mercredi 7 septembre 2016

646 Le mythe de l'orgasme unique et universel

Soit le plaisir engendré par la dégustation d'une entrecôte limousine saignante avec des frites maisons et le plaisir engendré par la dégustation d'une glace artisanale aux myrtilles. Je vais décréter que ces deux plaisirs correspondent à « l'orgasme gastronomique ». Ensuite, je bâtirais une théorie de l'épanouissement par l'accès à l'orgasme gastronomique et des chemins pour y arriver. Questionnant diverses personnes certaines m'expliqueront arriver fréquemment à l'orgasme gastronomique, d'autres plus difficilement, d'autres enfin pas du tout. Je mettrais au point des thérapies pour soigner les déficients en orgasmes gastronomiques et formerais des spécialistes. Les personnes incapable d'atteindre l'orgasme gastronomique iront les consulter. Des articles dans la presse commenteront les traitements et leur efficacité. Une dame déclarera : « ça y est, grâce au traitement, à quarante ans j'ai enfin atteint l'orgasme gastronomique ! » Un homme écrira : « ce traitement est une fumisterie ! Il m'a couté une fortune et je n'ai pas obtenu un résultat satisfaisant ! »

Tout ce tableau fait bien sûr rire. Il n'existe pas d'orgasme gastronomique. Mais, l'orgasme sexuel existe-t-il ? On nous fait un film sur ce trésor à découvrir d'urgence et sinon à rechercher via des thérapies. D'abord, un « orgasme » qu'est-ce que c'est ? C'est une avalanche d'endorphines. Il n'existe pas d'endorphines propres à un endroit ou un autre de la personne concernée. Des fois une avalanche se déclenche et pour diverses raisons. Mais comment peut-on mettre un signe égal entre des situations différentes ? Soi-disant ce serait à chaque fois « un orgasme ». Et nous serions tenu de le rechercher pour réussir notre épanouissement sexuel breveté et garanti qualité optimale ! Mais, de qui se fout-on ? De nous, bien sûr !

À commencer par cette prétention bizarre à un phénomène équivalent chez l'homme et la femme. La jouissance serait à chaque fois « sexuelle ». Alors qu'il est parfaitement évident que l'homme et la femme fonctionnent de manière complètement différente. Mais ça ne décourage pas les crétins machos. Ils ont ainsi décrété que la femme avait un pénis, une érection et une éjaculation. Le clitoris devenant un pénis tout petit. L'honneur est sauf ! Seul Monsieur a un très gros zizi.

Mais non, désolé, la femme a un clitoris et l'homme une bite. Ce sont deux organes absolument différents. La sensation voluptueuse causée par la stimulation manuelle, buccale, linguale ou génitale de ces deux organes n'est pas éprouvée de la même manière. Des femmes m'ont dit que la caresse du clitoris leur apporte une sensation qu'elles appellent « une montée ». Celle-ci ne doit pas être contrariée en chemin, sinon ça donne une impression décevante et désagréable. Une fois la montée assurée, durant un moment le clitoris n'a plus à être stimulé, ça énerve, c'est désagréable. Puis on peut recommencer. Tandis que chez l'homme il existe l'éjaculation qui peut être agréable ou désagréable, intense ou pas et suivie y compris d'un arrêt complet de l'activité sexuelle durant un moment et parfois jusque y compris plusieurs heures. Le plaisir clitoridien ne semble pas fatiguer la femme, tandis que l'homme après l'éjaculation peut y compris s'endormir et se sentir épuisé. En résumé, il paraît plus faible et moins bien doté pour son plaisir génital que la femme. Les hommes connaissent divers troubles de l'éjaculation, y compris peuvent ne pas y parvenir malgré leurs efforts en ce sens.

