dimanche 23 novembre 2014

305 L'origine des anathèmes

Dans le texte précédent de ce blog j'observais l'usage bizarre que les humains faisaient d'anathèmes consistant à attribuer à quelqu'un un qualificatif qui le faisait passer du rang de congénère à celui de démon. Qualificatif qui pouvait être varié, mais ayant chaque fois pour conséquence que le qualifié ou la qualifiée cessait d'exister en tant qu'interlocuteur, collaborateur possible ou ami. Et devenait un monstre. Ce genre de non pensée interpelle. D'où tire-t-il son origine, y compris chez des humains réputés raisonneurs et intelligents ? Pourquoi un tel raisonnement digne des Papous – que les Papous m'excusent cette digression déshonorante pour eux, – a-t-il autant de succès ?

L'origine des anathèmes se trouve dans l'ardent besoin d'amour universel qui gît au fond de chaque humain. Quand Jésus s'exclame : « tous les hommes sont frères ! » « aimez-vous les uns les autres ! » sa parole traverse les siècles. On s'empresse également de le trucider. On s'aime, et aussi depuis deux mille ans, on s'entretue joyeusement en son nom. On tue au nom de la « religion de l'amour », y compris avec des raffinements de cruauté en brûlant vif les « hérétiques ».

En 1992, Galilée a été « réhabilité » par le Vatican. On en a beaucoup parlé. En revanche on s'est beaucoup moins fait l'écho de la confirmation simultanée de la condamnation de Giordano Bruno. Sans ajouter néanmoins la confirmation du sort qui lui fut réservé, assavoir brulé vif pour ses idées.

De nos jours, les penseurs qui dérangent ne sont pas toujours mis à mort. On se contente de les ignorer. Ou de mettre en valeur uniquement la partie de leurs écrits qui ne dérange pas. Tout en laissant dans l'ombre le reste.

Il en est de même des écrivains. On vantera les poésies sentimentales de Marceline Desbordes-Valmore. On oubliera celles qu'elle a consacré à l'insurrection des canuts lyonnais.

En sculpture aussi : on exposera au musée Rodin à Paris tout un tas de ses œuvres. Une immense table couverte de petites sculptures : « les érotiques », figurant des couples accouplés, reste obstinément cachée dans les réserves et officiellement semble « ne pas exister ». Quand on ne peut pas cacher un tableau de Courbet figurant un couple de lesbiennes endormi et enlacé, on le présentera au musée du Petit Palais à Paris sous le titre de : « Le sommeil ». Alors que le titre d'origine est : « Après ». Les deux autres toiles : « Avant » et « Pendant » ont été détruit par les douanes suisses quand leur propriétaire, Juif fuyant l'invasion nazi durant la guerre, s'est présenté à la frontière avec les trois tableaux. Ces précisions connues des spécialistes, je les ai lu dans un livre d'André Lhote, artiste et écrivain que mes parents ont connu. Je l'ai moi-même rencontré enfant, quand ma mère avec un de mes frères, moi et ma sœur, lui avons rendu visite chez lui, dans le quatorzième arrondissement. Je devais être bien jeune. Car des années après il est mort en 1962.

Mon frère Michel lui ayant montré ou offert un dessin à la gouache, fut horriblement blessé et vexé quand le grand artiste lui fit remarquer qu'il fallait « commencer par le fond » sa peinture !!

Cette critique était bonne pour un adulte. L'enfant qu'était Michel l'a pris comme un véritable affront. Il faut dire que dans ma famille les enfants étaient tous des génies. Ou du moins étaient supposés tels. Pour ma mère, on imagine que c'est plutôt normal et logique. Pour mon père, la démarche s'explique par ses origines aristocratiques.

Fermons cette parenthèse et revenons-en au sujet abordé ici : l'origine des anathèmes.

Les humains rêvent tous au fond d'eux-mêmes à un monde d'amour et de paix universels. Anne Franck écrivait : « je crois à la bonté foncière des hommes ». Vu le sort qu'elle a connu, on serait très sérieusement tenté d'en douter. La voir assassiner avec sa famille et des millions d'autres innocents au nom d'une fumeuse, absurde et révoltante théorie sur le sang « pur » et les races, bonnes ou mauvaises... ne donne pas trop envie de croire à cette « bonté foncière ».

