mercredi 18 avril 2018

950 Une amie et moi

Nous n'avons que quarante-sept ans
De différence d'âge.
Qu'est-ce que c'est
À l'échelle cosmique ?
Et surtout
Ne me dites pas
Que « je pourrais être son père » !
Ce n'est pas vrai,
Je pourrais être
Son grand-père.

Basile philosophe naïf, Paris les 17 et 18 avril 2018

949 Plaisir divin

Comme c'est agréable
D'être amoureux
D'une jeune fille !
C'est comme si
Une tendre plante
Vous poussait dans le cœur
Et qu'à son pied
Une source d'eau claire
Jaillissait.
Son doux murmure
Se trouvant soudain couvert
Par le bruyant et joyeux concert
De tous les oiseaux du Paradis.

Basile philosophe naïf, Paris le 17 avril 2018

mardi 17 avril 2018

948 Changer le protocole relationnel amoureux

Partout où vivent les humains, les relations dites « amoureuses » sont régies par un protocole relationnel traditionnel. Celui-ci varie suivant les régions, mais conserve des points communs partout. Cette apparente universalité a fait croire aux humains que ces points étaient naturels, inévitables et bienvenus. Quand on observe le protocole relationnel traditionnel dominant, par exemple à Paris, on constate qu'il est mauvais, calamiteux, inadapté et source de très nombreux drames. Sa grande source de nuisances réside dans le fait qu'il ajoute systématiquement à l'amour l'acte sexuel qui serait soi-disant obligatoire et démonstratif de la réalité des sentiments amoureux. Sentiments qui devraient être soi-disant forcément merveilleux, exclusifs, jaloux, entre personnes d'âges voisins, désireuses de fonder une famille, ayant les moyens matériels de l'assumer, etc.

Ce protocole est mauvais, car il est à l'origine chaque année d'une multitude de divorces et séparations, du très cruel sentiment de solitude ressenti par des millions de gens et de milliers de dépressions, de centaines de suicides, violences et crimes dits « passionnels », et d'innombrables conduites à risques, notamment alcooliques, tabagiques, médicamenteuses et toxicomaniaques. Mais, au lieu de remettre en cause ce mauvais protocole, la plupart des gens répètent comme des perroquets le discours traditionnel : « le seul problème pour que ça marche est qu'il faut trouver la bonne personne et alors tout ira bien ». Pour justifier ce propos on a toujours un couple témoin ou une époque hélas révolue à citer en exemple. Mais il y a des millions de personnes qui vivent en région parisienne. Et comme par hasard on n'arrive autant dire jamais à rencontrer « la bonne ».

Quand on sort visiblement et sans se cacher du cadre du mauvais protocole relationnel traditionnel amoureux on est très mal vu. Après en être sorti depuis quelques années, j'ai l'intention bien arrêtée de ne pas m'en cacher. Car j'ai élaboré et lancé un autre protocole, le protocole nazdariste ou nazdarien, qui me convient très bien. Et que résume ce poème :

La conscience de l'Amour

Aimer en rêvant
Que l'autre vous prenne dans ses bras
Non.

Aimer en demandant
Que l'autre vous prenne dans ses bras
Non.

Aimer en exigeant !
Que l'autre vous prenne dans ses bras
Non.

Aimer en regrettant
Que l'autre ne vous prenne pas dans ses bras
Non.

Aimer
Simplement en aimant,
Telle est la conscience
De l'Amour.

Basile philosophe naïf, Paris le 17 avril 2018

La perspective de me faire détester par quelques-uns suite à l'adoption de ce nouveau protocole m'apparaît très rafraîchissante. Cette possibilité de me faire mal voir existe depuis peu. J'en ris par avance. Dans un lieu sympathique, les habitués sont d'un atterrant conformisme sexuel. Ce qui fait qu’ils pensent qu'on doit absolument avoir son copain ou sa copine. Et la relation avec cette personne se singularise par les activités sexuelles qui font dire que « on est ensemble » ou « on sort ensemble ». Problème : je n'ai aucune envie d'obéir à pareil ultimatum qui nie ma liberté. De plus, je ne pratique guère ces activités dites « sexuelles » et ne me sent nullement mal de fonctionner ainsi.

J'ai envie de beaucoup de tendresse, y compris dormir en charmante compagnie, mais sans pour autant chercher à pratiquer ce que les églises ont baptisé « l'acte de chair ». Précision : je ne suis nullement un opposant à la sexualité ou une personne qui a fait vœu de s'en détacher pour toujours. Je suis pour l'authenticité, la sincérité, quitte à être non conformiste. Il y a des années, quand la fille d'une amie m'a fait des propositions sexuelles explicites en m'offrant la vue de son intimité, je n'ai pas donné de suite. Mon premier et très simple motif pour agir ainsi était que je n'en avais pas envie. Le second était que ça n'aurait eu aucune signification. Le troisième que cette jeune fille était très imprudente en agissant ainsi, car 90 % des hommes à ma place l'aurait certainement violée. Je savais que suivre son invitation aurait été un viol, car à l'époque elle était vierge et attachée à conserver sa virginité. Elle me l'avait dit. Elle faisait preuve d'imprudence et incohérence dans sa conduite. Il ne s'est rien passé de fâcheux. Sa mère a bien eu raison de me faire confiance en m'envoyant durant les vacances sa très jolie fille alors âgée de quinze ans et en paraissant dix-huit.