Et puis surtout la pratique masturbatoire régulière chez l'homme adulte détraque son appétit sexuel. Il a tout le temps envie de baiser et emmerde les femmes en les harcelant. Il ne semble pas que la caresse de la femme par elle-même au niveau génital ait le même résultat. Enfin, autre différence, pour stimuler artificiellement leur appétit masturbatoire et se branler régulièrement, les hommes font appel au sexe commercial : la pornographie dont ils usent en grande quantité. Les femmes paraissent connaître un intérêt beaucoup plus réduit pour ces productions commerciales.

Basile, philosophe naïf, Paris le 7 septembre 2016

645 Échelle de la jouissance sexuelle masculine et néo-puritanisme orgasmique

Un des plus grands mensonges rencontrés dans les discours traitant de la sexualité masculine c'est qu'il existerait là une chose baptisée « orgasme ». Un plaisir optimum et automatique qui accompagnerait l'éjaculation. En fait, la sensation qui accompagne l'éjaculation est d'intensité variable et peut être agréable ou désagréable. Qui dit intensité variable dit possibilité d'en esquisser une échelle. Je l'appellerais « Échelle de Basile de la jouissance sexuelle masculine » :

– 16 Perte de conscience momentanée

– 15 à – 10 Douleur intense

– 10 à – 5 Douleur forte

– 5 à – de 0 Douleur légère

0 Sentiment nul.

+ de 0 à 5 Plaisir égal en intensité et ressemblant à celui d'un petit pipi.

5 à 10 Plaisir irradiant au bas du « corps ».

10 à 15 Plaisir irradiant à tout le corps et culminant à la sensation de « sortir de son corps ».

16 Perte de connaissance momentanée.

J'ai par expérience connu les échelons moins 5 à plus 15. Un ami m'a dit avoir connu plus 16. Les échelons en dessous de moins 5 sont conjecturales. En résumé : de moins 5 à plus 16 il s'agit avec certitude de la réalité. Si cette échelle est un jour connue, on imagine la blague de BD où on crie « 16 ! » pour marquer la « réussite » de l'acte sexuel.

Il existe aujourd'hui un néo-puritanisme orgasmique qui prétend à l'obligation de devoir connaître la jouissance sexuelle régulière. Sinon, on doit « consulter » un spécialiste du sexe. C'est ainsi que j'ai lu sur un site Internet que si « un couple » ne baise pas durant six mois il doit s'inquiéter et consulter. Pourquoi six mois et pas quatre ou sept ? Mystère. Pourtant on peut très bien ne pas baiser durant des années et s'en porter très bien. Ne pas se masturber ni regarder de la pornographie durant des mois et s'en porter bien aussi. J'en parle d'expérience, je n'ai pas pratiqué l'acte sexuel depuis bien quatre années, ne me masturbe plus ni ne regarde la pornographie depuis déjà plus d'un trimestre et me porte très bien. Bien sûr, si influencé par le néo-puritanisme orgasmique je me morfondrais et me répéterais inlassablement qu'il me manque quelque chose d'essentiel, je serais certainement angoissé et malheureux.

La masturbation masculine adulte ne compense pas le plus souvent le manque sexuel. C'est une toxicomanie endorphinique qui détraque l'appétit sexuelle. Elle fait que le masturbateur a envie de baiser tout le temps et emmerde les femmes, qui, elles, ne fonctionnent pas d'une façon complémentaire. De plus les hommes adultes se masturbent souvent pour de multiples raisons qui ne relèvent pas d'un besoin sexuel. Pour tromper l'ennui, se détendre quand ils sont énervés ou fatigués, quand ils se sentent seul d'une manière général, etc. Je réalise ce phénomène d'autant mieux qu'ayant arrêté l'activité masturbationnelle je vois quand l'envie de la reprendre se manifeste. J'apprécie le calme et l'authenticité des sentiments que l'arrêt de cette toxicomanie m'apporte.

Basile, philosophe naïf, 5 et 7 septembre 2016

644 La politique comme divertissement et le prix des patates

Quelles sont les motivations qui existent pour faire de la politique ? Il en existe de plusieurs sortes, qui influent sur les choix d'orientations pris.

