mardi 1 novembre 2016

680 « L'amour » ? Et si on ouvrait vraiment le débat ?

Quand un même problème, y compris présenté comme « personnel » et « intime » touche des millions de gens... ce n'est plus un problème « personnel et intime », mais l'expression individuelle d'un problème général de société. Ce n'est plus réservé à être traité dans la discussion entre proches ou entre le « patient » et son médecin ou son « psy ».

Le suicide est la première cause de décès dans la jeunesse... Je crois ne pas beaucoup prendre de risque de me tromper en ajoutant que « l'amour » ou ce qu'on suppose l'être est la principale cause de suicides parmi les jeunes. Sans compter les rescapés de suicides ratés. Je pense par exemple à ceux et celles qui se précipitent sous un train et survivent avec des amputations. On m'a parlé ainsi d'une jeune fille de seize ans qui a perdu un bras et une jambe.

Le traitement de « l'amour » repose largement sur la peur. Aujourd'hui dans les transports publics parisiens, par exemple, la plupart de jolies femmes se déplaçant seules n'osent pas regarder franchement un homme inconnu. Et encore moins leur sourire. Pourquoi ? Parce que ça risque d'être automatiquement pris pour « une avance sexuelle » ! Alors, elles usent de ruses de Sioux pour regarder quand même. Lunettes de soleil même quand il n'y a pas de soleil, coups d'œil furtifs, regard du coin de l'œil, balayage oculaire d'une large surface où se trouve au milieu la personne qu'on souhaite regarder, etc.

De toutes parts on entend des lamentations sur « l'amour ». Une jolie jeune fille me disait dernièrement à propos de sa relation avec l'amour : « l'amour ça ne marche jamais. À présent, je préfère me consacrer à la réussite de mes études. »

D'autres femmes, arrivées à la trentaine et au delà, restées seules depuis longtemps, commencent à s'affoler par rapport à leur horloge biologique. Vont-elles rater le dernier moment pour faire un premier bébé ? Mais où est le père ?

La peur du viol est omniprésente chez les femmes. Elles n'en parlent jamais, en tous cas aux hommes. C'est aussi là un des aspects de « l'amour », car cette peur pèse sur toute la société tout le temps.

Un autre sujet dont on ne parle jamais ou presque c'est la masturbation masculine adulte et le gavage des garçons par la pornographie. Connaissez-vous beaucoup d'hommes qui osent dire : « je regarde du porno tous les jours sur Internet », et « je me masturbe très fréquemment » ? Non, bien sûr, pourtant vous en côtoyez tous les jours et si ça se trouve vous en faites partie. Il a fallu que je cesse de me masturber depuis six mois pour commencer à libérer ma parole à ce propos. Et encore, j'ai des hésitations. Pourtant, c'est là une question fondamentale dont il faut absolument parler. La masturbation masculine adulte et son stimulant pornographique représente la première et la principale activité sexuelle chez les humains en général.

Imaginez un jeune homme qui découvre à l'âge de treize ans la masturbation adulte, c'est-à-dire comprenant l'éjaculation, à la différence de la masturbation enfantine des garçons. S'il se branle trois fois par jour durant trente ans, il finira par s'être masturbé plus de trente mille fois !

Ce qui n'arrange rien est que beaucoup d'hommes croyant « faire l'amour », le plus souvent se masturbe dans le corps d'un ou une partenaire. Ils remplacent juste leur main par, par exemple le ventre d'une femme. Même si elle est consentante, elle finira par s'en ressentir mal et vouloir s'éloigner. Servir d'outil à branlette n'a rien de réjouissant, y compris si on croit « faire l'amour » !

Quand quantité » d'hommes, la plupart même, se branlent dans le ventre d'une femme en croyant « faire l'amour », celles-ci qualifient leur minable prestation avec ces mots : « il fait sa petite affaire. » Il s'agit là du vocabulaire féminin français. Je l'ai entendu à Paris il y a une trentaine d'années environ, dans la bouche d'une dame d'un certain âge. Je l'ai ré-entendu très récemment dans la bouche d'une jeune femme.

Les riches Romains de l'Antiquité mangeaient, se faisaient vomir, buvaient du vinaigre pour se rouvrir l'appétit, remangeeaient, revomissaient... Ainsi ils goutaient des plaisirs de la table totalement détachés des impératifs de la digestion. Un certain nombre d'hommes aborde aujourd'hui le sexe dans le même esprit totalement détaché des sentiments. Ils pratiquent le consumérisme sexuel : « un plan cul, une toile, acheter une nouvelle paire de godasses... » Tout est pareil. Seul importe la recherche du « plaisir ». S'agissant du « sexe » on peut même le marchandiser et l'acheter sur le marché des prostitutions, depuis la marcheuse jusqu'à l'escort girl de luxe. Le prix varie. La fonction principale est toujours la même.