La persistance de ce désir d'amour universel en dépit de toutes les horreurs qu'a connut, connaît et connaitra hélas encore l'histoire humaine, témoigne d'un fait extrêmement positif : le mal est à la base un phénomène étranger à l'homme. Il est le produit non de sa nature, mais de sa culture. De la perturbation culturelle, du progrès qu'il a initié innocemment. Et que le singe qu'il est n'est toujours malheureusement pas parvenu à gérer. Le mal n'a pas toujours existé. Il pourra donc disparaître.

Le besoin d'amour ardent qu'il ressent, fait que l'homme, qui ne comprend pas pourquoi cet amour manque à ce point, est si rare, cherche des coupables parmi ses frères. D'où l'usage et l'invention du vocabulaire des anathèmes. Si ça ne va pas, c'est à cause de ces salauds de X ou Y. Ou des « salauds » en général...

Le manque d'amour suscite alors aussi un autre phénomène étrange : la fascination pour le mal, la mauvaise conduite humaine. Voulez-vous avoir des lecteurs pour un livre ? Écrivez sur le terrorisme, le goulag, les camps de la mort, les génocides, les crimes et tortures les plus horribles. Voulez-vous ne pas avoir de lecteurs ? Parlez du bonheur, de l'amour, de la douceur, de la bonne entente, de la tendresse, de la générosité, des bisous et caresses désintéressés. On vous traitera de « naïf », de « rêveur », de « Bisounounours »... Vous savez, les « Bisounounours », ce dessin animé de la télévision où il n'y a que des gentils... des bisous et des nounours...

La fascination pour les méchants commence très tôt. Dès l'enfance, les monstres, vampires, méchants en tous genres et leur punition fascinent un très grand nombre de gosses. En 2001, j'entendais deux enfants de huit ou neuf ans commenter dans le métro parisien, les images de la télévision montrant la destruction des tours jumelles de New York. Vous savez, ces images qu'on a passé à l'époque en boucle... je suis heureux d'avoir toujours refusé de les regarder.

La fascination pour les humains qui se conduisent mal amène à rêver à leur antidote : les héros qui se conduisent bien, les redresseurs de tort, les « défenseurs de la veuve et de l'orphelin ». Réels ou imaginaires, ces figures hantent le tableau manichéiste du monde. Il faut trouver la solution qui nous rendra l'amour dont nous avons tant besoin.

Cet amour existe ou a existé : on imaginera que l'enfance de l'Humanité ou notre enfance à nous l'ont connu. Qu'il existe un endroit au moins dans l'univers où il y a ce bonheur. C'est le Paradis, situé dans l'au-delà ou sur Terre... Durant des décennies on a vu des centaines de millions d'humains croirent que le Paradis c'était les États-Unis ou l'Union Soviétique ou la Chine populaire ou la Suède ou la Yougoslavie. Quand le mur de Berlin est tombé, nombreux étaient les habitants de l'est de l'Europe qui croyaient que le capitalisme c'était le Paradis. Ils ont déchanté depuis.

Pour trouver ce bonheur inouï et tant désiré on voudra imaginer que quelqu'un de fabuleux va vous l'apporter. Il pourra s'appeler Adolf Hitler, Joseph Staline, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Sarkozy ou le Grand Amour d'une fille ou un garçon merveilleux...

Ou alors, ça ne sera pas un homme, une femme, qui amènera le bonheur tant désiré, mais le travail, l'émigration dans un pays donné, l'argent, la Révolution... Ou un acte d'éclat : tuer le président de la République ou le chef d'un parti politique qu'on hait, ou faire sauter le Sacré-Cœur de Montmartre ou un Macdonald en Bretagne.

Ou ce sera l'adoption d'un mode de pensée, ou plus exactement de non pensée qui sera sensée nous apporter miraculeusement ce bonheur rêvé. En Allemagne, dans le parti communiste des années 1920-1930 existait pour les militants le parteibefehl : « ordre du parti ». On ne discute pas, on ne raisonne pas, même si l'ordre donné paraît absurde et révoltant. On exécute. Le bonheur est au bout du chemin.

Dans le même ordre d'idée on trouve la pensée mao-tsé-toung en Chine durant l'horrible Révolution (anti)culturelle, ou l'infaillibilité papale...

Derrière les rêves de bonheur et de société idéal se trouve encore et toujours le manque d'amour. Ce qui en est révélateur est un aspect étrange du débat entre les humains. Un domaine est systématiquement dramatisé car il touche directement au manque d'amour. C'est le domaine dit « de l'amour » ou « de la sexualité ».