Il y a les courtisans quémandeurs. J'en ai connu au moins deux. L'un affichait une préférence pour la gauche, l'autre l'apolitisme le plus complet. Le premier a fait des collages pour la droite aux élections. Le second a subitement pris position pour l'élection d'un maire de gauche. L'un et l'autre y ont gagné à chaque fois un emploi municipal en récompense.

Il y a les carriéristes. Les députés européens à 13 000 euros de traitement par mois et d'autres encore pour qui la politique est d'abord une activité professionnelle et une source de revenus.

Il existe des personnes qui vivent la politique comme une religion. Elles sont de plus en plus rares.

Il y a enfin la masse de ceux qui pratiquent la politique comme un hobby, un délassement, un passe-temps intellectuel. Qui trompent leur ennui avec une cause politique ou une autre.

L'ensemble de ces motivations diverses pour faire de la politique explique la bizarrerie qu'elle prend parfois. Ainsi 96, 4 % des prix de vente au détail des produits agricoles tels que les fruits et légumes ne va pas aux producteurs mais aux intermédiaires. Le transport, le stockage et la distribution de ces produits ne justifient absolument pas un tel prélèvement régalien. Il prive une très large partie de la population d'une alimentation saine et agréable. Ceux qui font de la politique comme hobby s'attaquent-ils à ce problème ? Jamais, et pour quelle raison ?

D'abord parce que ceux qui font de la politique comme hobby, en général mangent bien. Ils font partie des personnes plutôt aisées dans leur vie. Ensuite parce que comme hobby parler du prix des patates n'est guère amusant. Tandis qu'aller hurler en défense de la cause du valeureux peuple X martyrisé par les méchants Y est beaucoup plus amusant et valorisant.

Et puis, protester contre les 96, 4 % de sur-facturation des produits agricoles amènerait à se confronter avec la grande distribution. Le veut-on ? Sans doute non, c'est tellement plus tranquille de ne pas déranger ces gros capitalistes. On reste copains avec eux tout en hurlant son soutien au valeureux peuple X martyrisé par les méchants Y.

C'est comme pour le logement des pauvres. Ne pas en parler est nettement plus tranquille. Surtout que ceux qui font de la politique ne sont souvent pas concernés car ils sont plutôt bien logés. A quoi bon alors déranger les gros capitalistes du bâtiment et des travaux publics ? Rester amis avec eux et hurler son soutien au valeureux peuple X martyrisé par les méchants Y est tellement plus amusant !

Et puis, s'occuper du prix des patates ou de loger les pauvres ne fait pas partie des traditions des hobbyistes de la politique. Tandis que faire du bastringue en faveur d'une cause quelconque bien carrée fait partie des traditions.

Le but des hobbyistes de la politique est de s'amuser, pas de faire avancer les choses de par le monde. Les pauvres on s'en fout si ce n'est pas divertissant de les aider, car en fait le seul et vrai but des hobbyistes de la politique est de se divertir.

Alors, ce n'est pas demain la veille, un jour peut-être, qu'ils penseront à s'occuper du prix des patates ou de loger bien les gens mal logés ou pas logés du tout.

Basile, philosophe naïf, Paris le 7 septembre 2016

mardi 6 septembre 2016

643 Quelques remarques sur la sexualité et l'inceste

Pour une femme, sa sexualité, directement ou indirectement, est toujours liée à la grossesse, l'accouchement, l'allaitement et la maternité en général. À sa sexualité est associé un organe, le clitoris, dont la fonction apparaît complètement détachée de la reproduction et n'avoir pas d'autre usage que jouissif. Pour toutes ces raisons, il est impossible pour un homme d'avoir une claire conscience de la sexualité féminine. Car il ne peut pas, par définition, se retrouver enceint, accoucher, allaiter et être mère. Il ne possède pas de clitoris, ni de vagin. Il ne vit pas les problèmes féminins, qu'ils relèvent de la peur du viol, des conséquences de l'avortement ou des infections vaginales telle que l'endométriose, etc. Les propos d'hommes prétendant définir et expliquer précisément la sexualité de la femme et ce qu'elle ressent relèvent de l'escroquerie intellectuelle.

