vendredi 19 août 2016

617 Bonheur mode d'emploi ???

Sur Internet on trouve de tout s'agissant de la sexualité, et pas seulement un torrent de pornographie. On y trouve des conseils prétendant vous expliquer comment il faut faire pour être grâce au sexe parfaitement heureux et équilibré... eh oui ! M'sieurs-dames, rien que ça : le bonheur est dans le slip, le lit est le centre du monde. Nombre des précieux conseils que j'ai pu glaner en peu de temps sur Internet m'ont donné l'occasion de bien rire ! Ou bien pleurer, si je les prends au sérieux.

Le propre de tous ces jolis sites Internet est de prétendre qu'il existerait un domaine particulier, « le sexe », qui fonctionnerait en quelque sorte de façon indépendante du reste de la vie. Un peu comme si l'appétit pour manger serait distinct de l'alimentation. Alors que les intentions jouent un rôle fondamental dans la relation entre des humains, ici la relation seule serait en quelque sorte un produit de consommation. Je voudrais du sexe, premier choix, qualité bouchère, cordon rouge !

Pourtant, peut-on dire que j'apprécie une femme si je la caresse ? Bien sûr que si. Si le faisant j'apprécie sa sensibilité, sa réceptivité, son bonheur d'être caressée. Et pas « sa viande » comme le ferait un vulgaire dragueur. Mais pousser la compréhension de la relation jusqu'à ce point dépasse visiblement et de très loin les capacités de nombre de brillants conseilleurs trouvés sur Internet.

On trouve sur Internet quantité de sites qui descendent en flammes la masturbation... quand elle est manuelle, mais pas quand on remplace la main par un orifice sui generis d'un ou une partenaire. Se branler dans la main est condamné. Se branler dans un vagin, une bouche ou un anus est encensé. Ainsi je lis sur un site masturbophobe, dans une liste de « remèdes » à la masturbation : « vivez et pensez à planifier votre sexualité avec une ou un partenaire bien réel. »

On voit ici la morale traditionnelle montrer le bout de son nez. Faire sexe doit se faire dans les règles et dans les vases ad hoc. Il faut utiliser un partenaire ou une partenaire bien réel, et alors tout va bien.

Sur un site Internet vantant l'amour libre, il est précisé que « l'amour libre » implique « bien évidemment le respect de la parole donnée qui est la condition impérative de l'harmonie dans une société libre. » Ainsi, la morale traditionnelle qui est présentée comme niée est rétablie aussitôt au nom de « l'harmonie ». Harmonie dont la nature et le contenu exact n'est pas précisé.

Sur un site Internet prônant la jouissance, l'auteur s'empresse de préciser qu'il n'y a pas de « vraie jouissance sans confiance, et pas de confiance sans attachement. » Là également la morale traditionnelle est plébiscitée, au nom de la « vraie jouissance ». En quoi consiste cette « vraie jouissance », et aussi quelle est la nature de la fausse que l'existence de la vraie implique visiblement ? Mystère.

Le moteur du « sexe » serait « le désir ». Moteur indispensable, car sinon, oh horreur ! À en croire un site Internet, votre « relation de couple » risquerait très rapidement de se transformer « en amitié », voire pire encore : « en relation de voisin de palier » !

Mais là, apparaît un problème : Monsieur veut tout le temps, pas Madame, comment peut-on arranger ça sans déranger Monsieur ? D'abord l'excuser, le pauvre, s'il emmerde sans arrêt les nanas en prétendant les sauter, ce n'est absolument pas de sa faute ni de sa responsabilité. C'est la faute à la testotérone. Il n'est pas infidèle, il est juste plus motivé pour le cul que Madame, qu'il reluquera avec insistance quand il rentrera le soir du boulot. Et puis aussi, s'il est perpétuellement en train d'emmerder les nanas, c'est à cause de sa conformation physique. Son pénis est dehors. Tandis que le vagin est dedans. Tout le problème vient d'une question de différence de morphologie. Si ! Si ! C'est vrai. Je l'ai lu sur Internet.