Si je dis par exemple que : « le bonheur c'est manger des escargots », on me trouvera bizarre, loufoque ou amusant. Si je dis que le bonheur consiste à se bagarrer à la sortie des bals du samedi soir ou braquer des banques, on ne pensera pas forcément que j'ai un problème avec la violence ou l'intention de braquer des banques. Voire que je l'ai déjà fait. En revanche, il en est tout autrement dès qu'il s'agit de la « sexualité ». Si je déclare, par exemple, que le bonheur consiste à avoir trois maitresses très jeunes ou avoir une pratique sexuelle sadique, on me regardera bizarrement. De toutes façons le débat sur ces sujets et même la simple expression sont d'ordinaire impossible.

Vous pouvez inviter à manger ou au cinéma une jolie fille. En revanche, rien que lui exprimer ouvertement et directement, par exemple, le désir de la voir nue ou de la caresser – sans pour autant esquisser le moindre geste dit « déplacé », – est généralement mal venu et source de conflits.

Il y a trente ans au moins, j'ai eu le malheur de dire à une amie ce que je ressentais. Avec moult efforts j'ai réussi à lui dire simplement que je souhaitais échanger des caresses avec elle. Elle est aussitôt monté sur ses grands chevaux. Je ne l'ai plus jamais revu. Toujours il y a des décennies, une jeune femme que j'avais rencontré dans le métro et qui est venue me rendre visite chez moi. J'ai eu l'outrecuidance de commettre un épouvantable horrible atroce inadmissible colossal abominable crime à son égard : je lui ai volontairement... effleuré un instant un bout du haut et du côté d'un genou ! Elle n'est jamais revenue. Le pire, c'est que suite à cette aventure sexuelle torride, j'ai cru être coupable d'avoir par mon geste mal venu empêché une belle et possible relation d'amitié...

Voyant la façon dramatique dont beaucoup traitent le contact dit « physique », le paradoxe engendré est que bien souvent je me garde aujourd'hui de tous contacts de ma part. Alors que je défends l'idée que ceux-ci manquent cruellement. Mais comment aussi pouvoir les initier, quand dans notre monde taré ils signifient exactement la demande de coït, alors que ça ne doit pas systématiquement être le cas ? Et vous aurez beau dire et beau faire pour vous expliquer, ce qui est déjà vu comme suspect. La prétention affirmée de tendresse sans recherche concomitante de l'acte sexuel fait déjà partie de l'arsenal classique des ruses hypocrites des dragueurs cavaleurs. L'un d'entre eux me disait qu'il était prêt à inviter une jolie fille convoitée à partager son lit sans qu'il se passe rien... la première nuit seulement, pour bien sûr changer complètement de comportement après. A force de se voir traiter comme des proies par les dragueurs, les femmes se méfient. Elles ont raison. L'ennui est que le rejet par elles des poètes romantiques et respectueux fait partie des dégâts collatéraux du conflit entre les humains notamment de sexes opposés.

Le manque d'amour engendrant un intérêt extrême pour tout ce qui paraît horrible et pessimiste fait que les discours optimistes ont peu de chances d'avoir beaucoup de succès. C'est pourquoi mes propos prônant l'amour vrai, la tendresse et le respect n'auront probablement jamais beaucoup de succès. Souhaitons qu'ils trouvent quand-même quelques lecteurs qui puissent en tirer agrément et profit.

Basile, philosophe naïf, Paris le 23 novembre 2014

304 Les avatars du démon

Dans le système de la « non pensée » existe une forme de non pensée apparentée à l'anathème des religieux de jadis, ou à la fatwa de certains religieux d'aujourd'hui. Quand on a affaire à quelqu'un auquel on reproche un certain nombre d'actes ou de choses en général, il peut arriver qu'à un moment-donné on fasse appel à un qualificatif « définitif ». Hier, c'était : « infidèle », « mécréant », « hérétique. De nos jours ça pourra être, par exemple : « salaud », « crapule », « connasse », « putain », « fasciste », « raciste », « sexiste », « homophobe », « homosexuel », « hétérosexuel », « bisexuel », « escroc », « catholique », « Juif », « Arabe », « islamiste », « intégriste », « nazi », « provocateur », « assassin », « communiste », « terroriste », « pédophile », etc. A partir du moment où le qualificatif est utilisé, l'interlocuteur ou le qualifié ainsi non interlocuteur passe du statut d'être humain à celui de démon. Il n'est plus question d'échanger une parole avec lui, d'attendre de lui quoi que ce soit de bon ou d'honnête. Il est défini comme intrinsèquement, définitivement, totalement et irréversiblement mauvais. Il n'y a plus qu'à le détruire. Et, à défaut, à l'effacer de nos relations.

