lundi 28 août 2017

851 Balivernes et saloperies à la mode

À lire quantité d'écrits sur Internet, le sexe serait une occupation ludique au même titre que jouer au volley sur une plage, aller au restaurant le samedi soir ou faire un tour de manège de chevaux de bois. L'objet à consommer serait l'être humain partenaire de ces jeux distractifs et sexuels.

Et nous n'aurions pas le choix ! Il faudrait en passer par là et très régulièrement, sous peine d'être moins intelligents, choper le cancer, etc. Si ! Si ! Je l'ai lu, il ne faut pas rire... C'est très sérieux. Notre bonheur en dépend !

Et puis, par ailleurs nous apprenons que les femmes sont généralement insatisfaites de ces jeux sexuels, craignent les agressions sexuelles et les viols, qu'il y a une multitude de séparations dont elles prennent le plus souvent l'initiative et qu'un nombre immense de personnes des deux sexes déclarent souffrir de la solitude. Avec parmi elles nombre de personnes jeunes et remplies de qualités.

Mais ça, ce serait par ailleurs et ça n'aurait pas de rapports avec le traitement de la sexualité comme une activité consumériste et purement jouissive. Alors qu'il est bien évident que les deux sont parfaitement liés. Croire que « faire l'amour » ou se brosser les dents c'est pareil. Ou que « faire l'amour » et manger un gâteau au chocolat c'est pareil, conduit à des désastres et malheurs innombrables dans la vie des gens.

Quand on se penche plus en détails sur les discours vantant le sexe léger et ludique, où chacun est la pute bénévole de l'autre, on constate une ignorance fantastique régnante.

L'éjaculation est baptisée « orgasme », alors qu'elle peut être décevante et même douloureuse pour l'éjaculateur. L'érection est assimilée au désir d'acte sexuel alors qu'elle ne signifie rien de tel la plupart du temps. La masturbation masculine dans un vagin est systématiquement assimilée au fait de « faire l'amour ». Le but patriarcal proclamé de la « sexualité » est l'éjaculation du monsieur dans la dame. Alors qu'une femme peut très bien jouir sans.

Quand depuis les années soixante du siècle passé on a parlé d'émancipation sexuelle de la femme, on l'a assimilé au fait que la femme drague comme un macho, doit se masturber comme un macho, aimer la pornographie comme un macho... Bref, le modèle que la femme « libérée » doit suivre, ce serait le macho... Et pourquoi le macho devrait-il être le modèle à suivre ? Sous le règne machiste ce n'est pas la joie. N'existerait-il pas d'autres façons d'agir, aimer et penser que celles du macho ?

Je lisais hier un article vantant sans détours le fait qu'il faudrait « faire l'amour » de préférence le matin plutôt que le soir. Passons sur les détails et remarquons le vrai motif inavoué et sous-jacent de ce discours. L'homme qui cherche systématiquement à se masturber régulièrement dans le vagin de sa partenaire en croyant ainsi « faire l'amour », finit par se heurter à la Nature. Il va alors avoir de plus en plus de mal à bander. Sans réaliser le motif de ce sain refus de son zizi qui renâcle aux travaux forcés, le baiseur furieux va se rabattre sur le matin pour retenter la chose. Pourquoi ? Parce qu'au réveil il arrive qu'il bande. Cette érection n'a rien à voir avec le désir d'acte sexuel. Mais qu'importe, il va la détourner et chercher à l'utiliser pour satisfaire son désir malade. Après avoir échoué la veille au soir du fait de son zizi mou, l'homme va réveiller sa copine. Déranger son doux sommeil réparateur pour recommencer ses exercices ineptes. Et créer ainsi un motif de plus pour la rupture et la séparation qui pointeront finalement leur nez pour remettre les choses en ordre. Le plus souvent l'homme, ahuri et déçu, n'y comprendra rien. Il se dira : « je faisais tout pour satisfaire ma copine au lit et à présent elle se casse ! C'est à n'y rien comprendre aux femmes ! »

Basile, philosophe naïf, Paris e 28 août 2017

dimanche 27 août 2017

850 « De toutes façons elles ne veulent jamais ! »

« De toutes façons elles ne veulent jamais ! » Ce fut le cri du cœur d'un dragueur professionnel aux multiples « conquêtes » auquel il y a des années je posais la question : « mais quand les femmes ont-elles envie de faire l'amour ? » Ce dragueur ignorait le phénomène de la parasexualité. Par pur et simple égoïsme il ne voulait pas voir que les femmes qui aiment les bisous n'ont pas nécessairement envie de baiser et rebaiser pour la satisfaction de leur « seigneur et maître ».