Continuant à excuser le priapisme masculin, un autre site Internet l'explique par « le désir de procréation présent chez l'homme depuis la nuit des temps. » Connaissant la mentalité et les discours des dragueurs, on a ici le droit de rire.

L'ignorance de la physiologie masculine amène un site Internet à présenter l'éjaculation comme « le plaisir ultime » de l'homme. Sachant que le plaisir donné par l'éjaculation peut s'évaluer de moins seize à plus seize, on voit l'ignorance dont témoigne ce propos. Ignorance qui éclate deux phrases plus loin, quand le même auteur prétend que l'érection du réveil est « sexuelle » alors qu'elle ne l'est pas. Et n'a rien à voir avec un quelconque désir de coït.

Mais quand l'homme le soir a une érection réglée à trois heures vingt et pas à midi ou treize heures, et se réveille avec une érection réglée sur midi ou treize heures, il veut en profiter et empêche sa compagne de finir sa nuit de sommeil. Son priapisme frénétique conduira un jour l'homme à voir son sexe obstinément réglé sur six heures et demi. Mais ça viendra plus tard.

L'appétit sexuelle de l'homme, qui est une faim permanente et inassouvissable causée par la masturbation et alimentée par la pornographie, se retrouve sur un site Internet appelée à être calmée... par la cause-même. Il est conseillée à l'épouse harcelée de suggérer à l'homme de se masturber pour arriver à ce qu'il la laisse dormir tranquille la nuit. Mais ce n'est pas tout. Comment assurer à l'homme de pouvoir continuer à harceler tranquillement sa compagne ? Un site Internet répond à cette question.

Il faut que la dame parle au monsieur, mais sans oublier que l'homme est persuadé de « prouver son amour » en baisant. Et une excuse de plus, une !

Mais attendez, restez avec lui, Madame, avec le temps la testostérone sera produite en quantité moindre, votre partenaire surexcité et insupportable se calmera. Il deviendra tendre... Précision qui indique que jusqu'à présent il ne l'était pas. En attendant, ne le rejetez pas. C'est tout juste l'affaire d'une attente longue de quelques petites décennies. Une fois de plus, on voit ici la morale traditionnelle se pointer. Madame, supportez votre mari, c'est votre devoir. Y compris s'il est odieux au lit. Et, cerise sur le gâteau, votre libido croitra cependant que celui de votre seigneur et maître décroitra. Pour trouver enfin le point d'accord parfait. Et ce sera l'accord de la libido des deux mammifères de sexe opposé, et vous parviendrez à une vie sexuelle épanouissante. A condition, une fois encore, que la femme se soumette à l'homme... Ce genre de conseil montre bien qu'au nom de la « sexualité » on repasse le vieux plat réchauffé du machisme le plus traditionnel. Peu importe le sujet, ici encore, on conseille à la femme d'être juste un élément de mobilier dans la vie de l'homme. Je ne suis pas du tout d'accord avec ce mode de voir les choses.

Beaucoup de femmes également, qui font y compris momentanément des efforts d'adaptation à la sexualité dérangée de leur compagnon. Et finissent un jour par en avoir assez et le plaquent.

Il est tellement plus simple, au lieu de suivre ces « précieux conseils sexuels » sur Internet, de tout simplement s'écouter. Et ne pas suivre la mode mais sa nature et son authenticité personnelles. Il faut oublier la mode qui hier disait qu'il ne fallait pas baiser, ou si peu, juste pour se reproduire. Et qui prétend aujourd'hui qu'il faudrait baiser tout azimuts et en permanence pour trouver le bonheur.

Il n'existe qu'une seule recette de bonheur, qui est de vivre. Et justement d'éviter de suivre des listes de recettes qui sont par définition toutes fausses. La vie n'est pas un livre de cuisine à feuilleter pour organiser un bon repas. C'est autre chose, de bien plus varié, vivant, imprévu et passionnant.

