dimanche 30 juillet 2017

836 Explication du mécanisme du féminicide

Un jour, un policier m'a dit que parmi les individus dangereux il ne craignait rien plus physiquement que les drogués en manque. « Ce sont les plus dangereux », m'a-t-il dit.

Chaque année des centaines de femmes meurent assassinées par leur conjoint ou ex conjoint ou homme qui les courtisait. Les assassins ont les profils les plus divers et se suicident souvent une fois leur crime accompli. Quelle est l'origine précise de cette hécatombe ? Mieux la connaître permettrait de prévenir et éviter au moins une partie de ces meurtres.

Il y a quelques années la femme qui était ma compagne me quitte. Quelques temps plus tard je suis chez elle pour récupérer des affaires à moi. Je suis ravagé intérieurement mais accepte cette situation. Après tout, mon ex compagne a parfaitement le droit de me quitter et choisir de faire sa vie autrement qu'avec moi. Je ne cherche pas à contester son choix, dont je souffre.

Il s'est passé alors un très bref incident très troublant et bizarre. J'étais pas loin de mon ex. J'étais triste. Elle, pour un motif que j'ai oublié, mais qui n'avait pas d'importance particulière, s'est trouvée à un moment joyeuse et franchement très gaie. J'étais debout et tenais dans ma main droite un objet assez lourd et dur. Et soudain l'envie claire, nette, ouverte et précise m'a traversé l'esprit de fracasser la tête de mon ex avec cet objet. J'ai été surpris d'avoir une pareille pensée, un tel désir même une fraction de temps extrêmement bref, mais largement suffisante pour mettre cette folie à exécution. J'ajoute que je suis absolument non violent et n'ai jamais de ma vie frappé ou insulté quelqu'un. Une telle impulsion criminelle est vraiment aux antipodes de ce que je suis et ai toujours été. J'ai aussitôt contré cette pensée par une autre, apaisante : « je ne suis pas quelqu'un qui se conduit comme ça. » La pensée méchante est partie et n'est pas revenue. Mais elle m'a donné une vision précise des auteurs de crimes passionnels, qu'on nomme à présent « féminicides ». Cet incident m'a tellement troublé que jusqu'à aujourd'hui je n'avais pas osé en parler. J'en avais même honte. Quand cet incident est arrivé, si j'avais été violent, alcoolique, drogué, aurais-je hésité à suivre cette impulsion criminelle ? Peut-être pas et je serais devenu un criminel. Comme je suis quelqu'un de très pacifique qui a néanmoins eu cette pensée folle, ça signifie à mon avis certainement une chose. Un tel comportement criminel subit peut affecter à l'occasion des personnes habituellement très pacifiques.

Très souvent, après avoir commis leur crime, les auteurs de féminicides se donnent la mort. Je n'avais pas commis ce crime. Mais par la suite, et durant des mois, j'ai été harcelé par l'idée suicidaire. J'ai résisté à cette autre folie. Mon médecin traitant m'a aidé par son écoute. Et puis, au bout d'une année entière, la tentation suicidaire s'est évaporée, comme si elle n'avait jamais été là.

Ces conséquences vécues d'une rupture m'interpellent. Il ne s'agit pas d'un état conscient, mais d'autre chose. Je ne prétends pas ici pour autant excuser ou justifier les assassins, mais analyser leurs motivations. En connaissant mieux la forme et le fonctionnement exact de leur démarche criminelle, on trouvera peut-être des éléments permettant de réduire le nombre de victimes. On appelle cette démarche en langage scientifique « profilage ». On profile les criminels.

La base de la démarche criminelle serait ici le manque d'endorphines. Cette drogue naturelle est auto-produite chez un homme au contact d'une femme. Il en est subitement privé. Alors sa réaction devient sanguinaire. Rappelons la pensée du policier citée au commencement de cette page. Le drogué en manque est le plus dangereux de tous les individus dangereux. Il est ici dangereux pour la femme au contact de laquelle il s’auto-droguait et pour lui-même. Cette constatation concernant la réaction au manque subit d'endorphines aidera-t-elle à limiter demain le nombre de victimes ? Je l'espère. Une campagne de prévention des féminicides devrait en tous cas en tenir compte.