La parasexualité fait penser à la sexualité, c'est-à-dire à l'acte sexuel, mais en est détaché. J'en ai eu divers exemples. Ainsi cette étudiante des Beaux-Arts qui, quand je la rencontrais, m'embrassait à pleine bouche. Sans jamais pour autant avoir cherché autre chose. Pour nombre d'hommes ce genre de câlin s'assimile à un appel au coït. Résultat, les filles qui aiment les bisous sur la bouche vont le plus souvent s'abstenir.

Il en sera ainsi de milliards de câlins sacrifiés sur l'autel du renoncement pour éviter de se faire encombrer par les exigences sexuelles systématiques et malvenues des dragueurs en tous genres.

Comment une femme pourrait-elle envisager de dormir avec un homme sans risquer pour autant de « passer à la casserole » ? Résultat, elle dormira souvent plus volontiers avec son chien ou son chat qu'avec un homme.

Une dame divorcée et septuagénaire me disait récemment que le seul moment de sa vie où elle a réussi à dormir paisiblement c'est quand elle avait son mari auprès d'elle.

Allez expliquer à quelqu'un que vous souhaitez juste dormir avec lui ou elle ? C'est impossible. Et le dragueur professionnel cité au début de ce texte l'admettait ainsi : « dormir seulement avec une femme sans rien faire ? Certes, la première nuit d'accord, mais pas après. »

Au nom d'une « sexualité » sommaire, systématique et envahissante on nie et interdit la parasexualité.

Et quand une femme cherche une relation parasexuelle avec un homme, elle doit se débattre en permanence pour éviter de se plier à ses exigences sexuelles. C'est si difficile que finalement elle est en permanence sur la défensive. Bien des femmes ne témoignent jamais de leur tendresse naturelle, sauf avec des animaux ou des petits enfants. Les hommes sont disqualifiés par leur comportement.

Les grands perdants sont l'amour, la paix et l'harmonie. Mais qui s'en soucie vraiment ? Pour les femmes parvenir à autre chose que ce qu'elles vivent paraît impossible. Pour les hommes il n'existe pas autre chose.

Quand fort heureusement des situations meilleures que celles habituelles surviennent, elles ne risquent pas d'être trop connues. Je disais un jour à un ami que j'avais dormi sept nuits d'affilée dans le lit d'une amie jeune et jolie sans que nous ayons comme on dit « fait l'amour ». Il n'en croyait pas ses oreilles. D'autres fois j'ai rencontré des réactions similaires. Quand j'ai hébergé une jolie fille deux nuits de suite sans qu'il se passe rien, comme on dit, plusieurs amis ont émis des doutes quand je leur en ai parlé. Encore dernièrement une amie à qui j'évoquais le fait d'héberger quinze jours une jolie fille a « plaisanté » sur le fait qu'il ne fallait pas que je la mette enceinte. Cette plaisanterie exprimant en fait sa tendance à ne pas admettre qu'on puisse côtoyer ainsi une jolie fille sans faire des cabrioles sexuelles. Comme est fâcheux le sort subi par l'amour ou – et – la parasexualité ! La tendresse a hélas encore bien des jours difficiles devant elle.

Basile, philosophe naïf, Paris le 27 août 2017

849 Sexualité ou parasexualité

On connaît tous plus ou moins le célébrissime et très freudien « Complexe d’Œdipe » : le petit garçon souhaite posséder sexuellement sa mère et tuer son rival sexuel de père. Je n'ai pas rencontré toutes les variétés possible de comportements et admets que Freud a possiblement rencontré de tels petits garçons. Pourquoi pas ? Là où je m'inscris en faux contre lui, c'est quand il prétend généraliser ce mode de fonctionnement à l'ensemble des petits garçons de tous les temps et du monde entier, passé, présent et futur.