Basile, philosophe naïf, Paris le 19 août 2016

jeudi 18 août 2016

616 L'amour libre est non désirant

A partir de l'âge de 12, 13 ou 14 ans, la plupart des garçons s'auto-droguent avec la masturbation. Ils sont endorphinomanes. La sensation accompagnant leur éjaculation fonctionne chez eux comme un flash de drogue. Leur appétit sexuel détraqué, ils vont souffrir leur vie durant d'une faim sexuelle permanente et inassouvissable qui éloignera d'eux les femmes. Car elles ne sont pas dérangées comme eux. Cette faim sexuelle masculine permanente et inassouvissable expliquera quantité de comportements. Dans le domaine des idées elle avalisera une conception impérative de la relation sexuelle. Apparaîtra et sera plébiscitée par les hommes une sorte de concept d'obligation sexuelle. Si une femme est sexuellement « appétissante » il sera obligatoire de chercher le coït avec elle. Si une situation ou un état est considéré comme « sexuel », par exemple la nudité, il faudra soi-disant absolument chercher le coït ou son équivalent : la masturbation. Cette manière de faire empêchera la relation avec les femmes ainsi que la sérénité intérieure. Il n'existe pas d'obligation sexuelle. Cette faim permanente relève de la maladie. Renoncer à l'auto-droguage et retrouver le chemin de l'authenticité est la seule réponse à cet état de crise permanent entre l'homme et la femme.

J'ai commencé à exposer à des tiers cette façon de voir les choses. Quelles réactions ai-je rencontré ?

Chez les femmes, sauf trois, l'approbation, chez les hommes c'était moins évident. La première femme a qualifié mes idées de « curieuses » et m'a fait une récitation de Freud. Quand la seconde m'a cité Platon, je l'ai tout de suite arrêté : « stop ! Je ne suis pas intéressé par le contenu de tes lectures, mais par ce que tu ressens. »

Elle m'a alors dit qu'une relation amoureuse non désirante pouvait exister chez des personnes très jeunes et vierges. Mais qu'après c'était moins évident. Conclusion donc : l'amour non désirant n'existe pas.

Le compagnon de cette dame m'a sorti la réponse passe-partout : « s'il n'y a pas de désir, alors c'est de l'amitié. Ou c'est de l'amour au sens large. » En torturant ainsi la sémantique on en vient à la même conclusion : « l'amour est forcement désirant. Le coït, sa recherche, est incontournable. »

Tout ceci parce qu'on admet que le désir est permanent. Mais si on reconnaît qu'il n'est pas permanent. Chose qu'on constate pour peu qu'on écoute vraiment son organisme. Alors l'amour peut exister sans être désirant. Il n'est donc plus limité par une obligation sexuelle coïtale maladive.

Cette obligation sexuelle coïtale maladive se révèle être le principal obstacle à l'amour. La prétention à ramener systématiquement le coït dès qu'il s'agit de l'amour ne l'exalte pas, mais lui coupe les ailes. Sans cette obligation, on peut être amoureux sans limites d'hommes ou de femmes. On libère l'amour de ses chaînes machistes et culturelles qui l'empêchent de s'épanouir librement.

La perception du monde, des autres, de la vie change. Le comportement se modifie aussi. L'état physiologique se modifie également. C'est comme si une porte s'ouvrait là où il n'y en avait apparemment aucune et découvrait une large voie vers un inconnu oublié, éclairé et passionnant.

Il appartient aux hommes de faire l'effort pour retrouver le chemin perdu du cœur des femmes et de l'authenticité oubliée. Sinon, seul continuera à n'exister comme amour authentique que celui des femmes pour les petits enfants. L'homme doit enfin comprendre que ce n'est pas en lui tournant le dos et se croyant maître et dominant qu'il trouvera l'amour. Et retrouvera l'unité humaine.