J'ai parlé récemment à une jeune fille C'est une personnalité riche et réfléchie. Au Québec on appelle ce genre de personne « une vieille âme », pour souligner sa précoce maturité. Cette jeune fille m'a fait part de son enthousiasme pour mes écrits philosophiques. Et de son total accord avec mes idées. S'agissant de la tendresse, du toucher, quand nous nous sommes quittés, nous nous sommes spontanément et naturellement très affectueusement étreints. C'est du nazdarisme. Ce qui me ramène à la question du protocole relationnel amoureux et son changement.

Demain, si je revois cette jeune fille nous nous saluerons très affectueusement. C'est ce qui risque fort d'arriver. Tous les gentils impuissants en tendresse qui nous entoureront alors concluront autre chose que la réalité de notre relation nazdarienne non conformiste. Ils seront indifférents, jaloux, envieux ou indignés. Certains chercheront à ce que je précise de quoi il s'agit. Or je trouve indiscret et mal séant de vouloir détailler la vie intime des autres. Je n'interroge pas les personnes que je rencontre sur leur vie privée. Je ne donnerais pas de précisions du genre : « elle n'est pas ma copine, c'est juste de la tendresse », etc. Ça ne regarde personne à part elle et moi. Nous n'avons pas de comptes à rendre au tribunal de la rumeur ! Résultat : je me ferais très mal voir par certains. Comme j'ai presque cinquante ans de plus que cette jeune fille, je suis sûr que les critiques venimeuses iront bon train. En mon absence, comme de bien entendu. J'en ris d'avance bien fort rien que d'y penser. Le vrai Amour échappe aux normes outrancièrement sexualisantes régnantes présentes dans le protocole relationnel amoureux traditionnel. Le nouveau protocole nazdariste ou nazdarien arrive et fera disparaître progressivement l'ancien. Je n'ai pas d'autres intentions amoureuses que celles exprimées par le poème : « Aimer simplement en aimant, telle est la conscience de l'Amour. »

Il n'y a pas besoin d'aller sur la Lune ou en Amazonie pour découvrir des choses nouvelles car jusqu'à présent cachées de la vie. Elles sont en nous. À nous de les découvrir. Et tant pis pour ceux qui ont peur de chercher. Qu'ils ne se plaignent pas ensuite de la dureté de la vie en accusant les autres ! J'espère que j'y vois clair. En tous cas je me sens très bien aujourd'hui soir quand j'écris ces lignes. Et ne ressens aucune angoisse, souffrance, culpabilité ou impatience dites « amoureuses ». La vie va. Laissons venir la vie ! Je sais aussi pouvoir compter sur une amie pour me réveiller si ma raison s'endort. J'écris ces jours-ci des poèmes illustrant ce moment très agréable de ma vie.

Basile philosophe naïf, Paris le 17 avril 2018

947 Quête inutile

Certains cherchent
Des « preuves de l'Amour ».
La seule preuve de l'Amour
C'est l'Amour.

Basile philosophe naïf, Paris le 17 avril 2018

946 Vérité

Vouloir c'est ne pas pouvoir.
Car si je veux
Ça veut dire
Que je n'ai pas.
La seule chose
Que je peux
Légitimement vouloir
C'est être moi.
Et pour cela
Rejeter de moi
Les ordures rutilantes
Déposées
Par des gens
Bien intentionnés
Pour que je sois
Quelqu'un d'autre.
Si je suis moi
J'ai tout.
Mes frères et mes sœurs
Me reconnaissent,
Et le grand reste
Arrive alors
De lui-même.

Basile philosophe naïf, Paris le 17 avril 2018

945 Souvenir et actualité

Quand j'étais petit
Je devais avoir au plus
Quatre, cinq ou six ans
Une dame m'a demandé
Ce que je voulais devenir
Plus tard.
Et je me suis dit :
Cette question est ridicule,
J'ai le temps de changer d'avis
D'ici tant d'années !
Alors, par dérision
Voulant être drôle
J'ai répondu :
Je veux être Basile !
Et, sans le savoir
J'ai fait là
La plus intelligente des réponses.
Car la seule chose
Que je veux
C'est d'être moi.
Et pour cela
Depuis des années
Je me bats
Pour effacer en moi
Les traces laissées
Par ceux qui voulaient
Contre ma volonté
Que je sois un autre.

Basile philosophe naïf, Paris le 17 avril 2018

944 La conscience de l'Amour

Aimer en rêvant
Que l'autre vous prenne dans ses bras
Non.

Aimer en demandant
Que l'autre vous prenne dans ses bras
Non.

Aimer en exigeant !
Que l'autre vous prenne dans ses bras
Non.

Aimer en regrettant
Que l'autre ne vous prenne pas dans ses bras
Non.

Aimer
Simplement en aimant,
Telle est la conscience
De l'Amour.

Basile philosophe naïf, Paris le 17 avril 2018