Mais les endorphines produites durant les activités considérées comme « sexuelles » sont des drogues. Ça, les spécialistes auto-proclamés dans le domaine du sexe éviteront de le dire. Ils éviteront surtout de parler des risques liés à leur production. Par exemple, l'arrêt brusque d'une relation d'amour réelle ou rêvée conduit au manque. Et le manque de drogue pour un drogué fait tellement souffrir qu'il sera tenté de se supprimer.

On a cru innocenter les endorphines sous prétexte qu'elles s'auto-éliminent. Mais les effets psychologiques sont tels qu'elles provoquent des milliers de morts par an causés par des suicides officiellement pour cause de « chagrin d'amour ».

Si on peut réduire cette souffrance, ça mérite qu'on s'y arrête. Malheureusement quantité de spécialistes plus ou moins auto-proclamés vont chercher à empêcher la remise en cause de l’innocuité des endorphines masturbationnelles masculines. Pourquoi ? Parce que ces spécialistes, qui sont souvent des hommes, se branlent eux-mêmes ! Ils sont juges et parties !

Il serait bon et utile d'ouvrir enfin un vrai débat sans crainte de remettre en cause et déboulonner certains pseudo apôtres ou soi-disant textes sacrés dans le domaine de la sexualité masculine. Ce qui exige de l'audace. Car dans notre société française et parisienne, traditionnelle et machiste, il est mal vu de remettre en cause les idoles du jour.

Alors que Freud lui-même admettait qu'un jour ses idées et théories soient dépassées par des idées et théories nouvelles, certains se prétendant ses disciples empêchent le débat de se tenir.

Il faut arriver à mettre tout sur la table et discuter.

Rien ne doit nous empêche d'avancer. Toutes les questions sont légitimes. Il faut en parler entre nous, avec d'autres, y réfléchir et ouvrir enfin un vrai débat sur les vraies questions de « l'amour ». Les premières étant comment parvenir à réduire la souffrance humaine dans ce domaine. Que ce soit du fait de suicides, viols ou dépressions. Progresser ne pourra se faire qu'en faisant avancer la cause de l'amour vrai et en se débarrassant de ses bruyantes et maladroites imitations.

On entend beaucoup de choses diverses et parfois opposées quand on prononce le mot « amour ». C'est pourquoi il importera aussi dans le débat ouvert et véritable de définir ce qu'on entend exactement en utilisant ce mot. De toutes façons il faut que s'ouvre un large débat afin de commencer à progresser vraiment dans ce domaine. Il en va aussi de la préservation de la vie et de la santé de millions de jeunes gens et jeunes filles, hommes et femmes d'aujourd'hui et demain.

Basile, philosophe naïf, Paris le 1er novembre 2016

samedi 29 octobre 2016

679 La rééducation tactile est-elle possible ?

A la fin du texte qui précède dans ce blog je comparais la situation tactile des adultes à celle du malade resté six mois allongé sur un lit et qui ne sait plus marcher. Ce malade on le rééduque et il réapprend à marcher. Je l'ai vu en 1961, quand j'avais dix ans, dans un documentaire projeté à la grande exposition soviétique à Paris, porte de Versailles. Ce détail m'avait alors beaucoup frappé.

J'avais précédemment parlé de « sevrage tactile » s'agissant de l'arrêt de l'échange de câlins entre l'enfant et les « grandes personnes ». J'ai par la suite avancé des idées sur la liberté picturale et graphique des petits enfants. Et la nécessité ou tout au moins la possibilité pour les adultes de la retrouver à travers la peinture joyeuse et le dessin libre.

Sans m'en rendre compte, je conduisais deux recherches parallèles, l'une sur le toucher libre, l'autre sur la peinture et le dessin libre. Qui relèvent du même domaine : celui de l'enfance gâchée de la plupart des adultes. Au lieu de conserver et développer le trésor de leur créativité naturelle, qu'elle soit tactile, picturale ou autre, on la brise. Peut-il en être autrement ? Certes, la culture des adultes n'est pas entièrement négative. Mais que de potentiels anéantis chez les enfants, c'est-à-dire nous tous ! Au départ les enfants savent tous peindre avec de jolies couleurs, dessiner tout ce qui leur passe par la tête, inventer de jolies histoires remplies de fantaisie. Et dix ans plus tard on les retrouve le plus souvent déclarant : « je ne sais pas dessiner. » Ils sont bloqués, paralysés, stérilisés.