Basile, philosophe naïf, Paris le 18 août 2016

615 Libérer la parole prisonnière

Chez les humains des deux sexes d'aujourd'hui, en tous cas en France et à Paris, et certainement aussi en de nombreux autres lieux, la parole n'est pas libre. J'entends ici s'agissant spécifiquement de la relation particularisée entre les sexes. Relation considérée souvent comme « sexuelle » ou « relevant de la sexualité », sans trop de précisions quant à ses limites exactes.

S'agissant de leur première et principale activité sexuelle, les hommes n'en parlent autant dire jamais. Il s'agit bien sûr de la masturbation, qu'ils pratiquent dès l'âge de 12-13-14 ans et tout le long de leur vie. Remplaçant à l'occasion leur main par un orifice naturel d'un ou une partenaire utilisé comme substitutif. Et non dans le cadre d'une relation sexuelle effective entre deux êtres humains.

Dans l'art et la littérature, je n'ai trouvé parler de la masturbation que dans les souvenirs de Cavanna et dans une chanson de Manu Lods. Dans la vie courante, j'ai croisé des milliers de personnes depuis ma jeunesse. Je n'ai rencontré qu'une seule et unique fois un jeune homme un peu « rock'n rolle » qui s'est exclamé devant un groupe qu'il s'était masturbé ce jour-là et s'en était bien ressenti. Sinon, c'est le silence absolu.

Dans ma famille, j'ai deux frères. Seul l'un d'eux y a fait devant moi une vague allusion une seule fois. L'autre, je ne l'ai jamais entendu évoquer ce sujet. Qu'il a certainement « abordé » pratiquement, vu son goût pour l'achat de revues aux photos féminines dénudées que je lui ai connu.

S'agissant de mon père, il ne m'en a parlé que deux fois. Quand j'étais enfant, je feuilletais un ouvrage médical rédigé par un médecin catholique très puritain. Et tombe sur une page traitant un maux de santé inconnu : la « masturbation ». Je ne connaissais pas le sens de ce mot. Je demande à mon père quel est sa signification. Il me répond que c'est quand quelqu'un se frotte cet endroit là. Et pourquoi donc ? A ma question ainsi formulée, il me répond : « parce qu'il est fou. » Ma mère, présente et qui a tout entendu, n'ajoute rien à ces propos paternels ineptes et culpabilisants. Des dizaines d'années plus tard, j'interroge mon père. Il a passé durant la dernière guerre trois années en captivité en qualité de prisonnier de guerre français. Je le questionne à propos de la captivité : « et l'absence de femmes, ça n'était pas trop dur ? » Il me répond : « non, il y avait la masturbation. »

La masturbation est un sujet tabou chez les garçons. En tous les cas ceux que j'ai pu approcher durant ma vie. Ils n'en parlent jamais. Ou alors, il n'en parle pas librement, leur parole est comme prisonnière.

S'agissant des femmes, celles-ci ne parlent jamais aux hommes du harcèlement sexuel permanent qu'elles subissent tous les jours. Et qui peut culminer au viol, dont elles ont une crainte permanente. Une femme en général ne dira jamais simplement non à un homme qui la harcèle, mais invoquera un motif extérieur à sa volonté. Elle dira par exemple : « je ne peux pas te dire oui, parce que je suis amoureuse. » Et non pas : « je te dis non, parce que je n'ai pas envie de ce que tu me propose. »

La critique du comportement sexuel masculin est très rarement faite ouvertement. J'avais tout dernièrement exposé mon point de vue critique sur le comportement sexuel masculin courant. Mon interlocutrice se retrouve peu après devant moi en compagnie de deux hommes proches d'elle. Elle fait une brève allusion sans précisions à notre conversation et passe très vite à autre chose. Dans notre société on a appris aux femmes à se taire. Éviter de parler de façon critique du comportement sexuel masculin courant. Là aussi la parole n'est pas libre. Il serait grand temps que la parole se libère. Sinon, comment pourrons-nous avancer ? Pour ma part, je fais des efforts en ce sens.

