dimanche 27 septembre 2020

1404 Ma seconde naissance

Un jour de février,

Il y a une quinzaine d'années,

J'ai sauvé une jeune femme

Que menaçait la face obscure et inquiétante

D'une société inhumaine et sans pitié

Pour les touristes isolés et paniqués,

Surtout si ce sont des femmes

Jeunes et belles,

Sans moyens matériels

Et loin de leur foyer.

Elle s'était fait dérober,

Au moment de prendre son avion

Pour rentrer aux États-Unis,

Cartes de crédit et carte verte

De séjour dans son pays.

Je l'ai hébergée deux nuits,

Accompagné au consulat

Des États-Unis à Paris,

Rassurée, nourrie.

On se connaissait à peine.

Elle avait peur,

Ne parlait pas français,

Seulement russe, lituanien

Et américain.

Ce jour-là, en aidant Asta,

La rassurant, la respectant,

Je suis né une seconde fois.

Depuis, Asta s'est mariée,

A eu une fille, Vesta.

Et en voyant la photo

D'elle, sa mamie et sa maman,

J'ai pleuré en pensant

Que j'étais pour quelque chose

Dans ce bonheur-là.


Basile philosophe naïf

Paris, le 27 septembre 2020

samedi 26 septembre 2020

1403 Marseille mon amour

 Que serait la France

Sans Marseille ?

Un oiseau

Auquel il manque une aile,

Un chat

Sans fourrure,

Un été

Sans soleil.

Marseille,

Je suis Parisien

Et je t'aime.

Ta Canebière,

Ta Bonne Mère,

Tes facultés,

Ton institut médical,

Avec le fameux Didier

Dont la parole touche

Le monde entier.

Marseille,

Tes bars et tes cafés

Où on entend chanter

L'accent marseillais.

Marseille,

Tes footballeurs réputés

Qui quelquefois

Aux Parisiens

De Saint-Germain

Mettent la pâtée.

Marseille,

Tes marins-pompiers,

Tes marins marins,

Ton port

Et son histoire,

Ta cuisine maritime

Et tes boulevards.

Marseille,

Tu n'as pas besoin de Paris

Pour exister.

Marseille,

Sois toujours Marseille,

La plus belle ville

Du monde entier !


Basile philosophe naïf

Paris, le 26 septembre 2020

vendredi 25 septembre 2020

1402 Les chevaliers de l'Amour

 

Les chevaliers de l'Amour

Poème dédié aux salariés et aux bénévoles du Moulin à Café

et au chat noir capitaine de la place de la Garenne


Quatre fous

Dînent sous un barnum

Et la pluie qui tombe

Du ciel nocturne.

Ils sont quatre,

Qui en mangeant

Dans la nuit

Défendent la continuité

Du Moulin à Café.

Rejoint par le cuisinier

Qui apporte une petite laine

A un de ces quatre fous

Qui a froid.

Il est tard,

La terrasse est vide,

Sous la pluie

Les rares passants

Se pressent.

Le chat noir

De la place de la Garenne

Et rentré dans sa maison.

Les nuages noirs

Du pouvoir

S'amoncèlent.

Face à la convivialité

Les interdits divers pleuvent.

Paraît-il,

Pour cause d'épidémie,

La joie collective

Doit disparaître

De la Terre.

Mais alors

Le Moulin aussi ?

Mais non.

Le Moulin ne mourra pas,

Car sa base est l'Amour.

Et malgré toutes nos divisions,

Toutes nos contradictions,

Nous sommes les chevaliers

De l'Amour.

Que le soleil de la Poésie

Éclaire votre quotidien !

Vous qui me lisez

Je vous salue

Bien goguettièrement

Et poétiquement.

Basile philosophe naïf

Paris, le 25 septembre 2020

mercredi 23 septembre 2020

1401 Tous les seins du Paradis parisien

Qu'elles sont belles

Les ribambelles

De ces rotondités

Merveilles naturelles

Mamelles exquises de la cité.