Apprendre. Est-ce qu'apprendre nécessite de détruire la créativité de chacun ? On a l'impression qu'au début il y a un jardin rempli de plantes sauvages qui prospèrent... Puis, on arrache tout et on fait des plantations régulières, moches et ennuyeuses avec des espaces de terre nue entre des rectangles homogènes. Ces plantations ont noms : orthographe, calcul, etc. Elles sont rentables. On a à la fin de très bons experts-comptables, ingénieurs, manœuvres sans spécialités... Dont beaucoup, durant leurs loisirs, s'emmerdent et regardent des programmes télévisés en se disant : « il n'y a rien d'intéressant à la télé. » Ou pire, se mangent la tête en se foutant en l'air leur temps libre avec des jeux vidéos à la con. Tripotant fébrilement leur vide-cervelle de poche.

Ou alors ils passent leur temps à courir derrière des chimères qui ont noms « grand amour », « richesse matérielle », « pouvoir », « célébrité », qui n'ont jamais rendu personne heureux. Mais ont rendu malheureux plus d'un.

Le concept de « sevrage tactile » rejoint l'arrêt de quantité d'autres activités comme la joyeuse peinture. Il peut être étendu. On peut parler alors de « sevrage infantile » sans précisions sauf quand on aborde un de ses chapitres.

Les conséquences du sevrage tactile peuvent-elles être traitées par la rééducation tactile? Certainement il y a à se pencher sur la question. J'avais avancé le concept de « caressographie », science des caresses. Peut-on envisager un enseignement de celles-ci ? Il existe des obstacles, essentiellement créés par le désordre régnant dans la sexualité des humains adultes. Évoquer une rééducation tactile impose de cadrer le sujet dont on parle. Il ne s'agit ni de donner des occasions de drague, ni d'orgies, ni de pelotages intempestifs de personnes convoitées dans les fantasmes essentiellement masculins. Il s'agit de retrouver un toucher, une qualité de toucher perdu qu'on possédait dans son enfance. Ce qui signifie certes une approche pratique du toucher, mais surtout une approche théorique de celui-ci pour le débarrasser de tout un tas de fantasmes malades. Qui subordonnent le toucher à une sexualité masculine prédatrice conduisant au harcèlement sexuel, à la drague ou aux viols. Le toucher n'est pas plus sexuel que le dessin ou la peinture. Il ne faut pas croire que le plaisir est forcément lié au « sexe », quoiqu'en disent divers « spécialistes ».

Basile, philosophe naïf, Paris le 29 octobre 2016

678 Le problème de la liberté d'être et devenir

Chaque bébé est unique et différent de tous les autres. Il est et devient librement par son changement permanent un être en devenir. Cette liberté ne va pas durer. Il va commencer très tôt à la voir réduite et continuer à se réduire. Déjà, qu'il fasse chaud ou non, on le forcera à se dissimuler dans des vêtements. Ce déguisement social ira en s'accentuant, avec l'invention de la « pudeur » qui interdit de laisser voir de l'épiderme certaines fractions précises et plus ou moins étendues selon les cultures. De plus, certaines activités agréables, comme chier et pisser seront elles aussi destinées à la dissimulation au regard d'autrui. Il sera aussi interdit de jouer avec sa merde, même juste de la toucher. L'activité humaine commencera à se diviser entre permis et interdit pour des raisons mystérieuses. Le petit singe sauvage humain verra aussi par exemple un regard réprobateur saluer son envie de se caresser certaines parties de lui ou toucher les dites parties et d'autres encore chez les autres. Par exemple peloter les seins des femmes sera interdit aux petits garçons.

Le petit humain qui existait par lui-même apprendra très tôt qu'il « est » par exemple « Louis Dupont » ou « Madeleine Dupuis ». Et pour l'être pleinement il lui sera nécessaire de se plier à toutes sortes d'obligations pas forcément compréhensibles.

Le petit humain à la naissance est uni. Il va se retrouver désuni comme pratiquement toutes les grandes personnes.

Au petit humain toutes les activités dites plutôt « physiques » vont être interdites.

Caresser, être caressé sera interdit. Embrasser dans le sens originel, c'est-à-dire prendre et serrer dans ses bras, sera également interdit. Danser, courir, gesticuler sera banni. Dès qu'il court, le gamin ou la gamine se voient critiquer : « tu vas tomber ! », « Calmes-toi ! » Faire de la peinture joyeuse sera une activité éliminée aussi. De même que faire du dessin libre, vouloir dessiner tout ce qu'on a envie et tout de suite, voilà qui est terminé également. Crier, chanter, faire des discours illimités sera aussi l'objet des persécutions des hommes et femmes adultes de l'entourage. C'est en tous cas comme ça que les enfants le vivront. Et l'accepteront néanmoins, pour être sûrs d'être acceptés, appréciés par les « grandes personnes ».