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 juillet 2017

samedi 29 juillet 2017

835 Éveil, sommeil, addiction, éveil ou sommeil

Une dame bouddhiste m'expliquait l'autre jour que depuis des années elle pratiquait la méditation et rêvait de « parvenir à l'éveil » sans trop savoir ce que c'était.

L'éveil, nous le connaissons tous, quand, avant notre naissance nous acquérons progressivement nos différents sens. Cet état se prolonge un peu durant nos débuts post nataux. Ainsi, le nouveau-né ne découvre pas tout de suite que les choses qui s'agitent devant ses yeux quand il est allongé sur le dos sont ses propres membres, bras et jambes.

Et puis on commencera à nous stériliser. Sevrage tactile et répression de la créativité vont faire de nous des petits humains « civilisés et à part entière ». Fini, les jolies couleurs, les contacts chaleureux, faciles, fréquents et tactiles, on devient des humains refroidis.

Quand des années après survient le moment de notre vie où la reproduction devient possible, cette nouvelle fonction surgit dans un paysage de désolation. Depuis des années nous ne peignons plus avec de jolies couleurs, et le reste de notre vie a pris la couleur franche du gris civilisé. Nous avons appris à obéir et nous ennuyer.

Quand la sexualité adulte touche les garçons, vers l'âge de douze-treize ans, ils découvrent la masturbation masculine adulte. Et deviennent tout de suite ou presque accrocs au shoot endorphinien de l'éjaculation.. C'est une drogue pour eux, qu'ils consomment très régulièrement.

Ils vont étendre leur pratique masturbatoire à la recherche de partenaires dans lesquels ils chercheront à se masturber, pas à faire l'amour. Tout en étant convaincu de le faire. Préjugés et idées diverses conforteront leur démarche. Les garçons peuvent-ils s'éveiller un jour ? Certainement pas en continuant à se soumettre au sommeil de la raison avec la pensée unique patriarcale régnante.

Éviter de réfléchir devient un sport à pratiquer tous les jours. J'entendais hier raconter une histoire survenue à un Français habitant durant quelques années en Égypte. Une villa voisine de la sienne est habitée par une famille de Norvégiens. Il réalise un jour que ses voisins quand ils sont chez eux sont tous nus en permanence. Au lieu de se dire : « tiens ! Avec la terrible chaleur ambiante, ils ont raison, ces Norvégiens. Je vais faire comme eux ! » il se dit : « ce sont des Norvégiens, des mœurs norvégiennes ». Et comme il n'est pas Norvégien il se dit n'être pas concerné. Il évite de réfléchir et remettre ses habitudes en question. Il fait comme si les Norvégiens étaient des êtres à part.

C'est aussi là qu'on réalise le poids du conditionnement qu'on a subi. En 2013, j'ai décidé de rompre avec les vêtements. C'est à dire être nu le plus souvent possible seul chez moi sans choquer, ni déranger personne. Je m'élève intellectuellement contre la prétention de faire de l'état naturel baptisé « nudité » un état qui serait lié à « la sexualité ». Pour ne plus ressentir du tout ce lien, il m'a fallu trois années de pratique. C'est dire que je comprends que des personnes n'ayant ni cette démarche, ni cette manière de penser, ne puisse s'empêcher de suivre l'idée erronée que l'absence de vêtements est une situation « sexuelle ». Le conditionnement pèse sur les gens au moins autant sinon plus que les idées. Il est l'équivalent dans notre culture du dressage chez les animaux. Sauf qu'ici ce sont les humains eux-mêmes qui dressent d'autres humains.