Déjà en considérant mon propre exemple. J'ai été élevé dans les années 1950 dans un milieu familial terriblement complexé et coincé sexuellement, où on ne parlait pas de ça à table. N'allant pas à l'école et n'ayant aucun ami, je ne risquais guère d'entendre parler de l'acte sexuel. Comment aurais-je pu rêver très petit pratiquer un acte dont je n'ai découvert l'existence que seulement vers l'âge de treize ou quatorze ans ?

Par ailleurs, pas du tout violent et jamais battu je ne me souviens pas avoir nourri des projets meurtriers à l'égard de mon père. Et j'ai bonne mémoire.

On objectera ce qu'on voudra pour démonter mon argumentation. Par contre il est une chose qu'on peut passer au feu de la critique : c'est l’interprétation que fait Freud de phénomènes qu'il aurait observé. Il déclare que l'homme qui pénètre avec son pénis le vagin d'une femme la possède. Mais en réalité il ne possède strictement rien. C'est là une interprétation culturelle qu'on peut suivre ou non. Quantité de traditions culturelles l'affirment et jusqu'au vocabulaire, mais cette « possession » est une vue de l'esprit. On l'a même inscrite dans la loi française : « Les époux se doivent soutien mutuel et fidélité. » Durant la cérémonie municipale et laïque du mariage civil, le maire déclare aux nouveaux mariés : « Je vous déclare unis par les liens du mariage. » Ces fameux « liens » relèvent également d'une vue de l'esprit. Il s'agit là de conventions destinées à garantir la filiation héréditaire pour la transmission des héritages.

Freud avance ensuite que si existe un rival, ici le père, le petit garçon veut le tuer. Il donne donc pour définition du rival l'objet d'une jalousie exclusive et meurtrière. Mais tous les hommes ne témoignent pas nécessairement d'une telle forme de jalousie. Et certains ne sont y compris pas jaloux du tout.

On dirait ici que Freud a attribué un comportement unique à des millions de gens différents qui ne suivent pas du tout forcément un même comportement. Il a aussi parlé de « sexualité enfantine ». Il s'est arrêté à des apparences et a généralisé là aussi à sa façon.

Certes, on voit de très petits enfants qui « se touchent » par exemple. Mais peut-on pour autant mettre cette activité circonstancielle et ponctuelle sur le même plan que le comportement adulte ? Un dragueur professionnel va passer des années et d'innombrables heures à chercher à « capturer » ses proies. Le petit enfant va se toucher puis passer à autre chose. C'est là une activité parmi d'autres et elle n'est pas plus importante pour lui que d'autres activités. Certes, elle ressemble un peu à ce que nous considérons comme étant la sexualité adulte. Elle ressemble seulement et n'en est pas l'équivalent. Dans ces conditions il est plus exact de parler de l'existence d'une parasexualité enfantine et pas du tout d'une sexualité enfantine. C'est essentiel pour comprendre les choses de tâcher de les définir au mieux. Cette parasexualité existe aussi chez les humains ayant atteint « l'âge adulte » et n'est pas sans conséquences importantes. Son existence est la plupart du temps niée alors qu'elle représente une part très importante du comportement humain. L'admettre remet très largement en cause l'existence même du patriarcat et de bien de ses aspects très envahissants.

Basile, philosophe naïf, Paris le 27 août 2017

samedi 26 août 2017

848 L'expérience est une lanterne qui n'éclaire que soi

La vraie philosophie est d'abord action puis réflexion. L'inverse est pauvre et limité. Si je déclare : « l'homme est un animal », ça reste une hypothèse. Si je vis une expérience qui me le démontre directement, naît ma conviction. Je vais prendre un exemple : la nudité est traitée dans la société où nous vivons comme érotique et sexuelle. En fait, l'état de nature, c'est-à-dire sans vêtements, n'est ni érotique, ni sexuel.

