour ce qu'elles sont, c'est-à-dire des êtres humains à part entière, ils ne se respectaient pas eux-mêmes.

Dans les années 1970, dans le milieu de jeunes que je fréquentais, les relations homme-femme avaient pris une tournure caricaturale. Il semblait qu'à l'obligation de dire non aux propositions sexuelles avait succédé une obligation de dire oui.

Trop timide et sentimentale je restais à l'écart de ces jeux-là. Mais observais ce qui se passait. Un jeune Mexicain très sympathique remportait beaucoup de succès et additionnait ses conquêtes. Tout allait au mieux pour Jorje, c'était son prénom. Jusqu'au jour où il entrepris de séduire la belle Jacquemine. Là, il tomba sur un os. La belle Jacquemine ignorait superbement les nouveaux codes en vigueur. Elle avait son ami attitré. Et quand bien-même celui-ci était absent, elle ne s'avisait pas de tomber dans les bras d'autres garçons ! Et voilà notre Jorje malheureux... il tombe amoureux de sa proie inaccessible.

Une autre fois, je participais à l'assemblée d'une association de jeunes. Et, tout à fait en dehors des questions débattues, voilà une jeune femme qui monte à la tribune et explique qu'elle trouve choquant que tant de garçons soient à l'affut pour lui sauter dessus ! Il suffirait, dit-elle, que je dise que je suis prête à sortir avec quelqu'un pour que trois ou quatre veuillent le faire, ça n'est pas normal. Dans sa réponse, le responsable de l'association a éludé en disant même des grossièretés du style : « si tu te plains que ton cul a du succès, tu ne devrais pas te plaindre ».

En fait, ce qui troublait à juste titre cette jeune femme, c'était ce consumérisme sexuel régnant où choix et sentiments semblaient disparus. J'en ai entendu un écho de cette période des années 1970. Plusieurs dizaines d'années après, un ami qui fut un terrible cavaleur m'a raconté ceci : un jour, avec d'autres amis, garçons et filles, ils avaient décidé de faire une sorte de groupe sexe. C'est arrivé une fois. Et ce jour-là, cet ami avait, sans désir, ni amour, fait la chose avec une amie à lui. Le pauvre ! il paraissait ne pas s'en être remis jusqu'à présent. Il s'interrogeait encore et se demandait ce qui lui était arrivé ce jour-là.

Contrairement à ce que croient ou font semblant de croire certains, l'acte sexuel n'est pas un acte anodin.

Une étudiante iranienne de Paris m'a raconté une anecdote peu connue de ces années 1970. Cela s'est passé dans une grande université américaine.

Un jour, des étudiantes en ont eu marre. Se sont concertées et ont sorti un tract où elles détaillaient les « performances sexuelles » comparées des plus fameux « coqs » de leur université ! Ça a fait une impression horrible et leur tract a très vite disparu de circulation !

Basile, philosophe naïf, Paris le 4 janvier 2014

vendredi 3 janvier 2014

194 Essai sur les obstacles à la formation de la fête

Qu'est-ce que la fête ? C'est s'amuser à plusieurs. Cela apparaît simple, agréable, facile à envisager et préparer. Mais il existe des obstacles. Parmi ceux-ci quelques-uns que j'ai eu l'occasion de rencontrer.

L'oubli de la fête succédant à sa perte amène paradoxalement à rendre peu évident et très difficile à faire renaître la chose la plus simple qui soit : la goguette. Un groupe de moins de vingt participants, se rencontrant ponctuellement pour rire, bavarder, boire, manger, chanter des chansons, créer des chansons.

Il y a quelques mois j'essayais le lancement d'une goguette. Nous démarrions à un nombre largement suffisant, entre six à neuf personnes. Mais voilà : il aurait suffit en se rencontrant de chanter chacun. J'avais invité à choisir sa chanson, l'amener et la chanter. Ça n'est pas arrivé, pourquoi ? Parce qu'un d'entre nous, très sympathique, nous a déclaré d'emblée : « chanter, je veux bien. Mais ce qu'il faut c'est un vaste groupe organisé, avec un chef, une discipline, qui prépare des prestations musicales. sinon ça n'a pas d'intérêt de simplement s'amuser. Ça marche juste un coup : c'est "la fête à Ginette". Après on se lasse et ça s'arrête ! » Alors, chacun d'imaginer en théorie le groupe rêvé, et... à part faire connaissance ensemble très agréablement, on n'a rien fait.