En fait, tout ce qui semble être « physique » est condamné au profit de ce qui semble être « intellectuel ». Le dessin comme les cris, les caresses comme les embrassements, tout est bon pour l'élimination radicale et est éliminé. Au bout de ce sevrage du physique on obtient des enfants lisses, atones, bien élevés, faisant plaisir et rassurant les adultes. Ce ne sont plus des enfants, mais des futurs petits adultes qui s'emmerdent comme leurs prédécesseurs et dresseurs. Ils ne peignent plus, ne dessinent plus, ne caressent et n'embrassent plus. Ils sont sages et bien dressés.

Même la magie des mots qui fascinaient les gosses a été encadré. Il existe des mots interdits : les « gros mots ». Et combien de petits poètes sont stérilisés au nom de l'orthographe ? « Avant d'écrire quelque chose, apprends l'orthographe ! » Sa créativité proscrite, l'enfant entre dans le monde des « adultes » qui s'emmerdent. Combien de fois n'ai-je entendu des adultes me dirent : « je ne sais pas dessiner » ou « je ne sais pas chanter » ? Un enfant ne dit pas ça. Il dessine, il chante. Mais la société va y mettre « bon ordre » et le faire taire. Quant aux caresses, aux embrassements, c'est pour plus tard, réservé au « sexe » et au mariage. Au point qu'arrivé à l'âge « adulte » les humains sont des analphabètes tactiles. Ils ne savent plus caresser, embrasser, faire un câlin. Balourds, maladroits, hésitants, calculateurs, intéressés, dès que l'idée leur vient de faire quelque chose de « physique » ils trébuchent. Leur maladresse est la même que celle du malade resté six mois allongé sur un lit et qui ne sait plus marcher. Les « adultes » sont des enfants domestiqués, c'est-à-dire infirmisés.

Basile, philosophe naïf, Paris les 28 et 29 octobre 2016

mercredi 26 octobre 2016

677 Dépression masculine, échec sexuel masculin, timidité masculine, hémorroïdes masculins

La première et principale activité sexuelle masculine : la masturbation masculine adulte incluant comme but le shoot endorphinien de l'éjaculation est un sujet essentiel. On évite soigneusement la plupart du temps de l'aborder. Les garçons découvrent très tôt la masturbation masculine adulte, vers l'âge de 12, 13, 14 ans. Ils vont la pratiquer régulièrement tout le long de leur vie et n'en parleront jamais ou guère. A raison souvent d'une éjaculation quotidienne ou plus ils finiront par se branler au cours de leur vie des milliers, voire des dizaines de milliers de fois. Cette pratique aura des conséquences physiques, psychologiques et relationnelles importantes. Éjaculer n'est pas un fait anodin. L'acte par lui-même et les pensées qui l'accompagnent formeront un véritable conditionnement dont la personne concernée n'aura pas conscience des contours et pourra difficilement se débarrasser. D'autant plus que le sujet sera pratiquement tabou. Au cours de mon existence j'ai croisé des milliers d'hommes. Je n'ai eu qu'une seule et unique fois l'occasion d'entendre l'un d'eux déclarer à la cantonade qu'il venait de se branler et que « ça lui avait fait du bien ». Sinon, les très rares fois où moi-même avec des hommes que j'ai pu rencontrer avons évoqué la masturbation, ce fut à chaque fois brièvement, en passant, et de manière théorique et sommaire. Pour en vanter la qualité supérieure comparée aux déceptions sexuelles vécues avec des femmes.

Avoir un point de vue critique sur la masturbation est d'autant plus difficile qu'abondent les discours qui vont la justifier et la qualifier de positive, éducative et inoffensive. Il est quelque peu comique de lire fréquemment que celle-ci est bonne car nous apprend « à connaître notre corps » ! Certes, les premières fois c'est sans doute vrai... Mais arrivé à prétendre qu'on va « connaître son corps » en se branlant des milliers de fois relève de la fumisterie. Ou alors je n'ai rien compris.

On peut également s'interroger sur le concept de « corps » à connaître, quand on sait que dépourvu de sentiments, l'acte sexuel purement mécanique est aussi savoureux qu'un plat parfaitement insipide.

Il y a six mois j'ai remis en question toute cette fausse culture. J'étais auparavant en accord avec la pensée unique dominante et ne le suis plus. Ce qui m'amène à aborder autrement la question. Par exemple, depuis quelques jours seulement m'apparaît de façon aveuglante l'évidence pourquoi certains discours encensent la masturbation. Pour la simple et élémentaire raison que les prétendus « spécialistes » qui en parlent ainsi se branlent eux-mêmes ! Précision qui n'apparaîtra pas dans leurs discours.