Les pratiques sexuelles varient selon les sexes, les régions et les époques. C'est pourquoi, par exemple, Parisien né à Paris et vivant à Paris, je peux parler de ce que je ressens en ma qualité d'homme de 2016 vivant à Paris. Je ne saurais dépeindre précisément par moi-même ce que vit une femme. Quand je le fais, c'est à partir des propos que j'ai entendu émanant de femmes vivant à une époque et dans une région précise. Je mets en rapport leurs propos avec ce que je sais des hommes. Ce qui m'amène à déterminer en particulier que le grand problème posé aux femmes par les hommes est qu'ils veulent baiser en permanence. Et pourquoi ? Parce que la pratique quotidienne de la masturbation détraque l'appétit sexuel masculin.

Un médecin viennois né en 1856 a laissé d'intéressants écrits rapportant ce que des hommes tels que lui pouvaient ressentir sexuellement. Curieusement, il en est venu à prétendre parler à leur place, expliquer quels étaient leurs besoins et leurs motivations. Il a étendu sa prétention explicative aux femmes, ce qui est parfaitement risible. Ce médecin du nom de Freud étant très fier de son zizi en a conclu que les fillettes souffraient de ne pas en avoir un. Il a également expliqué que les garçons croient que les mamans chient leurs bébés, ce qui est manifestement une croyance de son temps et son milieu.

Freud ne supportait pas d'être castré du clitoris. Jaloux des femmes qui en possède un, il a voulu rabaisser ce bel organe féminin au rang d'auxiliaire du vagin roi recevant le pénis empereur.

Bizarrement, les conclusions prétendument universelles aux deux sexes de Freud ont été présentées comme concernant tous les humains de tous les pays et toutes les époques. Encore aujourd'hui, les fables freudiennes sont présentées par un certain nombre de personnes comme la vérité révélée sur la sexualité humaine. Freud a fait de l'interdit de l'inceste un fondement de sa théorie. Pour se rassurer, quantité de commentateurs se complaisent à insister sur le fait que toutes les cultures, toutes les civilisations ont prohibé l'inceste. C'est peut-être vrai, mais l'être humain est et reste à la base un animal qui ignore l'interdit de l'inceste. La plupart des humains sans doute respectent cet interdit. Mais pas tous, et l'inceste fait aussi partie des fantasmes sexuels. Quand inceste il y a, ce qui ne semble pas si rarissime que ça, peuvent se former des couples clandestins ou tolérés. Il est interdit d'en parler ouvertement. Jusque dans les années 1980 en France et à Paris on lisait que l'inceste interdit par toutes les cultures n'existait pas. Depuis, on a cherché à continuer à interdire le débat en donnant au mot inceste un sens très restrictif : celui de viol commis par un ascendant. Le sens plus général du mot disparaissant au profit de ce sens très restrictif. Mais, pour en revenir à Freud, selon lui la construction de la personnalité reposerait sur le dépassement de l'attirance sexuelle pour le parent du sexe opposé. Le problème posé ici est double : d'une part, qu'est-ce que ça signifie « la construction de la personnalité » ? D'autre part, j'ai eu l'occasion de fréquenter des personnes ayant vécu durant des années une relation dite incestueuse et qui avait bel et bien une personnalité. Elle était même riche et pas moins que celles de personnes n'ayant pas connu l'inceste.

Basile, philosophe naïf, Paris les 5 et 6 septembre 2016

lundi 5 septembre 2016

642 Les jeunes filles à la recherche de l'absente harmonie

Il ne me semble pas avoir dans mon apparence de quoi spécialement séduire les jeunes filles. C'est pourquoi je suis toujours perplexe et intrigué quand il me semble à l'occasion attirer l'attention d'une d'entre elles. Plusieurs explications possible sont envisageables. Que ce soit juste un jeu de séduction. Ou que je ne sois pas spécialement le sujet d'intérêt précis mais que je tombe sur des personnes « qui tirent sur tout ce qui bouge ». Ou que je personnifierais un fantasme qui ne me correspond nullement, genre l'homme d'expérience initiateur de plein de choses. Enfin, l'explication la plus probable est qu'en fait à mon contact elle laisse apparaître la recherche de toute autre chose qu'une aventure, même si ça peut en avoir l'apparence.