Le motif de cet échec a été de vouloir de l'efficacité, des prestations, de la discipline, un chef... alors que la goguette c'est un groupe où on se retrouve et on est heureux en chantant. Ce groupe, base de la fête jadis en France doit absolument rester petit et donne alors un très grand résultat. C'est en tous cas comme ça que ça fonctionnait en plein d'endroits. Et fonctionne encore aujourd'hui à Dunkerque et dans les villes alentours.

Vers le même moment, j'ai vu un autre de mes projets festifs se heurter à un obstacle qui l'a bloqué. De 1898 à 1914 inclus a existé une société festive étudiante universelle, ni politique, ni religieuse, ni humanitaire, ni syndicale, ni commerciale : la Corda Fratres. Ce qui signifie en latin « les Cœurs Frères ». Une de ses activités était l'échange et l'hébergement réciproque entre étudiants. Cette société étudiante a très bien fonctionné et disparu suite à des faiblesses organisationnelles internes et des problèmes politiques. J'en parle à deux étudiantes qui paraissent enthousiastes pour la relancer. Une date de réunion de lancement est fixée.

Quelques temps après, il n'y a plus personne. Les deux étudiantes sans donner de motif valable disparaissent dans la Nature, pourquoi ? Parce qu'elles ont eu peur. Elles ont vu un défi trop grand. Au lieu de démarrer en petit pour grossir ensuite en respectant principes, formes et rythme, elles se sont dit : « Oh la la ! Une association mondiale à faire renaître, c'est trop de boulot pour moi ! »

Mais il s'agissait de mettre en avant la lettre a, pas tout l'alphabet d'un coup ! La raison de l'échec ici est de voir trop grand. Créer à son échelle une structure festive qui apporte du bonheur, même si elle est microscopique, vaut mieux que se fixer des objectifs grandioses qui vous débordent et vous paralysent. On peut démarrer à dix un très grand projet, qui s'étoffera en marchant et au fur et à mesure de l'arrivée de nouveaux participants.

Une de ces deux étudiantes croyait trouver une aide en s'adressant à l'ambassade de son pays à Paris. Croire qu'on va faire avancer la fête en se tournant vers des structures étatiques est une profonde erreur. La fête réunit. Les directions politiques des états reposent sur la politique, qui divise. La fête populaire authentique sans autre but que s'amuser et l'état sont deux choses parfaitement étrangères l'une à l'autre. Ce qui explique que, comme j'ai pu le constater, la plupart du temps la plupart des politiques ne comprennent pas la fête vivante.

Troisième obstacle à la fête que j'ai rencontré. « Tu veux faire le Carnaval ? » me disait un ami. « Il faut créer une association, faire une quantité d'adhésions, des réunions, avoir une administration ». C'est là une vision bureaucratique et centralisée de la fête. Elle ne mène pas à la fête.

Toutes ces visions erronées de la fête, sa préparation, naissent de l'interruption des traditions festives. Elles rendent plus difficile leur redémarrage. Mais ces obstacles peuvent être surmontés en faisant preuve de clarté, assurance, calme, patience et persévérance. La goguette, la Corda Fratres et le Carnaval, comme hier, demain nous surprendront, charmeront encore.

Basile, philosophe naïf, Paris le 3 janvier 2013

jeudi 2 janvier 2014

193 L'Holodomor financier

Il y a 80 ans une terrible famine ravagea de très vastes contrées de l'Union soviétique. Les morts se comptèrent par millions en Ukraine. Au Kazakhstan la moitié de la population mourut. Le gouvernement soviétique dissimula cette catastrophe à l'étranger. De ce fait aucune aide, aucun secours ne vint de l'extérieur du pays. Mais, plus grave encore : cependant que les gens mouraient de faim en masses, l'Union soviétique exportait deux à trois millions de tonnes de grains. Les cadres subalternes du parti communiste qui cherchaient à aider la population étaient férocement réprimés. Les paysans empêchés par la force de fuir les zones où la nourriture manquait... Et, au bout du compte, l'évidence : la famine a été voulue, organisée par le pouvoir. Ce crime de masse a reçu un nom en ukrainien : l'Holodomor.