Basile, philosophe naïf, Paris le 18 août 2016

vendredi 5 août 2016

614 La perturbation générale permanente de la sexualité humaine

La faim sexuelle permanente produite par la masturbation masculine régulière est une faim inassouvissable qui perturbe en permanence la sexualité humaine. Cette perturbation est omniprésente dans les relations homme-femme et empêche la bonne entente.

Voilà deux jeunes filles de quinze ans. Elles sont déjà des petites femmes depuis plusieurs années. L'amour, le sexe ? Elles en rêvent. Pour elles ça doit être quelque chose de fameux, inénarrable et qui plus est un passeport d'entrée dans « le monde des adultes ». Les parents ne sont pas opposés à ce que leurs filles aient diverses expériences. La contraception est là pour éviter une maternité trop précoce. Bref, rien ne s'oppose aux desseins de ces vaillantes jeunes et jolies filles. Rien ne s'oppose, sauf l'inconduite des garçons. Chaque fois qu'une de ces deux jeunes filles commence à choisir l'heureux élu qui aura le privilège de lui ôter sa virginité, elle le jauge. Et cherche à bien choisir. Et sent que quelque chose cloche, qu'elle va qualifier comme étant de la « grossièreté ». En fait, ce qu'elle perçoit, c'est que le garçon n'est pas attiré, motivé par elle. Mais qu'à la base de sa conduite il y a autre chose, de bien peu ragoutant pour elle. Le jeune homme est en fait motivé par la masturbation, qu'il souhaiterait reproduire dans un vagin accueillant. Il n'a pas envie de « faire l'amour », mais de se branler autrement. Alors, finalement et pour la énième fois, la jeune fille passe son chemin. Non, encore une fois, ce ne sera pas l'occasion de faire la fête des corps dont elle rêve.

Un père adore sa fille. Celle-ci croit qu'il ne l'aime pas particulièrement. Motif : il est physiquement glacé avec elle, pas même juste un bisou sur la joue ! En fait, conditionné par sa faim sexuelle artificielle et permanente, son père ne connaît comme tendresse « physique » que celle qui mène au coït. Résultat, il lui est impossible d'exprimer gestuellement un amour exempt de désir sexuel, comme celui qu'il éprouve pour sa fille.

Le plus étonnant est que son comportement, que sa fille lui reproche, elle l'a adopté elle dans sa vie amoureuse. C'est comme un modèle à suivre. Elle est très distante et froide avec les garçons en général. Et quand l'un d'eux lui plaît, elle pratique une communication sommaire, et très ouvertement sexualisé.

Cependant, elle se fixe des limites à cette sexualisation. La morale traditionnelle, sa jeunesse lui servent de points d'appuis pour ne pas aller « trop loin ». C'est-à-dire faire l'amour alors qu'elle n'en a pas envie dans les conditions qui lui sont proposée. Et où elle sent qu'il n'y a pas d'authenticité et de respect pour elle.

La faim sexuelle permanente et inassouvissable des garçons peut se fixer avec avidité sur un objet unique. Ainsi le garçon passera des années à poursuivre de ses assiduités une même fille. Il lui donnera une place prioritaire dans sa vie. Y compris si elle ne lui a jamais demandé cette place.

La faim pourra aussi poursuivre un nombre multiple d'objets. Ainsi, un homme consacrera tout son temps libre à construire des plans plus ou moins réalisables pour amener le plus grand nombre de filles dans son lit. Et, à chaque succès enregistré, ne sera nullement satisfait. Car il poursuit un but irréalisable : calmer sa faim sexuelle permanente entraîné par sa pratique masturbatoire régulière.