L'écrasante majorité des garçons, puis des jeunes hommes, des hommes et des vieillards leur vie durant se droguent aux endorphines d'origine masturbationnelle. Leur pratique toxicomaniaque démarre vers l'âge de 12, 13 ou 14 ans. Comme le disait une fillette écœurée âgée d'une douzaine d'années dont j'ai lu un jour l'interview : « à partir d'un certain âge les garçons ne pensent qu'à ça. »

Ce qui amène chez les jeunes filles et les femmes une très grande résignation. Elles se disent : « les hommes sont tous cons. » Ou bien : « ce sont tous des petits garçons. » Que leur reste-t-il aux femmes comme amour ? Celui des petits enfants, de certains adultes qui, pour des raisons morales évitent de chercher à les draguer, des femmes quand ce sont de bonnes copines. Et les hommes représentent pour les femmes la partie sinistrée de l'amour. Ils leur paraissent tous obsédés du slip.

Cependant, au fond cette vision des hommes est insupportable. Les jeunes filles espèrent autre chose, même si elles vont intellectuellement penser que malheureusement ça n'existe pas. Le besoin d'harmonie est ancré en elles. Alors des fois elles le laissent apparaître. Mais attention ! Dans notre société, comme l'harmonie n'existe pas ou si peu, les apparences sont trompeuses. Une jeune fille en quête d'harmonie fera penser à une jeune fille en quête d'aventure. Cette quête sera difficile.

Une jolie fille me disait très récemment qu'on pouvait « essayer », c'est-à-dire accepter une aventure en espérant la voir se transformer en histoire d'amour. Elle avait essayé avec un jeune homme de son entourage et ça avait été un échec. La question qu'elle ne s'était pas posée ici et que j'aurais l'occasion de lui poser est celle-ci : « tu cherchais très précisément quoi ? Et si, au lieu de chercher à faire l'amour à l'essai vous vous en seriez tenu seulement et uniquement à vous faire des câlins, le résultat aurait-il été pareillement décevant ? » Car le problème est là : vouloir faire coïncider le rapprochement entre un jeune homme qui se drogue aux endorphines masturbationnelles et détraque avec son appétit sexuel, et une jeune femme qui cherche l'harmonie.

La sexualité n'est absolument pas identique s'il s'agit de l'homme ou de la femme. Une femme peut tout à fait bien vivre en se passant des hommes, alors qu'il est bien moins évident pour un homme de se passer des femmes. Quantité de femmes, à force d'être emmerdées par des hommes obsédés de la queue finissent par choisir de vivre seules. Une jolie fille de dix-huit ans me disait récemment : « l'amour ? En général ça ne marche pas. Je préfère me consacrer à mes études. » Elle paraît joyeuse et pleine de vie. S'occupe de plusieurs associations culturelles étudiantes et se passe des garçons. Il me semble moins probable de voir une telle situation vécue aussi bien par un jeune homme du même âge. Certaines jeunes filles, à force de se gaver de pornographie via Internet cherchent à prendre le taureau par les cornes. Elles font du « rentre dedans ». Prennent des attitudes très provocantes inspirées des vidéos et photos pornographiques. Elles font probablement le bonheur des dragueurs et finissent par se lasser. Moi, quand je les rencontre, elles me surprennent, sans plus. On s'habitue à tout, même les situations les plus étranges et les plus inattendues. Ces comportements désespérés ne mènent pas à l'harmonie homme femme qu'il est possible de trouver.