Quand en avril dernier j'ai choisi d'arrêter la masturbation masculine adulte et la pornographie je doutais pouvoir y arriver. Je pratiquais cette activité depuis si longtemps ! Plus de cinquante ans, si j'en juge d'après mes souvenirs. Je n'ai pas noté quand j'ai commencé, mais certainement j'étais alors bien jeune. Quand j'ai arrêté, au départ la raison était que j'éprouvais de plus en plus de difficulté à parvenir au shoot éjaculatoire endorphinien. Je frottais de plus en plus fort, ce qui m'a amené une irritation. Motif de m'arrêter, mais aussi de réfléchir. Sans trop me donner d'explication, je m'énervais contre cette activité et me suis dit : « je l'arrête tout à fait ! » La question du visionnage de la pornographie sur Internet est naturellement venue aussitôt après. Comme celle-ci est déversée à gogo sur Internet par une société machiste répugnante, je me disais depuis un certain temps que vu l'émetteur, elle devait être aussi pourrie et machiste quelque part. Je me suis décidé à cesser toutes incursions sur quelque site pornographique que ce soit.

J'ai aussi pu constater alors à quel point la publicité est souvent liée à la pornographie. Ne regardant plus la pornographie sur Internet, mon regard était attiré par les échos de celle-ci qu'on trouve par exemple sur certaines affiches publicitaires. Conséquemment j'évitais de regarder. A présent ça ne me fait plus rien.

Mis à part une brève rechute de deux ou trois jours en mai, j'ai tenu bon dans ma décision d'arrêter masturbation et pornographie. Au départ, j'ai bien sûr ressenti une frustration. Mais je me suis dit : « rechuter, revenir à ces habitudes serait contraire au respect des femmes qui est indispensable pour avoir des relations vraies avec elles. Comme je tiens plus que tout à respecter les femmes, je résiste ! » Plus tard, ne me revenait que par brefs moments l'envie de recommencer les activités interrompues. Je remarquais que ces envies n'étaient pas liés à des « désirs sexuels », l'envie de faire quelque chose avec une fille, mais étaient liés à des moments de pure déprime légère. Se sentir seul en général.

Au bout de six mois d'arrêt de cette culture masturbationnelle masculine adulte régnante, qui inclus la pornographie, je ne ressens plus de manque. Hier, rédigeant un texte traitant de la sexualité, j'ai même complètement oublié d'évoquer la pornographie. Cette chose que je regardais régulièrement ne me manque plus du tout. C'est même assez curieux pour moi de le remarquer. La rapidité et la radicalité de mon changement me fait penser que ces vieilles habitudes étaient comme une vraie maladie. Bien sûr, il me faut garder la distance avec la pornographie, mais à présent ça n'est plus du tout difficile. Alors qu'au début de ma renonciation il me fallait faire des efforts pour y arriver.

Cette expérience des derniers six mois m'amène diverses réflexions. Tout d'abord s'agissant du moral masculin. Le fait de se branler régulièrement en s'imaginant manquer de partenaires et les observer en images, par exemple sur Internet, est forcément déprimant quelque part. Car le plaisir éjaculatoire enregistré va de pair avec une frustration : « j'éprouve ce plaisir en pensant à cette femme que je vois sur l'écran et qui n'est pas là. Qui est inaccessible. » C'est comme saliver devant un plat qu'on voit seulement en photo. Il manque quelque chose. Forcément pour certains garçons, certains hommes, ça doit conduire à un sentiment aigu de frustration. La masturbation masculine adulte ne va pas seulement apparemment « rassasier », elle va également donner faim et de plus en plus. Une partie des dépressifs de sexe masculin trouve certainement là l'origine de leur problème.

Un autre type de problème pourra naître de la pratique masturbationnelle masculine adulte : l'échec sexuel. En effet, habitué à se branler jusqu'à des milliers de fois dans sa vie, l'homme pourra rencontrer deux problèmes : l'organisme prend l'habitude de l'éjaculation sans nécessité d'érection et pénétration. Alors l'érection disparaît plus ou moins. L'homme devient impuissant. Terme qui a été remplacé par le très sophistiqué « dysfonctionnement érectile masculin » qui signifie exactement la même chose. De plus, habitué à se masturber en recherchant l'éjaculation au bout (c'est le cas de le dire ! ), l'homme qui pénètre sexuellement un ou une partenaire va suivre la même démarche. Il va être en recherche et attente de l'instant suivant où il éjacule et ne sera plus dans l'instant présent. Pensant à son éjaculation, sa démarche sera exactement la même que pour se masturber à la main. Tout simplement sa main aura été ici remplacé par le « corps » d'une autre personne. Il s'agira de deux démarches identiques en utilisant deux instruments différents. Les deux personnes impliquées dans cet acte sexuel en fait masturbationnel n'en auront pas nécessairement clairement conscience. Mais le ver étant dans le fruit, l'échec sexuel et relationnel est programmé à l'avance. La déception pourra être alors d'autant plus forte que le motif de l'échec sera incompréhensible. Subitement, alors que tout paraissait aller bien, l'autre se casse sans explication claire. La Nature a horreur qu'on se moque d'elle. Alors, elle remet sans ménagement les pendules à l'heure.