Pour remédier à cette faim, il n'existe qu'une solution : renoncer à la cause de celle-ci. Cesser l'activité de masturbation régulière commencée vers l'âge de 12-13-14 ans. Il s'agit d'une toxicomanie endorphinique. Le garçon, puis l'homme, puis le vieillard, se drogue. Arrêter la drogue, c'est recouvrer la santé et s'ouvrir sur le monde. Et sur des relations véritables avec le sexe opposé. Certains le font. Mais bien peu parlent de ce problème et jamais objectivement.

Basile, philosophe naïf, Paris le 5 août 2016

jeudi 4 août 2016

613 La douceur des épaules et la tendresse des bras

Dans notre société française et parisienne on ne voit de la beauté féminine que la vision charnelle, sommaire du « corps » : arrondi des fesses, fuselé des cuisses, fermeté et taille des seins, ventre plat, chevelure soyeuse, courbure de la nuque, etc. Alors qu'il existe bien d'autres points forts de la beauté féminine. Je vais citer ici deux exemples, volontairement choisis chez des grands-mères.

Récemment, je fais la bise à une grand-mère. Et le faisant lui prend les épaules dans mes mains. Il faisait chaud, elles étaient nues. J'ai senti sous mes mains une peau d'une douceur incroyable.

Pas plus tard qu'aujourd'hui, une autre grand-mère souhaite être prise en photo avec moi. Comme je suis assis et qu'elle est petite, elle prend mon épaule avec sa main. J'ai senti à ce contact une très grande tendresse et très grande sensibilité au toucher. Rien à voir avec une prise d'épaule formelle pour faire une photo. Cette grand-mère que je ne connais pratiquement pas est visiblement au contact une personne très sensible et douce.

Ces appréciations de la beauté n'ont rien à voir avec les discours souvent entendus au sujet de la « beauté » féminine. Discours ressemblant à celui d'un boucher traditionnel vantant les qualités d'une bête sur pied qu'il choisit pour l'envoyer à l'abattoir. « Moi, me disait un dragueur, je regarde d'abord les seins et la bouche et aussi les yeux. » C'est du romsteck première qualité, vous m'en remettrez une tranche ?

Les hommes, qui se masturbent pratiquement tous et régulièrement dès l'âge de 12-13-14 ans, usent très largement de la pornographie. Celle-ci va formater leur regard. Et les rendre insensibles aux qualités autres que celles mises en avant et référencées dans les vidéos et photos pornographiques.

On comprend mieux dans ce cas les propos excédés des femmes et jeunes filles se plaignant d'être détaillées comme du bétail et dénudées du regard par quantité d'hommes. Habitués au flash de drogue de l'éjaculation masturbatoire, un grand nombre d'hommes oublient toute discrétion. Ils pensent plus à leur drogue qu'à la réalité de la personne humaine de sexe féminin qu'ils observent.

A lire les débats sur certains sites Internet, on voit que la seule préoccupation de certains hommes est exclusivement de parvenir « à conclure ». Et nullement de faire la connaissance de la fille qui les intéresse. Un dragueur m'a assuré un jour que pour connaître une fille il suffisait de coucher avec !

Cette « conclusion », cet acte qu'on dit être un « acte d'amour », étant le plus souvent lui-même d'une misère sensuelle extrême. Car il ignore largement tout le charme d'une relation tactile entre deux humains. Relation qui n'implique nullement systématiquement de parvenir à l'acte sexuel.

J'ai rencontré par deux fois des jeunes filles qui avaient déjà eu des amants. Et aucun de ceux-ci ne leur avaient au moins une seule fois caressé le dos ! Ils étaient trop occupés « ailleurs ». De même, j'ai rencontré des femmes auxquelles on n'avait jamais offert des fleurs ! Alors qu'elles avaient déjà eu des amants.

Savoir apprécier l'autre et lui faire plaisir devrait pourtant être le b-a-ba de l'amour. Et bien non, il existe des amants qui ne savent pas apprécier leur compagne et lui faire plaisir. Ce n'est quand-même pas si compliqué que ça, caresser un dos et offrir des fleurs !