Seins parisiens, seins des seins, séduction

Des bords de Seine. Miches, nénés, tétons,

Pare-chocs, boîtes à lait, nichons,

Roberts, lolos, poumons.

Je préfère

Aux derricks à pétrole du Texas

Des champs pétrolifères

De gars pleins aux as,

Les derricks à lait généreux ô combien

Des champs maternels parisiens.

Ils nous nourrissaient enfants.

Ils donnent à l'amour des autels divins

Quand nous sommes plus grands.

Je chante les seins des Parisiennes.

Grand Perret, santé ! Je bois à la tienne

Toi qui a su honorer ce qu'en Italie

On appelle vulgairement piselli.

Et à la santé aussi

Du grand Georges le Sétois, je bois,

Toi qui a glorifié les amours grivois

D'un représentant de la magistrature

Avec un gigantesque gorille

De très haute stature,

Aux imposants attributs virils.

Du juge la déconfiture

Fut peu appréciée par la censure.

Mais le public trouva le récit très amusant.

Devant deux grands noms de la chanson

Je ne vois pas pourquoi

Je ne chanterai pas

Mon amour des jolis seins féminins

Parisiens, merveilleux ô combien !


Basile philosophe naïf

Paris, le 24 septembre 2020


La plupart des hommes que je rencontre ont une vision consumériste de la femme. Ils veulent en profiter et très souvent « conclure ». Ils voudraient avoir la confiance des femmes et en même temps en profiter. Avoir le beurre et l'argent du beurre. Ils ne sont pas conscients de cette réalité fondamentale : le désintéressement est une arme de séduction massive. Alors ils bricolent. Les résultats ne sont pas convaincants. Cette situation générale rend le compliment difficile. Comment vanter la beauté des seins des Parisiennes sans risquer de passer pour un affreux macho ? J'ai écrit aujourd'hui un hommage respectueux et comique aux seins des Parisiennes. Que cet hommage soit bien accueilli par les Parisiennes, tel est mon souhait


Dans ce poème un mot italien n'est pas traduit : piselli est le pluriel de pisello qui signifie haricot et aussi zizi.

dimanche 20 septembre 2020

1399 Petit conte philosophique

Il était une fois

Un homme

Extrêmement riche

Qui avait décidé

D'acheter le monde.

Le problème

Qu'il ne s'était pas posé

C'est que le monde

N'était pas à vendre.


Basile philosophe naïf

Paris, le 19 septembre 2020

1398 Le Grand Secret

Le Grand Secret


J'ai un secret à te dire

Avant de rendre

Le dernier soupir,

Disait la grenouille à l'escargot.

Qui le répéta aussitôt

Au lézard gecko.

Qui le dit au maki

Qui s'en ouvrit

Au roi des hippopotames

Du fleuve Limpopo,

Qui le cria d'un air féroce

A l'oiseau bleu des Galapagos.

Ainsi fut transmis

Le secret extraordinaire

Du coléoptère dit enfin

Par la baleine

Au lamantin,

Qui le répéta

A la petite souris

Qui passait par là,

Qui le chuchota

Au chameau du désert

Qui le révéla

A l'alligator centenaire

Des îles du golfe clair,

Qui le répéta à l'ourson bleu

Gardien du Capitole

Qui danse la rumba

Dans les boîtes de nuit

De la ville d'Oslo

Sur le fleuve Limpopo

Qui sépare la Transleithanie

De la Cisleithanie

Dans l'empire de l'Autrichon gris.

Ce secret fameux transmis

Du coléoptère à l'Autrichon gris

C'était : « la vie est belle Annabelle ! »


Basile philosophe naïf

Paris, le 19 septembre 2020


Autre version :

Le Grand Secret


J'ai un secret à te dire

Avant de rendre

Le dernier soupir,

Disait la grenouille Gribouille à l'escargot Victor Hugo.

Qui le répéta aussitôt

A Balthazar le lézard gecko.