Quand ce conditionnement ne prête pas à des conséquences douloureuses il est sans gravité. Mais c'est loin d'être malheureusement toujours le cas. Il en est ainsi de nombre de pratiques barbares souvent perpétuées par des victimes elles-mêmes, comme par exemple l'excision dans certains pays ou le viol rituel des très jeunes filles par les « hyènes » au Malawi.

Basile, philosophe naïf, Paris le 29 juillet 2017

834 L'art de grimper aux rideaux à l'orientale

Une dame de culture orientale a horreur des caresses et s'éclate comme une bête en faisant juste la chose. Explication : sa culture orientale l'a ouverte sur la méditation. Cet exercice mental, ou plutôt cet état mental auquel on adhère, vous place en situation psychique d'être pleinement présent sans le parasitage de pensées ayant trait à autre chose que la situation, le moment vécu. Ainsi est donné liberté totale au shoot d'endorphines lié à l'acte sexuel. Ce qui explique que la dame avec un acte sexuel sommaire grimpe systématiquement aux rideaux.

L'orgasme et la méditation se confondent. La plupart des gens l'ignorent. Probablement environ 99,99 % de la population...

Ce rapport entre les deux phénomènes explique que généralement on grimpe aux rideaux peu de fois dans sa vie. Ensuite, on sort de la méditation très simplement : on cherche à retrouver ce qu'on a vécu. Et plus on cherche, moins on trouve. Il suffit de chercher pour ne pas trouver.

Alors, on imagine des scénarios, des recettes, des règles, toutes généralement plus inefficaces les unes que les autres. Et surtout on tourne systématiquement le dos à la seule voie qui mène à grimper aux rideaux si cette voie veut bien aller ce jour-là dans cette direction.

Les propos sur le fait de se connaître l'un l'autre pour grimper plus aisément aux rideaux, etc. relèvent de l'aberration. On grimpe un jour aux rideaux et plus après. Et si on analyse la situation où on a grimpé aux rideaux, elle était apparemment des plus quelconques. Qu'est-ce qui s'est passé alors de différent ? Pour des raisons particulières on ne s'est pas embarrassé de pensées qui annihilaient l'état méditatif. Ce moment atteint sans intentions de l'atteindre, on ne risque pas ensuite de le retrouver tout simplement parce qu'on cherche à le retrouver.

C'est aussi pourquoi en amour « au début c'est toujours bien ». Parce que c'est inattendu et on l'accepte sans le pré-penser. Après, on veut retrouver ce qu'on a connu et c'est terminé.

Il n'y a rien de plus compliqué pour certains que parvenir à être simple. Simple comme l'enfant qui, avant sa naissance, perçoit et entend, découvre et accepte, s'éveille à la vie. Plus tard, une fois né, on nous apprend à ignorer la vie en pensant. Pensant le plus possible et ne vivant pas. Pour vivre, il faut arriver à des états de non pensée, soit de méditation.

Et quand cet état est concomitant à une pratique sexuelle, masturbation ou acte sexuel, on grimpe aux rideaux.

Ce qui généralement n'arrive que peu de fois dans la vie, car on ne sait pas méditer, surtout dans ces moments-là, durant ces activités-là.

On peut aussi méditer en faisant de la peinture, du jardinage, en se promenant dans la Nature, etc. Un ami qui vivait à Palavas-les-Flots m'a raconté cette belle histoire. Il connaissait un homme qui était vendeur chez un marchand de poissons de la ville. Cet homme était toujours d'une formidable et très belle humeur joyeuse. Un jour il lui a demandé quelle était sa recette pour avoir une telle joie de vivre. Ce vendeur de poissons lui a répondu que sa recette était la suivante : « chaque jour je vais m'allonger sur la plage durant deux heures et je ne pense à rien. » Ce vendeur de poissons était un grand sage. Pour beaucoup de gens c'était juste un très joyeux vendeur de poissons.