Quand on ne sait pas le faire, il ne faut pas s'étonner si on collectionne les déconvenues avec la gent féminine. Avant de prétendre aimer, il est indispensable de respecter, apprécier, savoir faire plaisir.

Basile, philosophe naïf, Paris le 4 août 2016

612 Mythes de l'équivalence sexuelle et de la friend zone

En 1972, un célèbre tract intitulé « Apprenons à faire l'amour » fit des remous. Il fut distribué aux élèves de certains lycées parisiens. Ce tract prétendait notamment expliquer le fonctionnement d'un orgasme. En sommes, à en croire son texte, il existerait un orgasme type auquel tout le monde postulerait. Ce point de vue erroné pouvait peut-être s'excuser il y a bientôt cinquante ans. Mais aujourd'hui, des sites Internet continue à ânonner le même discours. Selon celui-ci existerait une sorte d'équivalence sexuelle. A partir du moment où on a mis un zizi dans un troutrou, tout se passerait pareillement si tout se passe bien.

Pourtant il est évident que le contexte relationnel et la nature des rapports entre les partenaires en présence jouent un rôle fondamental. Et bien non, selon ce concept encore répandu, tous les orgasmes se ressemblent. Il y aurait à chaque fois quatre phases : excitation, plateau, orgasme, résolution. Tout le monde serait logé à la même enseigne. Ainsi il serait normal, selon un site Internet que j'ai consulté aujourd'hui, de prendre dix minutes à un quart d'heure pour la première phase. Puis, dans la seconde, on chercherait le plaisir. Dans la troisième, sauf problèmes, on le trouverait, et ainsi de suite. On imagine l'équivalent culinaire : dans la première phase l'appétit et la faim vous font baver. Dans la seconde on apprécie les plats. Dans la troisième on trouve la plénitude du bonheur. Et dans la quatrième, rassasié, on digère.

Ce rapport sexuel type est un mythe. Un autre mythe est celui de la friend zone. Soi-disant il existerait une zone maudite des dragueurs. Celle où leurs proies féminines les précipiteraient à l'occasion. Zizi exclu, il ne s'agirait plus que d'amitié. A cette friend zone répondrait en quelque sorte une autre zone, qui elle serait bénie des dragueurs. Une zone où la proie féminine désirée deviendrait une machine à satisfaire l'homme et lui faire tout ce qu'il désire. Peut-être cette zone imaginaire et rêvée pourrait s'appeler la fuck zone ?

La friend zone, de même que la fuck zone, n'existent pas. Simplement, quand le dragueur ramène son sempiternel zizi, il arrive le plus souvent que la proie féminine rétive le prie de le remballer et passer à autre chose. Alors, pour ne pas voir la simple réalité, on invente le concept de friend zone. Il évite au dragueur de chercher à comprendre la situation et se remettre en question.

Aucune femme, y compris jeune et jolie, n'est par principe et d'emblée hostile au contact avec un homme. Contact qui peut ou non impliquer toutes sortes de choses dont le fameux « rapport sexuel » en question. Mais, imaginez que vous êtes une femme qui aime les éclairs au chocolat. Que de partout accourent des centaines de personnes avec des caisses entières contenant des milliers d'éclairs au chocolat. Et qu'on cherche à tous prix à vous les faire bouffer. Ça vous tenterait ?

Et si vous rencontrez juste un unique homme avec un unique éclair au chocolat, alors que vous n'avez pas faim, qui cherche à tous prix à vous le faire manger ?

Et si vous en avez envie et qu'il vous l'écrase sur la bouche et cherche à vous le faire dévorer à toute vitesse ?

Et après, si vous résistez à ces différents porteurs d'éclairs au chocolat, ils diront : « comme c'est étrange, elle n'aime pas les éclairs au chocolat ! » Ou bien encore : « elle ne sait pas ce qu'elle veut », ou : « elle est capricieuse », etc.

Remplacez l'éclair par le zizi. Et vous aurez le tableau classique des problèmes rencontrés par le dragueur myope et contrarié qui refuse de voir la réalité des femmes.