Nous pouvons nous répéter un million de fois : « l'état de nature n'est ni érotique ni sexuel ». Habitués au contraire par notre conditionnement, nous continuerons à ressentir le contraire. Il y a quatre ans j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes. Aussi souvent que possible, sans choquer ni déranger personne, j'ai décidé que je serais à l'état de nature quand je suis seul. Durant trois années cet état m'induisait des pensées liées au sexe. Au bout de trois années ce fut terminé. J'en ai été délivré. On la voit, l'importance inestimable de l'expérience. En dépit des idées que je trouvais juste, j'ai mis trois années pour me débarrasser du conditionnement « nudité égal sexualité ». Il a fallut l'expérience et aussi la réflexion. Mais sans l'expérience vécue je n'y serais pas arrivé.

Depuis, une année a passé et n'a fait que renforcer ma conviction dans le sens de la complète neutralité de l'état de nature. Cependant je comprends très bien que les personnes qui m'entourent, elles, sont toujours conditionnées comme je l'ai été.

Elles ne risquent pas de me suivre si je témoigne de mon ressenti actuel. Elles n'ont pas passé comme moi trois années à se déconditionner. Ce déconditionnement a des effets intéressants. Se sentir à l'aise sans vêtements et sans être de ce fait envahi par des pensées « sexuelles » est un confort, un plaisir, une sérénité rares. Voir les jolies filles dans la rue comme autre chose que des objets sexuels, mais comme des êtres humains est certainement au moins en partie le résultat de cette pratique de l'état de nature.

La base première du succès de la pornographie est la sexualisation abusive de la nudité. Cette base enlevée, que reste-t-il ? Des comportements stéréotypés et mécaniques, des expressions et réactions remplies d'artificialité. Quand on s'est débarrassé de l'équation « nudité égal sexualité », la pornographie perd très largement son intérêt, tout effet excitant. Il apparaît absolument évident que les personnes qui se font filmer ou photographier s'ennuient et prennent la pose, parfois acrobatique. La seule chose qu'ils attendent et qui les motive, c'est leur chèque à l'issue de la séance photos ou vidéo. Par millions, les humains conditionnés consomment la pornographie en croyant y voir la sexualité. Il ne s'agit là que d'une caricature patriarcale à but lucratif. La base de la pornographie, c'est le patriarcat qui réduit les femmes à des domestiques dans lesquels l'homme se masturbe.

Se rapprocher de la Nature en nous n'est pas toujours très confortable. Aujourd'hui je me promenais dans Paris sous une chaleur très forte. J'ai souffert du fait de devoir porter des vêtements pour sortir de chez moi. A mon retour, remis en tenue naturelle et adaptée à la chaleur, il m'a fallut une heure au moins pour me retrouver à mon aise habituelle. En fait, quand on s'habitue à la tenue naturelle on se retrouve mal à l'aise habillé. La réaction inverse est beaucoup plus courante. Bien des gens ne se sentent à leur aise qu'une fois habillés. C'est le produit de leur conditionnement initié dès leur petite enfance. Je voyais récemment des petits enfants sur une plage. Tous étaient revêtus de leur tenue de bains. Ce qui signifie qu'à une époque de leur vie où ils ne connaissent pas grand chose de la vie on leur inculque d'office la honte de « leur corps ». Quand j'avais cinq ans, durant des vacances au bord d'un lac savoyard, je m'étonnais. Pourquoi existait pour moi l'obligation imposée par ma famille de porter une culotte de bains incommode mouillée et qui visiblement ne servait à rien ? La réponse hypocrite de ma mère fut : « c'est pour l'hygiène ».

Basile, philosophe naïf, Paris le 26 août 2017

847 Le patriarcat derrière le masque de « la sexualité »

Le patriarcat règne partout depuis très longtemps et trouve à se déguiser et s'affubler de titres et légitimations grotesques tels que « la sexualité ». Soi-disant nous aurions là affaire au naturel, à l'inévitable et au bienvenu qui se résume en ceci : le but de la relation homme-femme est l'éjaculation du monsieur dans la dame et le recommencement inlassable de ladite opération. Au nom de quoi tout le reste n'est que « préliminaires » et autres domaines subordonnés à la sacro-sainte émission de sperme qui est prétendument synonyme d'extrême jouissance de l'homme, ce qui est rarement le cas. On ajoute aussi parfois que quand l'homme « honore ses conquêtes », elles jouissent. Mais pas que, certains machos déclaraient dans les années 1940 en France que « le sperme nourrissait la femme ». On se demande comment l'injection vaginale d'un produit essentiellement composé d'albumine, soit de blanc d’œuf, peut nourrir qui que ce soit.