Le résultat de ce désordre sexuel pourra par exemple prendre la forme d'une insupportabilité soudaine ressentie par une femme vis-à-vis de son compagnon, dont elle aura hâte de se débarrasser sans trop savoir pourquoi. Cependant que, obnubilé par sa culture masturbationnel, l'homme ne comprendra rien. « Tout allait si bien, et voilà qu'elle se casse. Décidément, les femmes seront toujours incompréhensible ! » se dira-t-il alors. Ce genre de situation est classique.

Une autre conséquence dévastatrice des relations amoureuses causée par la culture masturbationnelle masculine sera ce qu'on baptisera « la timidité ». Un homme n'arrivera pas à « aborder » les filles, aller vers elles, leur dire ce qu'il éprouve... Tout cela simplement parce que d'une part le refuge masturbationnel est tellement plus rassurant et confortable que l'incertitude relationnelle : « vais-je y arriver ou pas ? » D'autre part, sans le ressentir avec clarté et précision, l'homme sentira qu'en poursuivant sa démarche il est porte à faux avec la réalité. Une femme n'est pas une chose qui se résume à un instrument masturbationnel, un trou. Mais ce ressentiment qui va le paralyser, l'homme ne saura pas l'analyser.

Une conséquence de la culture masturbationnelle masculine pourrait bien être aussi la fréquence des problèmes hémorroïdaires chez les hommes. Au moment de l'éjaculation, le sphincter anal connaît une série de contractions réflexes. Celles-ci sont forcément suivies d'une détente, un relâchement. Or un homme qui se masturbe régulièrement sollicitera ce relâchement des milliers, voire des dizaines de milliers de fois au cours de sa vie. Ne serait-ce pas là une cause suffisante pour entraîner à terme des crises hémorroïdaires ? Je ne sais pas ce que vaut cette hypothèse. Les spécialistes dans ce domaine médical sauront mieux que moi dire si elle leur paraît vraisemblable.

Voilà donc les quelques réflexions que je voulais ajouter aujourd'hui à mon blog philosophique.

Basile, philosophe naïf, Paris le 26 octobre 2016






mardi 25 octobre 2016

676 La mécanique du viol des femmes et jeunes filles par les garçons

Qu'est-ce qui peut amener des garçons, des hommes apparemment équilibrés, gentils, sympathiques, bien élevés à se rendre coupables du crime abominable de viol ? Comprendre le processus qui les y mène peut être utile aux victimes pour se situer.

La plupart des humains suivent en gros le chemin suivant. Au départ de leur vie ils sont câlinés très fréquemment. Puis, vers l'âge de 4, 5, 6 ans survient leur sevrage tactile : l'arrêt pratiquement total des câlins. D'autres choses seront interrompues au même moment comme le dessin libre.

Vers l'âge de 12, 13, 14 ans, les garçons découvrent la masturbation masculine adulte. Ils vont la pratiquer ensuite tout le long de leur vie. Ce sera leur première et principale activité sexuelle. Ils pourront se branler jusqu'à un millier de fois et plus par an. Ce sera une véritable toxicomanie où la drogue consommée sera auto-produite par le drogué. Les endorphines émises au moment de l'éjaculation tiendront lieu de shoot de drogue.

La recherche de cette dose de stupéfiant se retrouvera dans le harcèlement sexuel, la drague et le viol. Au moment où il harcèle, drague ou agresse sa victime, le harceleur, dragueur ou agresseur n'est plus un homme qui s'en prend à une femme ou une jeune fille. C'est un drogué qui se jette sur sa dose. Plus rien n'a d'importance pour lui que parvenir à la consommation du stupéfiant convoité. Il méprise absolument tout le reste. La femme, la jeune fille n'a plus affaire à un homme, mais à un automate sexuel.

Le mot « masturbation » vient de manustupration : se salir la main. Or en fait la recherche toxicomaniaque des endorphines produites par l'éjaculation peut s'opérer en remplaçant la main par un vagin, une bouche, un anus. Il s'agira toujours de masturbation. On le voit, le mot à l'origine n'embrassait pas toutes les formes de masturbations.