Aujourd'hui notre société à l'échelle internationale est victime d'un Holodomor financier. Il n'y a jamais eu autant d'argent, de richesses... et la pauvreté galope.

Le soi-disant manque d'argent, sous toutes ses formes, qui est dissimulé par des mots soi-disant définitifs et catégoriques tels que « la crise » ou « la dette », c'est du pipeau. L'argent abonde, mais comme le grain en Ukraine ou au Kazakhstan au début des années 1930, il est dissimulé et confisqué par le pouvoir et les privilégiés qui en prive l'ensemble du reste de la population.

Il s'agit d'un complot contre la masse des gens. Je me souviens d'un de ses grands moments. Un jour de juin 2001, au supermarché du coin, subitement s'affichent partout des prix bizarres. Jusqu'alors les prix se divisaient par 5 centimes de francs minimum, voilà des prix se terminant par 1, 2, 3 ou 4 centimes ! Quelle origine peut avoir cette étrangeté ? Les prix en euros figurent en plus petits à côté. En les détaillant on voit qu'il s'agit de chiffres arrondis en euro, transposés en francs.

Quand l'euro arrive, il fait 6,55 francs, pourquoi ? Parce qu'en fait il s'agit d'un double mark. Mais, pour ne pas l'avouer franchement, l'euro fait juste un peu moins de 2 marks, très exactement 1,95583 mark... On nous prend vraiment pour des imbéciles. C'est l'Europe allemande.

La banque centrale est installée à Francfort, principale place-forte financière d'Allemagne.

Et, début janvier 2002 quand l'euro arrive, les prix s'enflamment et grimpent à toute vitesse. Habituellement jusqu'à là, en hiver, les fruits étaient chers et baissaient ensuite de prix au printemps. Au printemps 2002 ils ne baissèrent pas, mais continuèrent inexplicablement à monter. Sans aucune raison sinon la volonté organisée de la grande distribution et de l'Association nationale des industries agro-alimentaires.

Depuis 2002 les prix ont doublé, triplé, et plus encore, sans aucun justificatifs.

Ce n'est pas l'arrivée de l'euro qui explique cette flambée des prix qui dure. C'est la volonté organisée de gens qui ont décidé de la faire coïncider avec l'arrivée de l'euro.

On atteint des prix fantaisistes pour des denrées alimentaires de base et pour tout en général. Cependant que salaires, pensions, retraites, allocations de chômage ne bougent pas ou guère.

Et du côté des politiques aucun affolement. Tous y trouvent leur compte.

On n'a jamais vu des prix aussi élevés en temps de paix. Et on nous déclare que l'argent manque ! Qu'on commence par nous rendre l'argent qui nous a été pris ainsi en plus depuis 2002 ! Qu'on arrête les hausses et qu'on augmente massivement salaires, pensions, retraites et allocations de chômage. Qu'on en finisse avec cet Holodomor financier et ses discours creux. Où les mots « crise » et « dette » servent à essayer de nous faire avaler une famine financière artificielle, voulue et organisée en France par les riches, les gavés et leurs serviteurs étatiques.

Basile, philosophe naïf, Paris le 2 janvier 2014

mercredi 1 janvier 2014

192 La vie comme un théâtre

Ah ! L'Amour ! Quel motif de rêve et aussi quel cauchemar bien souvent ! L'humour aide à vivre. J'avais fini par imaginer une plaisanterie à ce sujet : « l'Amour, c'est comme le Communisme, en théorie c'est le Paradis, en pratique c'est l'Enfer ! »

Mais, blague à part, qu'ai-je rencontré effectivement comme exemples dans ce domaine ? Essentiellement, j'ai observé trois types de situations :

Ceux ou celles qui, pensant avoir rencontré l'Amour avec un grand A se mettent « ensemble », décident de « vivre à deux », « fonder un foyer », une « famille », avoir des enfants, devenir « père », et « mère ». Ils sont très nombreux à en rêver... Au début, c'est « toujours bien ». Puis, au bout d'un certain temps qui peut aller de quelques jours à vingt années de vie commune, c'est insupportable. Il y a douloureuse séparation, morale, ou effective, ou morale puis effective. Elle est douloureuse pour l'une, l'autre ou les deux personnes concernées.