Au nom de la « sexualité » on va proposer deux chemins possible. Le premier : l'homme « renonce à la sexualité ». Si on dit qu'il renonce, ça signifie qu'à priori il devait la pratiquer.

Le second chemin : l'homme ne renonce pas... Mais ce chemin est ici déguisé de multiples façons. On parlera ici soit de « fonder une famille », soit de « rencontrer l'Amour » ou « le Grand Amour », soit de draguer, soit de violer... Dans tous les cas on reste sur le même terrain : le but esr l'éjaculation du monsieur dans la dame, qui doit ensuite se reproduire « autant des nombreuses fois que l'homme désire et doit désirer le faire s'il est un homme ».

Un site Internet prétendument scientifique déclarait dernièrement que l'homme, pour rester en bonne santé, devait baiser vingt-et-une fois par mois. Pourquoi vingt-et-une ? Parce que les week-end il a mieux à faire ? Certains sites Internet prétendent légitimer la baise obligatoire parce qu'elle préviendrait le cancer de la prostate. Les femmes rétives aux jeux d'alcôve avec monsieur seraient dont des criminelles : elles ouvriraient la voie au cancer chez l'homme qu'elles rejettent. Il est permis de rire ?

Pour conforter le blabla patriarcal omniprésent qui résume la femme à un accessoire masturbatoire de l'homme, nous avons les sexologues et sexothérapeutes. Ces titres ne sont nullement réglementés en France. Si je voulais, je pourrais dès demain me présenter en qualité de « sexologue », aucune loi me l'interdit. Un certain nombre de personnes ne se gênent pas pour le faire. Dans les années soixante-dix du siècle dernier, un des plus fameux sexologues de l'époque a même signé un appel en faveur de la libéralisation des relations sexuelles entre enfants ou adolescents et grandes personnes. On peut donc dire ou écrire tout ce qu'on veut en se proclamant sexologue ou sexothérapeute. Personne ne viendra vous remonter les bretelles au nom d'une quelconque déontologie.

Là où le patriarcat va avoir du mal à continuer à imposer son discours falsificateur, c'est si, face à sa prétention d'hyper-sexualiser l'homme je réponds. Non pas : « à bas ou vive le sexe ! » Mais tout simplement : « je ne suis pas hyper-sexualisé . Je ne me reconnaît pas dans le portrait de l'homme que me propose la patriarcat. La vraie vie c'est autre chose ».

Et à la question : « mais alors que faites-vous ? » Je réponds : « place à la vie, tout simplement, dans toute sa richesse et sa diversité. Dehors les schémas piégés et piégeants qui ne conduisent qu'à des impasses ! Le sexe est subordonné au reste des relations humaines et non l'inverse, comme on le voit fréquemment proposé. » Par mesure d'hygiène on est prié de renoncer au patriarcat et se conformer à la réalité. En cherchant à se conformer au patriarcat l'homme devient une caricature. La femme tend alors à le rejeter. Faut-il s'en étonner ? C'est en corrigeant ses défauts patriarcaux que l'homme retrouvera le chemin de l'échange et de la tendresse. Chacun peut et devrait s'y employer.

Basile, philosophe naïf, Paris le 26 août 2017

vendredi 25 août 2017

846 L'art de ne pas faire ce qu'il y a à faire

Deux jeunes Parisiens, beaux, intelligents, gentils, sympathiques, cultivés, ayant de l'humour, et quantité d'autres qualités, indépendants matériellement ont chacun, qui s'en étonnerait ? Une copine jeune, jolie, etc, etc. Avec qui ils partagent chacun leur vie... Pardon ! Partageaient ! Les deux relations se sont terminées cet été par une séparation. Tout paraissait OK et tout est à présent terminé. Que font alors ces deux jeunes hommes ? Ils se disent qu'avec les atouts dont ils disposent ils vont trouver chacun une nouvelle copine. Et l'histoire va recommencer.

