dimanche 17 mars 2019

1161 Allemagne mon amour

Il y avait avant
Un peuple de poètes, de musiciens et de bâtisseurs
Qui avait donné au monde
Des richesses en abondance.
Puis est venue la nuit brune
Le fer, le sang et la guerre
Le pays divisé, la capitale emmurée
Et le pays couvert de soldats.
Le mur est tombé
Le pays s'est réunifié
Et aujourd'hui
Les Allemands sont redevenus
Comme avant.
Ce sont nos amis, nos frères
Ils sont là
Bienveillants et fraternels.
Ich liebe dich, Deutschland !
Je t'aime, Allemagne !
Mon pays voisin
Mon pays frère.

Basile philosophe naïf, Paris le 16 mars 2019

mardi 12 mars 2019

1160 Au voleur !

Une jeune fille a volé mon cœur,
Mais comme je suis malin
J'ai dérobé le sien.
Je n'ose y croire,
Mais si ça continue
Il va falloir 
Me résigner
A penser
Que tout va bien.

Basile philosophe naïf, Paris le 12 mars 2019

lundi 11 mars 2019

1159 Déclaration d'amour (celle à qui ce poème s'adresse, se reconnaîtra)

Notre société est étrange.
Elle proclame :
« Amour » ou « amitié ».
Si c'est « l'amour »
On doit !
S'embrasser sur la bouche.
Si c'est « l'amitié »
On ne doit pas !
S'embrasser sur la bouche.
En tous les cas
On n'est pas libres.
J'ai envie d'être libre
Et respecter ta liberté.
J'ai envie de vivre
Avec toi
Une merveilleuse
Amitié amoureuse.

Basile philosophe naïf, Paris le 11 mars 2019



1158 Les huit jours et huit nuits de Viverone

Il y a nombre d'années j'ai passé huit jours et huit nuits hébergé par une très chère amie au bord du lac de Viverone, dans la petite ville de Viverone. C'est en Italie, dans la province du Piémont. J'étais en vacances. Notre relation était très claire. Je n'étais pas amoureux de mon amie. Elle, de son côté, était très éprise d'un autre que moi.

Cette amie était une belle jeune fille. Nous avons dormi chaque nuit ensemble, en n'étant que peu habillés. Rien de sexuel n'est arrivé entre nous. Et nous avons très bien vécu et apprécié cette délicieuse intimité. L'amitié entre cette amie et moi est ressortie renforcée par cette expérience vécue. Et par la suite nous n'avons jamais eu de rapports sexuels ensemble.

J'ai parlé de cette expérience à un ami artiste, sensible et intelligent. Il n'en revenait pas. Qu'on puisse ainsi cohabiter pendant huit nuits lui paraissait ahurissant, surréaliste. « Pourtant, on a des envies... ? » bafouilla-t-il .

Quand je repense à ces huit jours et huit nuits de Viverone, je me dit qu'une des pires calamités de nos règles morales est d'avoir prétendu le sommeil partagé synonyme de baise. Résultat, une femme ou un homme qui souhaite partager son lit avec quelqu'un en est réduit à accepter de « passer à la casserole » sexuelle. Ou alors de résister aux assauts de sa compagne ou son compagnon. Susciter de telles situations est infâme.

Soi-disant c'et « naturel », «logique », « inévitable », « bon à prendre », « souhaitable », et j'en passe et des meilleurs. Tout ceci est faux. Dormir ensemble est une des plus délicieuse chose dont nous sommes le plus souvent privé par la faute des outrances sexuelles de nos règles morales établies.

Le langage lui-même est perverti : « dormir avec », « passer la nuit avec », « aller au lit avec », signifie baiser.

Je propose un nouveau verbe pour le fait de dormir ensemble sans baiser : viveroner.

J'ajoute que j'ai en ce moment une amie avec laquelle j'ai une envie intense de viveroner.

Elle lira cet article et sûrement on en parlera.

Je suis absolument convaincu qu'une part très importante de la population rêve de viveroner. Mais n'arrive pas à formuler ce désir. Ou n'ose pas, ne pense pas possible d'exprimer cette envie. Elle doit être extrêmement forte notamment chez les jumelles solitaires, qui ont perdu leur alter ego gémellaire.

Place à la tendresse philosophique en action ! Viveronons ensemble !!!

Basile philosophe naïf, Paris le 10 mars 2019

dimanche 10 mars 2019

1157 Une fleur rouge

C'est une fleur 
Rouge
Tendre, délicate
Et bien dessinée
Qui s'ouvre
Sur deux rangées
De dents blanches,
Et dont s'échappe
Une voix douce
Et des rires sonores.
C'est une fleur rouge
Faite pour embrasser
Aimer,
Et chuchoter
Des doux mots d'amour.

Basile philosophe naïf, Paris le 10 mars 2019

1156 1908-2019

Où sont les hommes, les femmes, les enfants
Qui étaient vivants
En 1908 ?
Ils sont tous morts,
Les bons, les mauvais,
Les gentils, les pas gentils,
Les riches, les pauvres,
Les en bonne santé,
Les en pas bonne santé.
Nous sommes tous comme ces gens-là,
Au bout d'un certain temps
Nous nous en allons ailleurs.
Et on n'a jamais vu
Un coffre-fort
Suivre un enterrement.
Alors
Au lieu de parler
D'argent, de profit,
De croissance,
Parlons des vraies réalités
De la vie :
L'amour de soi-même
Et de son prochain.
Vivre c'est aimer,
Aimer c'est vivre,
Et le reste
N'a pas plus d'importance
Que les chiens de paille,
Objets sans valeur,
Dont parlait Lao Tseu.

Basile philosophe naïf, Paris le 10 mars 2019

1155 Vive les fous !

L'amour est un oiseau fugace,
On pense qu'il est là
Il est absent.
On pense qu'il n'est pas là
Il est présent.
Mais il faut de la maturité
Pour parvenir à l'attraper.

La maturité consiste à oublier
Beaucoup de choses qu'on nous a appris
Pour faire de nous
Des gens « sérieux »
Et « bien élevés ».
On a endormi
L'enfant qui est en nous.
Il faut le réveiller,
Mais pour cela
Il faut être au moins deux.
Les fous appellent cela
« Être heureux ».
Vous ne serez ni riche
Ni célèbre,
Mais riche de l'amour.
Quant à la célébrité
On s'en fout.
Aimons ! Vivons !
Soyons fous !
Vive les fous !

Basile philosophe naïf, Paris les 7 et 10 mars 2019