Les chiffres sont là, imparables, implacables et connus grâce au mariage « légal » : en région parisienne, un divorce pour deux mariages. Le maire ou le conseiller municipal qui vous déclare « uni par les liens du mariage » a beau jouer au grand sorcier et lire ensuite les articles du Code civil concernant la situation, « les faits sont têtus », comme disait Lénine. Les très fameux liens, la cérémonie, le champagne, les photos souvenirs et le bisou sur la bouche entre les mariés en haut du perron de la mairie n'y peuvent rien. Au bout d'un laps de temps variable, les fameux « liens » font un flop.

Alors, d'autres se croient malins. Pour éviter la souffrance du déchirement de la séparation, on va décider... de ne rien décider. Plus exactement, on ne va pas « s'engager », prétendre « construire quelque chose ». Ce sera juste « pour le plaisir », pour le « meilleur » et pas pour le « pire ». Choix rendu d'autant plus possible en France et dans quantité d'autres pays par l'indépendance matérielle des femmes. On « sort » juste ensemble, c'est-à-dire on baise et c'est tout. Il y en a qui aime. C'est leur choix. Nombre de ceux qui agissent ainsi, arrivé à un certain âge sont désespérément seuls.  

Troisième possibilité que j'ai vu choisie et dont d'autres m'ont parlé, l'ayant vécu : on se rencontre, on se plaît. Alors on décide d'être mari et femme, tout comme, durant huit jours. Par exemple le temps d'un séjour en vacances où on s'est rencontré. Après, d'un commun accord, on se quitte. Et on ne se revoit jamais. Les personnes qui ont pratiqué ce genre de choses en avaient gardé un excellent souvenir. C'est ce qu'elles m'ont dit. Peut-être, je ne le saurais jamais, ce genre de propos correspondait aussi à une proposition coquine pour au moins deux cas que j'ai rencontré.

Alors, devant ce tableau de l'Amour somme toute pas particulièrement satisfaisant le plus souvent, les propositions fusent :

Arrêter tout. Pas très faisable, humain, enthousiasmant, de faire ce choix. Tricher, on peut ne pas en avoir envie. Retourner en arrière, en des temps où l'« Amour » signifiait la soumission étroite de l'un à l'autre. Ou, très précisément de l'une à l'autre, j'ai connu des hommes nostalgiques du temps ou la femme était soumise à son mari.

Certains bâtissent même des théories à ce sujet. Un livre est sorti récemment en Italie, propulsé et soutenu par l’Église catholique. Il a été traduit en espagnol, portugais, polonais et français. Il porte ce titre : « Sois soumise et tais-toi », oh ! pardon ! je me trompe, le titre authentique est très légèrement différent : « Maries-toi et sois soumise ». Officiellement il a été rédigé par une femme. On imagine le tollé s'il avait été signé par le Pape ! Le pape François est un très bon communicant. Il sait y faire. Car son message émane officiellement d'une femme. Ensuite, il ne lui reste plus qu'à l'encourager via ses réseaux, et le tour est joué. En ce sens, le pape actuel est vraiment un pape du XXIème siècle. Il sait se servir des moyens modernes de communications pour faire passer son message du Moyen-Âge : femmes, soyez soumises ! Certains y trouvent leur compte. Personnellement ça ne m'intéresserait absolument pas d'avoir une compagne soumise. Ça me choquerait. Je trouverais ça absolument insupportable. C'est contraire à toutes les valeurs que j'ai adopté dans ma vie. Et à ma manière de vivre ma relation avec les autres.

D'autres ont déjà relayé cette vision de la femme idéalement soumise. Ils prônent, via d'autres traditions religieuses, la lapidation des femmes « adultères »...

Certains Français malins ne défendent pas aujourd'hui la thèse de la soumission des femmes. Ils la mettent paisiblement en pratique, en allant se chercher des épouses exotiques éduquées selon ces antiques principes qui n'ont plus court en France. Car la mise à mort des femmes adultères se pratiquaient aussi jadis chez nous. Je me souviens avoir lu dans le journal de Pierre de l'Estoile qu'une femme « coupable » d'adultère fut pendue à Paris au début du XVIIème siècle. Il y en eu certainement beaucoup d'autres dans les époques passées.