Basile, philosophe naïf, Paris le 4 août 2016

mercredi 3 août 2016

611 Délires sexuels d'été sur Internet

Cet été, quand je me promène sur Internet en cherchant des propos sur la sexualité, je trouve des choses extraordinaires comme exemples de propos déconnectés de la réalité. Ainsi, je lisais : « À l'inverse de la pornographie, on peut préférer vivre dans une société où les enfants apprennent que les rapports sexuels gagnent à s’inscrire dans des projets durables. » Diable ! Pour s'opposer à la pornographie, voilà les histoires de zizis appelés à s'inscrire dans des projets durables. De quels projets s'agit-il précisément ? Mais faire des enfants, pardi, et les élever...

A lire ses critiques, la pornographie influencerait les hommes. C'est d'abord le contraire : ils sont prédisposés à celle-ci et cela crée un marché pour les fournisseurs de pornographie. Si cette dernière n'avait aucun succès potentiel on n'en produirait pas ou on en produirait moins.

Ce discours sur l'homme faible et influençable avalise le mythe de l'homme innocent et perverti, tenté par des dépravés. L'homme qui se masturbe régulièrement toute sa vie et dès l'âge de 12-13-14 ans fait bon accueil à la pornographie. C'est la clé de son succès. On ne saurait disjoindre la pornographie de la pratique masturbatoire dont on évite bien souvent de parler. En prétendant faire de la pornographie un sujet « à part ». Un auteur disait jadis que les ouvrages pornographiques se lisait d'une main.

Critiquant la pornographie, un site Internet explique que son tort est de montrer aux enfants des rapports sexuels « adultes ». Mais, en quoi consistent-ils ? S'embrasser sur la bouche ce serait là des rapports sexuels enfantins, sodomiser une femme des rapports sexuels « adultes » ? Et ne rien faire, ce serait quoi, alors ?

Peut-on interdire la pornographie ? Non, par contre on peut convaincre de renoncer à elle.

Selon beaucoup, la masturbation enfantine ou adulte serait la même chose. Ce n'est pas vrai. C'est deux choses complètement différentes chez le sujet masculin. Car l'enfant ignore l'éjaculation.

Sur divers sites Internet prétendant nous conseiller pour draguer efficacement en vacances sur la plage, on trouve des conseils comme celui-ci : « Soyez direct, ne perdez pas de temps ! » Donc dites aux jeunes filles : « vous êtes des morceaux de viande, venez dans mon assiette ! »

Autre propos sur un de ces sites : comment s'y prendre pour « CHAUFFER une Femme ». En lisant ça, faut-il rire ou pleurer ?

Il est aussi recommandé aux dragueurs d'éviter de tomber avec les jeunes filles dans la friend zone. À bas l'amitié ! Vive le cul ! Voilà des rapports qui iront loin. Pas sûr aussi que les filles belles et intelligentes s'y laisseront prendre.

Justement, ce qui emmerde le plus les dragueurs, c'est que les filles puissent regarder, comprendre, raisonner, analyser... bref, qu'elles sont des êtres humains et pas des mouchoirs jetables vivants. À utiliser pour satisfaire les pratiques onanistes masculines habituelles. Et, chose qui ne gâche rien, les filles font preuve d'un humour féroce pour se moquer des dragueurs en gros sabots. L'une d'elle, étrangère parlant seulement un peu le français, s'est amusée ainsi, m'a-t-elle raconté un jour. Elle a annoncé à un jeune homme qui la draguait « avoir donné son corps à un ami ». Croyant à une erreur de français, le dragueur l'a corrigé : « on ne dit pas ça, c'est sexuel ». En fait elle avait effectivement « donné son corps » à cet ami. Et s'était amusée ensuite à le raconter très innocemment. Les jeunes filles sont souvent bien plus matures que les jeunes hommes qui leur courent après.

Basile, philosophe naïf, Paris le 3 août 2016