Basile, philosophe naïf, Paris le 5 septembre 2016

dimanche 4 septembre 2016

641 Quelques remarques sur la sexualité

J'ai écrit que c'est la guerre entre l'ensemble des hommes contre l'ensemble des femmes. C'est parfaitement vrai. Ainsi, par exemple, quand j'ai offert récemment à une jolie fille un poème exaltant son sourire, elle s'est inquiétée et empressée de me questionner pour s'assurer que ce n'était pas « une déclaration d'amour ». Parce qu'une « déclaration d'amour » n'est pas autre chose qu'une prétention à disposer d'un droit d'entrée, de préférence permanent et exclusif, dans le cul de la personne « aimée et possédée ». C'est un acte de guerre sexuel, quand bien-même on le prétendrait l'expression de « l'amour », terme vague qui sert à justifier tout et n'importe quoi.

Cette jeune fille m'a raconté aussi qu'il pouvait arriver qu'on fasse l'amour à l'essai, des fois que ça marche. A mon avis c'est une grossière erreur. On n'essaye pas cet acte. On le fait si on en a un désir authentique, sinon il est infiniment préférable d'éviter un tel bricolage.

Je lui ai expliqué que quantité de jeunes gens se masturbaient en remplaçant leur main par le vagin d'une fille. Elle m'a dit qu'elle espérait que ce ne soit pas le cas avec son copain. À mon avis, si elle se pose cette question, la réponse est oui. Car l'approche du sexe est consumériste. L'amour peut être là. Mais la pratique sexuelle est bancale et risque de ruiner à terme les sentiments si beaux et authentiques soient-ils. Il faut faire attention, et éviter de se prendre les pieds dans le tapis des pratiques traditionnelles. J'en sais quelque chose, ayant connu le problème.

Quand j'ai lu en public le texte numéro 636 de mon blog philosophique, une dame m'a écrit ensuite qu'elle savait ce que c'était que la sexualité. Et, en vertu de cette connaissance considérait mon propos d'un œil critique.

Si je dis que moi qui suis un homme je sais ce qu'une femme ressent en accouchant, on me traitera et avec raison de fumiste. Si je dis que je sais précisément ce qu'une femme ressent en regardant son bébé, pareil. Si je dis que je sais précisément ce qu'une femme ressent en faisant l'amour, je serais aussi considéré comme un fumiste.

Or, dire qu'on sait ce que c'est « la sexualité » en général, vue aussi bien du côté masculin que féminin est un propos courant. Comme c'est abusif ! Pour ma part, homme je ne prétendrais jamais savoir plus que ce qu'un homme de ma région et mon époque ressent, rien de plus. Mais les fumistes sont légions et on n'y fait guère attention.

Je me souviens qu'une dame très connue a écrit des livres entiers où elle prétend ainsi expliquer, par exemple, ce qu'un garçon ressent précisément dans le domaine sexuel. Il y a de quoi s'esclaffer. Pourtant, on ne le fait guère tant on est habitué à avoir affaire à des fumistes des deux sexes qui prétendent à un savoir global et universel !

On voit même des auteurs, le plus souvent masculins, qui prétendent décrire en long, en large, en travers et en diagonale ce que ressentent en général et précisément dans la vie les personnes du sexe opposé au leur ! C'est à pisser de rire ! Une telle prétention a pour effet immédiat de clore le débat entre les hommes et les femmes, renvoyant chacun dans son coin du ring de boxe. Je ne sais pas précisément par moi-même ce que ressentent les femmes. En revanche, je peux discuter avec elles, les écouter. C'est un débat très enrichissant. Ainsi, par exemple, j'ai dit à une jeune fille cet été que le problème des garçons est qu'ils voulaient trop et trop souvent faire l'amour avec les filles. Elle a aussitôt rectifié mon propos en me disant : « non, le problème est qu'ils veulent trop souvent ». J'ai intégré cette remarque à ma réflexion et mes propos. Toutes les autres femmes à qui j'en ai parlé depuis m'ont confirmé que le problème entre hommes et femmes se posait ainsi.