Mais, si on peut ne pas être d'accord. Et je ne le suis pas, avec ces pratiques barbares, quelles solutions trouver pour éviter les pièges de « l'Amour » ? J'en propose une, mais comme toutes les vraies solutions, elle ne dispense pas de faire des efforts et n'apporte pas un résultat positif automatique et immédiat. C'est comme le début d'une piste à suivre. Et à découvrir. Pour aller où ? On verra bien.

La grande faille qui existe dans les pratiques amoureuses est la suivante : aimer, tout le monde y arrive. Mais ensuite il y a le « scénario ». On est dans la réalité. On va commencer à prendre la vie comme un théâtre. Sans le réaliser, on sortira ainsi de la réalité. Et on sera ensuite comme une personne qui ferme les yeux. Se déplace. Et fini forcément par heurter un obstacle.

Il ne FAUT PAS se dire quand on aime quelqu'un : « ça y est, c'est la bonne personne, j'ai trouvé ma princesse, mon prince charmant, la femme ou l'homme de ma vie, mon quartier d'orange, ma moitié... » NON !!! Il ne faut pas se dire non plus : « on va se marier, former un couple, vivre ensemble, avoir des enfants... » NON PLUS. Et si l'entourage applaudit à « ces choix », envoyez-là en pensée à tous les diables. Ce qui ne signifie pas qu'être ensemble, etc. soit un mal. Ce qui est horrible et détestable et conduit obligatoirement à l'échec et à de grandes souffrances et déceptions, c'est se couler dans un scénario. La vie est réelle, ça n'est pas un théâtre.

Et là comme ailleurs, la tentation de suivre un scénario est énorme. Il suffit d'ouvrir un journal pour trouver la vie ainsi théâtralisée. Les chefs d'états, les chefs politiques, les vedettes de cinéma, de la télévision, de la chanson, les milliardaires, sont des gens exactement comme vous et moi qui n'ont strictement rien de plus que nous. Le président des États-Unis Barack Obama et le président de la République française François Hollande sont deux hommes, rien de plus, rien de moins. On en fait autre chose dans le théâtre de la politique. Et des tas de gens croient qu'ils sont autre chose que de banals humains comme vous, moi et l'épicier ou le clochard du coin. Le maréchal Wellington vainqueur de Napoléon 1er était d'accord avec moi. Il disait, je l'ai lu et le cite de mémoire : « je voudrais qu'il y ait en permanence auprès de moi un homme qui me rappelle que je suis seulement un homme ». Et le philosophe Michel de Montaigne, pourtant très royaliste, disait néanmoins : « si haut soit le trône sur lequel on est assis, on n'est jamais assis que sur son cul ».

Cette erreur de croire des humains être plus que des humains, nous la commettons bien souvent aussi avec des êtres proches de nous dans la vie quotidienne. Nous faisons de nos parents des dieux, régnants ou déchus, de notre patron ou notre chef au travail un dieu bienfaisant ou un diable malfaisant, de nos enfants la suite de nous (quelle blague ! et de nous celle de nos parents, de nos parents celle des leurs et ainsi de suite jusqu'à de gros velus tout nus ou vêtus de peaux de mammouths ?). Et nous faisons AUSSI de la charmante personne qui nous ébloui un être de lumière qui va faire notre bonheur. Pauvre être de lumière, regardez bien, c'est juste un être humain. Et c'est parce que c'est juste un être humain qu'il est parvenu à vous toucher vous, juste un autre être humain. Alors, au lieu de jouer aux dieux ou aux adorateurs d'un dieu qui est juste un être humain, évitons de théâtraliser !

Nous avons rencontré quelqu'un de bien ? Alors, écoutons très soigneusement notre sentiment, notre raison, son sentiment, sa raison. Et jetons aux orties tout ce qui ressemble à des scénarios, si merveilleux soient-ils. Ou alors, continuons à être déçus et malheureux. 

La vie, c'est autre chose, à condition de refuser ce théâtre qui n'est pas la vie. Et c'est quelque chose de passionnant et de très bien, la vie.

Dernière remarque : si nos chefs d'états sont juste des humains comme vous et moi et qu'ils disposent d'autant de pouvoirs, n'est-ce pas terrifiant ? Louise Michel disait : « le pouvoir est maudit et il pourrit ce qui l'exerce ». C'est manifestement le cas. Il serait bien de trouver un autre moyen d'organiser le monde. C'est à réfléchir. Et bonne année 2014 !!!

Basile, philosophe naïf, Paris le 1er janvier 2014