Beaucoup de choses justes ne s’apprennent pas par la réflexion mais avec la simple pratique.

Basile, philosophe naïf, Paris le 29 juillet 2017

833 Le grand désastre de la sexualité automatique et soi-disant libérée

Pour une dame de mes connaissances mon comportement est simple à analyser. Comme j'ai eu des problèmes d'agression dans mon enfance, je fuis la sexualité en inventant des théories justificatrices. Une autre dame de mes connaissances m'expliquait hier qu'elle n'avait « aucun problème avec le toucher ». Par delà la diversité apparente des sujets traités, ces deux dames abordaient le même sujet : le grand désastre de la sexualité automatique et soi-disant libérée.

C'est une chose qui officiellement n'existe pas, comme quantité d'autres règles, conditionnements et interdits soi-disant naturels, inévitables, sécurisants et allant de soi.

Qu'est-ce à dire ? Je ne refuse rien mais exige une chose : l'acte sexuel ne doit survenir pour ce qui me concerne qu'à la condition nécessaire, impérative et pas suffisante d'exprimer un désir réel, authentique et réciproque. Or, qu'en est-il dans notre belle société occidentale, française et parisienne soi-disant « libérée » ? Certains gestes, certaines situations, certaines réactions « physiques » impliqueraient l'acte sexuel automatique. C'est « la sexualité automatique et soi-disant libérée ». Je suis dans un lit avec une jolie demoiselle ? Boum ! Faut y aller ! J'ai réussi à embrasser une jolie demoiselle sur certains endroits tels que la bouche, les fesses ou les seins ? Boum ! Faut y aller ! J'ai une érection ? Etc, etc.

Comme « alibi » on va invoquer la logique, la « Nature », et tutti quanti... Mais alors, si agissant ainsi avec tant de « logique », de « naturel », tout se passe généralement aussi mal, d'où cela provient-il ?

Et pourquoi tant de « couples » se séparent ? Tant d'hommes et de femmes souffrent du sentiment d'être seul ? Jusqu'à paraît-il aujourd'hui trente pour cent des étudiants de France ?

Nous vivrions soi-disant dans une société « libérée » qui a fait sa « révolution sexuelle » dans les années soixante-dix du siècle dernier. Sur Internet il n'y a jamais eu aucun de pornographie disponible en libre-service et autant d'articles pseudo-scientifiques nous expliquant l'art de grimper aux rideaux en cinq leçons.

N'importe quel individu, fut-il un embobineur ou une embobineuse, est en droit de s'affubler du titre de « sexologue ». L'usage du terme n'est l'objet d'aucune réglementation officielle. Et venir nous bramer ses conseils et critiques dans les oreilles. S'il a usé son fond de jupe ou de pantalon sur les gradins d'un amphi de fac de psycho, il ajoutera : « psychologue ». Comme ça, ça fera bien : « psychologue sexologue » ! Il sera bien payé, y compris quand il dit ou écrit des bêtises.

Le grand problème est qu'au lieu de s'écouter, nous écoutons la détestable petite musique de la sexualité obligatoire. J'ai fait ci, elle fait ça, donc on doit faire la chose... Ou on doit partir en courant pour l'éviter.

Justement, cette dame qui n'a « aucun problème avec le toucher », elle croit que certains touchers impliquent l'acte sexuel quand bien-même on n'en aurait pas envie. C'est le devoir conjugal revu et simplifié. Je te touche là, donc, si tu ne « résiste » pas, on fait la chose. Ce mode de fonctionnement est celui de nombreux « couples ». Et justement un beau jour ils se séparent les « encouplés » ! N'y aurait-il pas une relation de cause à effet entre ce mode de fonctionnement sexuel « automatique » et leur séparation ? Si, justement ! Mais pour le voir il faut ouvrir les yeux. Et renoncer à ces dévastateurs « automatismes » sexuels. J'espère avoir été clair. De toutes manières je serai amené à reparler de la question.