Le mot coït, ou accouplement, devrait voir son usage exclusivement réservé à d'authentiques coïts ou accouplements. Quand existe un véritable désir réciproque. C'est très rarement le cas. Quantité de coïts ne sont que des masturbations. Et à terme de tels pseudo-rapports conduisent à de vraies séparations.

Pour les hommes retrouver leur authenticité de démarche avec le sexe opposé passe par une réflexion et remise en cause personnelle et l'arrêt complet de la toxicomanie masturbationnelle. Il semble qu'on en est encore loin. Renoncer à des activités traditionnelles réputées agréables ou l'étant effectivement comme la toxicomanie éjaculatoire endorphinique n'est pas une démarche facile. D'autant plus que quantité de « spécialistes » auto-proclamés, qui se branlent régulièrement, ne cessent de discourir pour vanter la poursuite de la masturbation durant toute la vie.

Quand on critique la masturbation, on est immanquablement considéré comme un moraliste puritain. Or ces derniers sont bien contre la masturbation manuelle. Mais prônent contre elle la masturbation intra-vaginale, où la main branleuse est remplacée par un vagin. Il s'agit toujours bel et bien de masturbation. Les moralistes puritains sont juste contre une des formes de masturbation.

Seul l'acte sexuel intervenant entre deux partenaires véritablement désirant peut être considéré comme autre chose qu'une masturbation intra-vaginale ou intra-anale. La mécanique du harcèlement sexuel, de la drague et du viol des femmes et jeunes filles procède de la masturbation masculine adulte. La masturbation masculine adulte n'est donc pas toujours si inoffensive qu'on prétend qu'elle soit.

Basile, philosophe naïf, Paris le 25 octobre 2016

lundi 24 octobre 2016

675 Le formatage masturbationnel des garçons

Vers l'âge de 12, 13, 14 ans, la découverte et la mise en pratique régulière de la masturbation masculine adulte joue un rôle sans égal dans la formation de la personnalité et du comportement des garçons. Ils en seront marqués, influencés pour le reste de leur vie.

Dans une enquête faite auprès de très jeunes filles, je lisais il y a des années les propos d'une gamine de 12 ans. Parlant de l'attitude des garçons à l'égard de la sexualité, elle s'exclamait, écœurée : « à partir de 12 ans, tous, ils ne pensent plus qu'à ça ! »

L'absence d'une précision importante m'apparaît à présent étrange dans tous les discours que j'ai lu à propos de « l'âge ingrat ». Je n'y ai jamais vu mentionner l'apparition de la masturbation masculine adulte et ensuite de la poursuite régulière de sa pratique.

D'une façon générale, les textes que j'ai pu parcourir parlant de la sexualité, regorgent très souvent de confusions abusives. On y traite la masturbation tant féminine que masculine comme une même chose en deux variantes différentes, alors qu'il s'agit de deux choses complètement différentes. De même on évoque la masturbation enfantine et adulte comme un même phénomène survenant à deux moments différents de la vie. Alors qu'il s'agit, en tous cas pour les garçons, de deux choses fondamentalement différentes. Le petit enfant s'explore, et tous ne le font pas, se fait plaisir et n'insiste guère. L'adulte masculin compense, fantasme, réagit à ses frustrations réelles ou non et se drogue aux endorphines lors de son éjaculation vécue comme un shoot de drogue. En général les écrits sur la sexualité refusent de voir dans la masturbation intra-vaginale, intra-anale ou intra-buccale ce qu'elle représente : une variété « technique » de la masturbation manuelle. La toxicomanie éjaculatoire endorphinienne et l'éducation reçue conduiront très souvent les garçons à harceler les proies sexuelles – féminines ou masculines, – qu'ils convoitent.

L'importance majeure accordée à leur acte masturbationnel par les garçons influencera l'ensemble de leur comportement. Ils vont très fréquemment s'attacher à une chose, une activité, au delà du raisonnable. Quand ils disposeront de cette chose, pourront pratiquer cette activité, ils seront rassurés au delà du raisonnable. Partant de leur démarche, ils se défieront du nouveau, lui préférant le connu, l'habituel. Prenant leur relation au shoot endorphinien comme modèle, ils vont pousser le désir de posséder à son paroxysme. Posséder sera une substitution au shoot. En particulier posséder le plus possible de ce produit « magique » : l'argent. Qui donne l'impression de pouvoir tout acheter avec, y compris l'usage de partenaires sexuels éventuels, à travers le marché de la prostitution.

Quand une source habituelle de shoots endorphiniens se rebiffera, le toxicomane concerné deviendra comme fou. Il pourra de fureur en venir à tuer celle ou celui qui le quitte. C'est le crime passionnel.