En aucun cas ces deux jeunes hommes ne se posent l'évidente question : « il y avait tout pour que ça marche bien et ça continue et ça s'est terminé, pourquoi ? » Non, ils ne se posent pas cette question. C'est fini avec Suzette ? Allons chercher Rirette !

Le motif de ces ruptures c'est le banc de sable sur lequel ces relations se déclarent : il s'agit de libertinage encadré. On « sort » avec une demoiselle. Puis, on décrète qu'on est « ensemble », ce qui signifie qu'on ne va pas « voir ailleurs » et on ajoute une adresse commune. La base de ces « relations » proclamées consiste à mettre son zizi dans la zezette d'une demoiselle avec son accord. Et de l'y remettre régulièrement. On le clame bien fort à tout son entourage et le tour est joué !

Là où le bât blesse, c'est que le « contrat » de ce genre de « relation » est de nature patriarcale. Les garçons vers l'âge de douze ou treize ans découvrent la masturbation masculine adulte comprenant l'éjaculation. Ils en deviennent accros. Et la pratiqueront régulièrement toute leur vie durant, ce qui signifie des milliers de fois en tout. Ils vont élargir cette pratique masturbationnelle à l'utilisation d'un ou une partenaire et se masturberont dedans, croyant souvent ainsi « faire l'amour » et satisfaire l'autre. La cause à terme de nombre de séparations, c'est l'incroyable insistance des garçons pour parvenir à se masturber dans un ou plusieurs des orifices naturels de l'autre.

J'ai fait partie du troupeau des ânes masculins hyper-sexualisés. J'ai pris conscience tardivement de ce problème. Durant très longtemps je croyais de bonne foi qu'il me fallait absolument trouver une « partenaire sexuelle ». Cette incommensurable ânerie patriarcale m'a conduit d'échecs en échecs avec les filles. Puis un jour tout parut aller bien avec une fille. Et, au bout de deux ans de Paradis j'ai connu deux années et quatre mois d'enfer. J'ai cherché à comprendre pourquoi. La piste s'est ouverte pour ma compréhension, quand, parlant avec mon ex, elle me dit qu'au fond elle n'avait jamais voulu jouer au petit train avec moi. Et m'interrogeant moi-même j'en conclu que moi aussi je n'avais jamais voulu jouer au petit train avec elle. Alors pourquoi avoir poursuivi la quête imbécile de l'harmonie sexuelle en faisant ainsi les cons ? La réponse est que nous nous sommes pliés à l'immonde patriarcat qui prétend qu'on doit faire ces choses quand elles sont « techniquement possible » même quand on n'en a pas envie. Et comment en était-je arrivé à un pareil comportement ? Quand à l'âge de vingt-deux ans ma famille et le médecin de famille m'ont manipulé pour me jeter dans les bras d'une vague copine. Tout ceci afin de me « déniaiser ». Ce fut une sorte de viol social où je me résignais à « en passer par là » sans réaliser dans quelle voie tordue cela m’entraînait. J'ai mis quarante-trois ans pour en sortir et m'extraire de cet impasse où d'innombrables individus se retrouvent coincés.

Les deux jeunes hommes dont je parle au début de ce texte sont toujours pris dans cette impasse. Si sympathiques soient-ils ils restent persuadés malgré tout qu'une jolie fille ce n'est pas d'abord une jolie fille, mais c'est d'abord un orifice où on met sa queue. Et même si nombre de filles acceptent d'incarner ce rôle, à la longue elles en ont marre, d'où rupture. Il faut s'interroger sur son propre comportement, sur ce qui ne va pas dans celui-ci, pour sortir du cycle des relations-ruptures. Mais pour ça il faut le vouloir. Nombreux sont les hommes qui refusent de le faire. C'est très dommage.