Basile, philosophe naïf, Paris le 29 juillet 2017

vendredi 28 juillet 2017

832 Pas vraiment nus

Bien souvent les naturistes ne sont pas vraiment nus. Il suffit déjà de consulter Internet en cherchant des pages avec le mot « Naturisme » pour voir une masse de photos de lieux de vacances, de campings et de plages. Par delà les motivations commerciales des annonceurs, le message est clair. Si on se met nu au soleil, c'est pour éviter les marques de maillots et faire du bronzage intégral. On a un alibi, une excuse pour se mettre nu, mais ne craignez rien, dans la vie vraie on est toujours habillés. Ouf ! Nous voilà rassurés, la morale traditionnelle est pratiquement sauve.

Confirmant cette gêne j'ai remarqué que des publications naturistes ont des fois un peu trop de photos de groupes nus prises de dos. Ainsi on ne voit aucun zizi.

Nu n'est pas notre état normal, tel est le message délivré par diverses revues naturistes qui étalent sur leur couverture des photos de jolies femmes nues de moins de trente ans. Le Naturisme apparaît alors réduit à un prétexte pour montrer des femmes nues. Est-ce conscient et volontaire ?

Combien de fois j'ai pu lire dans ces revues des plaidoyers pour justifier la nudité publique ! Mais quel besoin existe de la justifier ? Ce serait plutôt ceux qui s'exhibent en public avec de ridicules petites pièces d’étoffes sur eux qui auraient à se justifier ! Et à qui on devrait réserver des lieux particuliers pour leurs étranges pratiques ! Ce serait des plages et campings textiles.

Certains naturistes font du naturisme clandestin. Une dame âgée qui fréquentait avec son mari un club naturiste qui depuis a fermé, insistait sur une chose. Le fait que là où ils habitaient leurs voisins n'étaient pas au courant. Et ne devaient surtout pas l'être.

En 1976, en vacances dans un camping naturiste au bord de l'Ardèche, je photographie la rive en face. Un homme âgé et antipathique arrive comme une flèche venant de la rive en face et veut me frapper : « tu as photographié ma femme ! » Est le motif qu'il invoque. Je n'avais pas fait attention à ce que au loin sur l'autre rive il y avait des naturistes nus dont la femme en question. Mes excuses et mon air ahuri ont calmé l'excité. Un vacancier sympathique et costaud qui observait la scène de loin est même arrivé à mon secours mais n'a pas eu besoin d'intervenir !

Au tout début des années 1980, en vacances dans les Landes, j'observais que sur la grande plage de Biscarosse pratiquement toutes les femmes étaient seins nus. Depuis ce temps-là, j'ai l'impression que beaucoup de femmes ont recommencé sur les plages à dissimuler leurs seins sous cet objet hypocritement baptisé « soutien-gorge » et qui n'est en fait qu'un cache-nichons. Cette évolution est compréhensible. Les femmes n'étaient pas à l'aise et à égalité avec les hommes qui vont la poitrine à l'air sur les plages. Quand une femme était seins nus, que de fois elle était « par hasard » allongée sur le ventre sur la plage ? Ou debout elle croisait les bras couvrant ses appelants mammifères ?

Les femmes n'étaient pas vraiment à l'aise et à égalité avec les hommes, et ne le sont toujours pas. Traitées en objets sexuels beaucoup d'entre elles préfèrent avoir le torse couvert pour sentir moins les regards masculins viandarts autour d'elles.

Au tout début des années 1980 on avait l'impression que les plages françaises se dirigeaient vers la généralisation des seins féminins nus et puis de la nudité intégrale, comme sur les plages ordinaires de certains pays. Depuis, on est largement retourné en arrière.

Tant que beaucoup d'humains croiront que la simple nudité est « sexuelle » on en restera là. Et les marchands de ridicules vêtements de bains auront un avenir commercial devant eux.