Qui le dit à Kiki le maki

Qui s'en ouvrit

A Anne Hilarion le roi des hippopotames

Du fleuve Limpopo et de la vallée du Po,

Qui le cria d'un air féroce

A Ventrebleu l'oiseau bleu des Galapagos.

Qui avait trois gosses, à qui il transmit

Le secret extraordinaire

Du coléoptère Jean-Luc Robert dit enfin

Par la baleine Germaine

Au lamantin Antoine Julien,

Qui le répéta

A la petite souris Annabelle

Qui passait par là,

Qui le chuchota

A Bebert, le chameau du désert

Qui le révéla

A Victor dit Totor l'alligator centenaire

Des grandes îles du golfe clair,

Qui le répéta à l'ourson bleu Morbleu

Gardien du Capitole et du phare Ibole,

Qui danse la rumba et le cha cha cha

Toutes les nuits dans les boîtes de nuit

De la ville d'Oslo en Chine

Sur le fleuve Limpopo

Qui sépare la Transleithanie

De la Cisleithanie

Dans l'empire de l'Autrichon gris.

Ce secret fameux transmis

Du coléoptère Jean-Luc Robert à l'Autrichon gris

C'était : « la vie est belle Annabelle ! »


Basile philosophe naïf

Paris, le 20 septembre 2020

samedi 19 septembre 2020

1397 A mon cœur défendant

Agathe,

Je t'aime.
Mais comment te dire « je t'aime »,

Alors que je ne te propose pas

De fonder une famille ?

Alors que ne te propose pas

De faire un strip tease acrobatique

Avec double salto arrière ?

Autrement dit à pratiquer

« L'amour physique » comme ils disent.

Et qu'en plus je ne suis pas jaloux.

Tu peux avoir 56 amants et 87 enfants,

Ça ne me dérange pas.

Car je ne cherche pas une cuisinière-putain-femme de ménage-chienne de garde-jardinière-comptable-punching ball-admiratrice-et infirmière de mes vieux jours.

Comment te dire alors « je t'aime »

Sans te fatiguer, te faire peur

Et me faire mal voir ?

Je me suis dit : en te disant ici comment je t'aime.

Je t'aime comme la chauve-souris tranquille

Aime sa grotte paisible, profonde, humide et accueillante.

Je t'aime comme le choucas des neiges

Aime son pic pointu, acéré et buissonnant à la base.

Je t'aime comme le poisson rouge

Dans son bocal pénitencier en verre

Aime l'immense, profond et libre océan.

Je t'aime comme la guitare

Aime les doigts qui caressent ses cordes.

Je t'aime comme la Lune

Aime les marées,

Qu'elle caresse depuis des millions d'années.

Je t'aime comme la souris

Aime la Lune lointaine

Qu'elle voit et admire en rêvant.

Je t'aime comme le vent glacé de l'hiver

Aime les arbres innombrable des forêts profondes.

Je t'aime

Comme le chant de l'alouette

Aime la rosée du matin.

Je t'aime

Comme le frôlement de l'aile du papillon

Aime la fleur énamourée

Illuminée et exaltée

Par le scintillement des lunes d'Aldebaran.

Je t'aime

Comme le cristal de neige

Aime le vent venu de la forêt enchantée.

Je t'aime

Comme l'aurore embrasse

Les ailes de la nuit.

Je t'aime

Comme les chats étranges

Aiment les souris endiamantées.

Je t'aime

Comme la nuit

Aime la lumière parfumée des étoiles,

Des nébuleuses lointaines

Et des soleils d'or et d'argent.

Je t'aime

Comme le Temps

Aime la lumière du silence

Et le très doux murmure des fleurs

De la plaine des éléphants

Chanteurs enchanteurs, oliphants.

Bref, je t'aime

Comme un poète

Aime sa muse,

Aime et s'amuse

A amuser sa muse

De pierre précieuse,

De cristal

Et d'agate.


Basile philosophe naïf

Paris, le 19 septembre 2020