Basile, philosophe naïf, Paris le 4 septembre 2016

samedi 3 septembre 2016

640 Prévention et thérapie du viol

Le principal et premier problème de l'Humanité n'est pas la misère, les guerres, la famine, la destruction et la pollution de l'environnement, l'opposition nomade sédentaire, la criminalité en général, l'ignorance et l'analphabétisme, la maltraitance des enfants. Le principal et premier problème de l'Humanité, c'est la maltraitance de la femme par l'homme, en premier chef le viol. Car, tant qu'un peu moins de la moitié adulte de l'Humanité sera en guerre contre le reste de l'Humanité adulte, comment voulez-vous que puissent être résolu n'importe lesquels des autres grands problèmes de l'Humanité ?

Le viol, quand il est commis reste le plus souvent impuni, voire absout, encouragé et pire, c'est la victime elle-même qui est très fréquemment culpabilisée.

Quelques chiffres terrifiants : selon un sondage 60 % des hommes au Canada se déclarent prêts à violer au cas où l'impunité serait assurée pour ce crime. 25 % des hommes en Afrique du Sud déclarent avoir commis un viol, souvent en réunion. 65,1 % des Brésiliens déclarent que les femmes « provocantes » méritent le viol. Et les propos entendus quand un important homme politique français fut accusé de viol il y a quelques années ne sont guère plus encourageants. Un célèbre journaliste parisien déclara, au vu du fait que la plaignante était une femme de ménage d'un grand hôtel new-yorkais : « ce n'est qu'un troussage de domestique. » Un ancien ministre français de la culture eu ces mots : « il n'y a pas mort d'homme. »

Le viol amène des questions : comment le prévenir ? Comment soigner les victimes ?

Il serait bon d'ouvrir le débat sur le viol et sa fréquente impunité. Sachant que sur l'échelle des incivilités sexuelles on commence avec des petites blagues « uniquement pour rire » et on fini avec le viol et le meurtre. Le meurtre d'une femme parce qu'elle est une femme est défini dans certains pays par un terme spécifique : le féminicide. On pourrait ajouter un autre terme : le lesbicide. Car si on en croit des articles sur Internet, des femmes sont assassinées en particulier en Afrique du Sud, simplement parce qu'elles sont lesbiennes. Ce mot existe déjà en anglais.

Il ne faut pas passer le temps à dénoncer les abus antiféminins commis dans divers pays et oublier ceux qui se commettent chez nous. Parler de certains crimes commis dans des pays étrangers et lointains sert souvent à dissimuler ce qui se fait de mal en Occident et en France. Et notamment la mansuétude à l'égard des violeurs, jusque y compris dans des articles sensés dénoncer le viol.

Un exemple que j'ai relevé dans un article très récent sur Internet. On y parle de l'avortement sélectif des fœtus féminins, du déficit de naissances féminines qui en résulte en Inde. Pour ajouter que c'est le manque de filles à marier qui fait augmenter à présent le nombre de viols. Ce propos apparemment anodin est parfaitement ignoble. Car il laisse entendre que si on manque de femmes c'est parfaitement logique, naturel, automatique, allant de soi de violer des femmes. Pour ma part, tout en rêvant de rencontrer une femme j'ai passé à plusieurs reprises de longues périodes, jusqu'à dix ans, sans avoir l'occasion de « faire l'amour ». Je n'en suis pas devenu un violeur pour autant ! À lire l'article, on croirait que l'homme violeur est absout, car le pauvre, il lui manque un trou à remplir avec sa bite dans le cadre du mariage.

Et ces pauvres Indiens, il leur manque pour soulager leurs couilles des filles à marier. C'est donc que les filles à marier servent ici de vide-couilles aux maris. Ça les calme un peu et ils ne violent plus que discrètement, « dans le cadre du mariage », leur femme ou leurs filles ! Quelle belle estime ici pour le mariage !

Notre société est malade. Ses condamnations du viol sont quelquefois des condamnations des victimes de viols. Ainsi, quand parlant du viol incestueux certains commentateurs parlent de « meurtre psychique ». Pensent-ils à l'effet de ces mots sur les victimes survivantes ? Elles n'auraient guère plus autre chose à faire que se supprimer !