Plus pacifiquement, le désir de posséder sexuellement pourra se reporter sur l'envie de posséder une collection. Avatar de la masturbation, on verra pratiquer par exemple la collection de timbres-poste !

Dans le domaine de la politique la recherche du substitut au shoot endorphinien fera de grands ravages. Il va s'agir là non seulement de s'enrichir avec des valeurs matérielles, mais également d'acquérir le maximum de « pouvoir » possible.

Il y a plus de dix ans, un ami me disait qu'il connaissait quelqu'un d'important qui rêvait de devenir Préfet de police de Paris. Je lui posais la question : « mais pourquoi a-t-il cette ambition ? » La réponse fut : « parce que c'est quelqu'un qui a beaucoup de pouvoir. » Jusqu'où l'influence de la masturbation masculine adulte ne vient-elle pas se loger !

Basile, philosophe naïf, Paris le 24 octobre 2016

samedi 22 octobre 2016

674 La caressographie, science des caresses

La quasi totalité des hommes et des femmes adultes est aujourd'hui très largement nul en caresses. Les raisons sont multiples :

La première est que vers l'âge de 3, 4, 5 ans intervient le sevrage tactile des enfants. Ils cessent pratiquement d'être caressés. Arrivés à l'âge adulte ils seront des analphabètes tactiles.

La seconde est que vers l'âge de 12, 13, 14 ans les garçons découvrent la masturbation masculine adulte. Ils s'extasient sur leur éjaculation et se mettent à la rechercher régulièrement comme un shoot de drogue. Ils vont toxicomaniser leurs endorphines éjaculatoires et vivront désormais obsédés par leur éjaculation au mépris de l'amour.

La troisième raison est qu'au fond d'eux-mêmes garçons et filles, hommes et femmes, même privés de l'amour et ignorant de quoi il est fait en ressentiront le besoin insatisfait.

L'homme va chercher dans le coït sa jouissance à lui. Résultat, il décevra la femme, réduite à être un substitut de la main branleuse de l'homme sur lui-même. L'homme va réduire la femme à un objet destiné à le satisfaire lui. Il ne fera pas l'amour mais se branlera avec une femme. Cette dernière ne pourra à terme que souhaiter se soustraire à cette situation décevante et moralement désastreuse.

Comme l'homme est obsédé par sa dose de drogue et de facto méprise la femme, il va se retrouver coupé d'elle. De plus, la pratique régulière de la masturbation aura des conséquences catastrophiques sur sa physiologie et pas seulement sur sa psychologie. Un homme qui se masturbe régulièrement trois fois par jour, par exemple le matin, puis après le déjeuner et le soir avant de s'endormir, se branlera ainsi plus de 30 000 fois en 30 ans ! Le résultat est qu'il s'accoutumera à la branlette, perdant de sa sensibilité il deviendra progressivement plus ou moins frigide, y compris en parvenant à éjaculer. Habitué à décharger sans pénétrer un vagin il verra son pénis s'accorder à la situation et cessera de bander, puisque la bandaison sera inutile pour éjaculer. Ce qui fait qu'à force de se branler régulièrement quantité d'hommes deviendront finalement frigides et impuissants.

Les propos vantant la branlette émanant de spécialistes plus ou moins auto-proclamés seront l'expression d'hommes juges et parties. Car il s'agira de personnes pratiquant la masturbation et proclamant celle-ci positive et inoffensive.

A terme souvent frigide et impuissant, l'homme qui se masturbe sera très fréquemment harceleur sexuel des femmes qu'il voudra voir satisfaire sa toxicomanie. Il pourra aussi devenir violeur et prostitueur pour la même raison.

La quasi totalité des hommes et des femmes sont nuls en caresses pour des raisons différentes et symétriques : l'homme parce qu'il recherche obsessionnellement l'éjaculation. La femme parce qu'elle craint de subir cette recherche égoïste et égocentrique de l'homme qui ne pense qu'à sa prise de drogue et pas à une relation épanouie. Relation épanouie qui n'implique pas la recherche systématique et permanente du coït.

On peut étudier les caresses et leur amélioration à condition de sortir de ce cadre appauvrissant et caricatural ou l'homme passe son temps à ne penser qu'à lui, quoiqu'il puisse prétendre dans ses discours. La situation de l'amour entre l'homme et la femme n'est pas désespérée, mais mérite et nécessite une très sérieuse réforme pour sortir de son triste et fréquent état habituel. Avant d'être une pratique, la caressographie est d'abord une philosophie de l'amour en mouvement.

Basile, philosophe naïf, Paris le 22 octobre 2016