Basile, philosophe naïf, Paris le 28 juillet 2017

mercredi 26 juillet 2017

831 Peut-on auto-produire son bonheur ?

Il y a une trentaine d'années, je regardais une émission de télévision. Sur un plateau on voyait se dérouler un débat avec une ex ballerine danseuse étoile, qui avait fait vœu de perpétuelle virginité au sein de l'église catholique. Cette femme ayant formulé ce vœu se définissait comme étant une « vierge consacrée ». Face à elle il y avait plusieurs interlocuteurs cherchant à la déstabiliser. En même temps on les sentait gênés. Car leur interlocutrice très jolie dégageait un sentiment de bonheur extatique. On la sentait se sentir très bien dans la démarche sexuelle qu'elle avait choisie.

À l'inverse, je connais une femme qui m'explique qu'elle éprouve souvent et franchement l'envie de faire l'amour. Chose qui n'arrive pas, ce qui la déçoit fortement.

De ces deux dames aux démarches contradictoires, peut-on dire que l'une a raison et l'autre tort ? Qu'elles ont toutes les deux une démarche légitime et différente ? Laquelle est plus proche du bonheur ? Et qu'est-ce que le bonheur ?

Le bonheur corresponds à un dégagement interne d'endorphines. Ce sont des drogues naturelles. Dans une certaine mesure cette émission dépend de nous et pas de ce qui nous arrive précisément. Ce qui signifie qu'on peut se rendre heureux à priori avec n'importe quoi, dans n'importe quelle situation. Il suffit de s'autosuggestionner que tout va bien pour que, dans une certaine mesure, nous nous sentions bien.

Cependant, cette faculté a ses limites. Déjà face aux contraintes de la réalité. Elles pourront contribuer à nous délivrer du fantasme, du songe, de la rêverie qui nous met en joie. C'est pourquoi il est préférable que les conditions de vie que nous rencontrons correspondent vraiment au bonheur.

Ce qui soulève la question : existe-t-il un bonheur objectif, si oui à quoi correspond-t-il ?

Si j'observe ces deux dames aux démarches contradictoires, je ne peux qu'enregistrer leur point de vue. Étant donné ses propos et l'impression qu'elle donne, je peux penser que la première est heureuse. Et que la seconde serait heureuse à condition de connaître la réalisation de ses rêves.

Sinon, je peux aussi considérer que ces deux dames sont des êtres humains ayant tous les mêmes besoins précis. Que s 'ils sont satisfaits elles iront tout à fait bien.

Là ma démarche philosophique suscitera les hurlements de certains de mes interlocuteurs. Comment ? Nous ne serions pas des êtres parfaitement uniques, dotés de sentiments et réactions parfaitement uniques ? Et bien non, nous ne sommes que la déclinaison répétée d'une même demi personne : l'être humain homme ou femme. Si nous parvenons à comprendre dans une mesure suffisante comment elle fonctionne, nous pouvons significativement améliorer notre vie.

Revenons aux deux dames du début de cette page. Si ça se trouve elles éprouvent toutes les deux la très banale réaction féminine hostile au harcèlement sexuel des mâles obsédés en permanence par le coït mécanique. L'une et l'autre sr défendront alors chacune à sa façon. La seconde insistera pour affirmer une sexualité qu'elle ne vit pas. Pourquoi ? Parce que les hommes qui l'attirent ne veulent pas d'elle, pardi ! Comme par hasard ils seront tous dans ce cas. Ce discours sexuel dissimulera un très banal rejet au nom de l'amour des hommes baiseurs sommaires. Ce rejet sera fait par l'autre dame au nom de Dieu. Deux démarches apparemment différentes, un même but. Par derrière le mur des mots il faut savoir identifier la réalité des intentions et des situations vécues. Ces deux dames fuient, évitent ou repoussent les hommes harceleurs en brandissant chacune un drapeau différent.