Pour prévenir les viols, il faut mettre en garde les hommes sur l'origine de ceux-ci. Il s'agit d'un dérèglement de l'appétit sexuel combiné avec les effets d'une mauvaise éducation machiste. Le dérèglement de l'appétit sexuel est causé par la pratique régulière de la masturbation à partir de l'âge de 12-13-14 ans. Au bout de dix années de branlette quotidienne le garçon se sera branlé 3650 fois ! Et on prétend que ça n'a aucune conséquence psychologique et physiologique ! Bien sûr, de nos jours, dès qu'on critique la sacro-sainte masturbation on se fait traiter de curé. Car les curés ont condamné la masturbation en tous cas manuelle. Ils ont aussi condamné la guerre ou la torture. Si on condamne la guerre ou la torture, se fait-on traiter de curé ? Mais mettre systématiquement en doute et tourner en dérision ceux qui critiqueraient la baise tout azimuts est très à la mode aujourd'hui. On le fait souvent chez nous en faisant référence aux curés, au pape ou à la religion.

Il faut dire à tous les hommes : « branlez-vous si vous voulez. Mais sachez que cet acte qui n'est pas anodin, ne fait pas forcément du bien même s'il est agréable. Car il perturbe votre appétit sexuel, ce qui a pour résultat d'engendrer une discorde entre vous et les filles. Vous aurez envie tout le temps de baiser, elles non. Quant à la pornographie, c'est une saloperie commerciale qui renforcera le désaccord affectif entre les filles et vous. » Il faut que les hommes soient conscients de l'existence de la toxicomanie masturbationnelle endorphinique masculine. Après, c'est à eux de prendre leurs responsabilités et faire leurs choix de vie.

Il faut également mettre en place une thérapie efficace, c'est-à-dire des soins efficaces pour les violés. La violence physique et morale sans limites du viol se soigne par la douceur physique et morale strictement encadrée.

Un viol est une blessure. On ne saurait soigner une blessure simplement avec des propos doux et rassurants, même s'ils aident à soulager la souffrance. Il faut des soins physiques. Le viol est une agression violente. Il faut en réaction contre elle donner des caresses pacifiques et rassurantes. Dans un cadre correctement éclairé, en présence de tiers proches, faire de douces caresses sur des parties sensibles de la victime non connotées comme « sexuelles ». Telle est la base du traitement.

Ces parties non connotées comme « sexuelles » sont la tête, le cou, le haut du dos, les bras, les jambes au dessous des genoux. Il faut que la personne violée se ré-apprivoise progressivement au contact tactile rassurant. Ce genre de traitement s'effectuant bien sûr avec un patient habillé autant qu'il est possible sans contrarier les soins. La caresse sera similaire à celle donnée par les petits enfants. Il s'agit d'un toucher particulier et très doux difficile à expliquer ici avec des mots.

La seule difficulté pour mettre en place de tels soins étant l'hégémonie des traitements verbeux ou médicamenteux aujourd'hui privilégiés. Sans compter qu'il existe un pouvoir des spécialistes médecins ou non qui verraient d'un mauvais œil des soins concurrents des leurs. Surtout s'ils se révèlent plus performants et efficaces. Beaucoup de traitements de personnes choquées, notamment par des viols, sont également des sources de revenus non négligeables. Ce qui sera une raison de plus pour certains profiteurs de s'opposer à des traitements basés sur des caresses. Si par chance les résultats sont rapides et positifs, les spécialistes traditionnels actuels mis au chômage n'apprécieront pas. Ni les laboratoires pharmaceutiques commercialisant des spécialités dont on n'aura alors plus besoin. Le traitement des violés est aussi une source d'argent et un enjeu commercial. Certains défendront d'abord leur gagne-pain avant la santé des victimes. C'est à ces dernières et leurs amis qu'il appartiendra de mettre en place ces nouveaux traitements à base de caresses.

Basile, philosophe naïf, Paris le 3 septembre 2016