Basile, philosophe naïf, Paris le 25 août 2017

mercredi 23 août 2017

845 L'art de déstabiliser « la pensée unique »

Je connais une jolie fille. Et remarque que d'autres hommes que moi, qui ne connaissent que son aspect morphologique la résument à celui-ci. Ce n'est pas pour eux un être humain, mais un outil potentiel pour se masturber dedans. C'est odieux et ridicule. D'autant plus que ces hommes ne sont pas les plus arriérés qui soient. Réagir comme eux c'est se soumettre à la pensée unique, qui fait des hommes des êtres hyper-sexualisés. Soi-disant, si un homme rencontre une jolie fille qu'il ne connaît pas, il doit forcément chercher à se masturber dedans. Ce qu'abusivement on baptise « faire l'amour » et qui n'est le plus souvent en fait au mieux qu'une double masturbation combinée.

La pensée unique dit que l'homme étant hyper-sexualisé doit agir ainsi. S'il ne le fait pas, c'est pour diverses raisons. Hyper-sexualisé il ne trouve pas la fille à son goût. Ou il lui est interdit de l'utiliser ainsi à cause d’interdits juridiques, moraux ou – et – religieux. Ou il ment, feint de ne pas être intéressé. C'est une ruse utilisée pour arriver à ses fins. Ou il souffre de problèmes psychologiques qui le font reculer et renoncer à ce dont il a envie. Ou il est intéressé par un autre genre de partenaires. Il est par exemple attiré par les garçons. Ou il a d'autres pratiques sexuelles, par exemple : c'est un libertin qui pratique des orgies et n'est pas intéressé par « une simple aventure ».

Dans tous les cas, il reste toujours défini par la pensée unique comme « hyper-sexualisé ». Là, on peut, et à mon avis on doit, déstabiliser ladite pensée unique. Au lieu d'entrer dans un vaste débat sur les pratiques sexuelles bienvenues ou pas, il faut tout simplement affirmer la simple vérité : l'homme n'est pas naturellement hyper-sexualisé. C'est le résultat d'un conditionnement qu'exprime la pensée unique. Et suite à mon évolution et ma prise de conscience critique je n'y suis plus ici subordonné. Le résultat d'une telle évolution est très intéressant.

Elle permet d'ouvrir un champ de recherches et réflexions pour une véritable relation équilibrée entre l'homme et la femme et entre les hommes et entre les femmes. Il tourne le dos à quantité de chemins d’égarements et de recherches de problèmes divers et variés. Recherches qui m'ont fait dire : « de nombreux humains font de grands efforts pour s'attirer des ennuis... et leurs efforts sont récompensés ! » La femme cesse d'être de facto un gibier et l'homme cesse d'être un chasseur.

Ce qui peut mettre mal à l'aise y compris les victimes désignées de cette chasse. Car elles se retrouvent soudain dans des conditions où leur rôle habituel de fuir ou se défendre perd son sens. C'est le vide, l'inconnu. Et le vide et l'inconnu font souvent plus peur que l'inconfort habituel.

Quand j'ai fini par me dire que tout le problème venait de la prétention à l’hyper-sexualisation inévitable et naturel de l'homme, j'ai pensé aussi : « si j'exprime cette manière de voir on ne va pas me croire. C'est impossible ! »

Les hommes effectivement ne me croient pas, car ça les remettrait en question. Ils sont habitués à leur petit confort patriarcal. Fiers, ils se disent chacun de leur côté : « moi, je suis un grand chasseur de femmes ! », même si la plupart du temps ils reviennent de leur chasse bredouilles. Se dire qu'il faut renoncer à ce comportement stupide et établir des relations simples, équilibrées et responsables avec les femmes leur déplaît absolument. Car ils ne sont plus alors « les seigneurs et maîtres ». Les femmes elles, pour le peu que j'ai pu voir, sont beaucoup plus à l'aise avec le renoncement à la prétention à l'hyper-sexualité masculine inévitable et naturelle. Cependant, le caractère inhabituel de la situation que ce renoncement entraîne ne les met pas forcément à l'aise. Une amie insiste pour me dire que non, ce n'est pas possible ! Selon elle je serais comme tous les hommes, mais mes problèmes m'auraient amené à inventer des théories pour justifier ma fuite et mon renoncement. Mon attitude en soi la dérange alors qu'elle n'a aucun désir d'avoir une aventure avec moi.

Basile, philosophe naïf, Paris le 23 août 2017