Basile, philosophe naïf, Paris le 26 juillet 2017

830 Le discours des lions

En France, au début des années 1960, la grève était une arme revendicative uniquement réservée au monde du travail. Il n'était pas question de parler de grève chez les étudiants et encore moins chez les lycéens. Ces derniers étant plutôt considérés comme des enfants. Et puis une petite organisation politique trotskiste lambertiste présente à Paris, le CLER, Comité de Liaison des Étudiants Révolutionnaires, a initié une action paraissant absurde à beaucoup d'étudiants : la grève. Quand des militants du CLER en grève se présentaient à un examen, ils rendaient volontairement une copie blanche. Étonnement et incompréhension chez quantité d'étudiants qui voyaient ainsi ces militants gâcher à leurs yeux volontairement le cours de leurs études. Plus d'une cinquantaine d'années après, la grève étudiante ou lycéenne fait partie du paysage.

Dans le domaine « sexuel », il en est aujourd'hui comme de la grève étudiante hier. Prétendre volontairement ne pas chercher à baiser, refuser la baise, dérange. Une amie, qui ne cherche pas à me draguer, a passé hier un bon moment à chercher à me convaincre de chercher à baiser. Car je lui expliquais que très simplement, en l'absence d'un réel désir, je préférais ignorer la chose et m'en portais très bien.

Tout l'argumentaire de cette amie se résumait ainsi : « je devais avoir envie de baiser. » Si je ne me trouvais pas mal de ne pas baiser, c'est que j'avais des problèmes. Et si je déclarais ne pas m'en trouver mal, c'est que je me protégeais et me mentais à moi-même. En résumé : « baisez, c'est obligatoire, naturel et bon pour la santé. »

Le poids de la pensée unique est étonnant. J'aurais dit à mon amie : « je suis végétarien », ou : « je ne mange jamais de pommes », ou : « je ne bois pas de café », aurait-elle ainsi passé au moins trois quarts d'heure à chercher à me convaincre du caractère faux et illégitime de ma démarche ? Je ne crois pas.

Ne pas baiser, volontairement, ne pas s'en cacher et surtout ne pas paraître s'en trouver mal, au contraire, voilà bien une façon de vivre qui dérange. Proclamer qu'on fréquente des clubs échangistes, qu'on est bisexuel, gay ou polyamoureux, voilà qui fait d'agréables sujets de conversation. Mais déclarer qu'on ne baise pas, volontairement et qu'on s'en trouve bien et le paraître, ça dérange. Parce que ça remet en question les autres, qui patauge dans la baise et s'en trouve souvent mal et déçu. Mais se consolent en se disant que tout le monde souffre et se trouve dans le même cas.

De l'avis de beaucoup la sexualité doit être normée et active. Même si cette activité se résume à se lamenter qu'on n'y arrive pas. Un jour des amis chez qui j'étais en vacances se sont inquiétés. J'étais seul et ne m'en plaignais pas.

Toute la sexualité est sensée être normée. Ainsi par exemple on vous dira que les lions vivent avec une troupe de lionnes. Un mâle a plusieurs femelles pour lui tout seul. En fait ce n'est pas exactement ça. Le lionceau mâle arrive à l'âge de trois ans. Il est alors chassé du groupe. Et vivra seul, à moins de parvenir à chasser un lion qui a sa troupe de femelles et prendre sa place. Donc, la plupart des lions vivent seuls et n'ont aucune vie sexuelle.

À entendre les discours normatifs, l'homme, lui, doit baiser pour son plaisir toute l'année. Et pourquoi donc ? Est-il heureux ainsi ? À regarder les dragueurs impénitents que j'ai connu, sauf deux d'entre eux, ils ne m'ont pas paru spécialement heureux et épanouis. Je n'ai pas eu l'impression que leur situation était spécialement enviable.

Basile, philosophe naïf, Paris le 26 juillet 2017