Ce mode de non pensée, je l'ai utilisé. Ainsi, devant un certain degré et type d'ignominie politique, me venait à l'égard de l'auteur de l'ignominie en question le qualificatif : « fasciste ! » Aux États-Unis, le qualificatif « communiste ! » a servi à un emploi similaire au moins durant les années 1917-1989. Bien sûr, pas pour qualifier les mêmes agissements, mais l'usage était identique.

Je me suis rendu compte de l'étendu de la non pensée en réfléchissant au qualificatif : « fasciste ». On raisonne sur quelqu'un. Et, à un moment-donné, on cesse de raisonner, de le considérer comme un être humain dans toute sa complexité et son évolution. Il est marqué du sceau infamant et... on ne réfléchit plus. Et on ne parle plus avec. Et on ne raisonne plus sur ses agissements. Il est « mort ».

On se fait plaisir : on a « détruit » en paroles et en pensées celui qui nous posait problème. Seul hic : il existe toujours.

En politique, on utilise aussi les anathèmes suivants : « voleur », « fraudeur » et « menteur ». A partir du moment où on qualifie un politique de « menteur », tout ce qu'il dit est réputé faux. Et si on le qualifie de « voleur », son seul et unique but dans l'existence devient le vol. Alors qu'un humain est bien plus complexe que ces simples qualificatifs. Et que tous les humains ont été, sont ou seront un jour au moins un peu voleur, fraudeur et – ou – menteur... Qu'à cela ne tienne ! Le politique une fois qualifié de voleur, fraudeur et – ou – menteur n'existe plus. Il est désintégré à la manière du vampire touché par un rayon de soleil ! Il tombe en poussières. Pourtant, il existe toujours. La non pensée triomphe. Le politique est remplacé à nos yeux par une figure abstraite, un totem, un fétiche, une poupée rituelle baptisée « voleur », « fraudeur » ou « menteur ». La pureté morale absolue dont on ne ressent pas la nécessité pour soi-même, est exigée des politiques. Ce ne sont pas des hommes, ça doit être des dieux ! Et si ce ne sont pas des dieux, ce sont des démons.

La pensée papou, avec un os dans le nez, triomphe. Vous me direz qu'elle est parfois objective, car quelqu'un qui commet tel ou tel acte est résolument infréquentable ? Certes, mais le terme en question est extensible à quantité de gens qui n'y corresponde pas forcément. J'ai vu ainsi un jour des jeunes filles ayant dépassé la majorité sexuelle mais pas encore atteint la majorité civile me dire qu'elles étaient « des enfants ». Sous d'autres cieux et dans d'autres sociétés, elles seraient déjà mariées et mères de famille. Mais, le discours général de la non pensée les faisaient m'affirmer qu'elles étaient « des enfants ». Et qu'un homme qui s'intéresserait à elle comme à des femmes serait un agresseur d'enfants. C'était en vérité de drôles d'enfants, faits femmes et très intéressés par le sexe. Pour lesquels il n'était pas temps certes, de fonder une famille. Anathématiser est si facile. Combien de fois voit-on traiter de « fascistes » ou « communistes » des gens qui ne le sont pas ?

Basile, philosophe naïf, Paris le 23 novembre 2014

jeudi 20 novembre 2014

303 Je ne coucherais pas avec Laura.

Une jolie fille que je connais à peine
M'a inspiré ce poème :

Je ne coucherais pas avec Laura
Pourtant son cul est tendre
Et ses mains sont douces.


Je ne coucherais pas avec Laura
Pourtant ses yeux sont beaux
Et son sourire éclatant.


Je ne coucherais pas avec Laura
Pourtant ses seins sont mignons
Et son con est étroit.


Je ne coucherais pas avec Laura
Pourtant sa peau est parfumée
Et son cou appelle les bisous.


Je ne coucherais pas avec Laura
Car que voulez-vous
Qu'une jeune fille de dix-huit ans


Allemande de surcroît,
Et ne parlant guère trop le français
Fasse avec un vieux monsieur


Qu'elle ne connaît pas ?


Basile
Paris, le 20 novembre 2014

mercredi 19 novembre 2014

302 A propos de la mort de Rémi Fraisse

La cause de la mort tragique de Rémi Fraisse est politique. Elle s'explique par le précédent de la résistance écologique organisée contre la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes près de Nantes.

Qu'est-ce que la différence entre la guerre et le maintien de l'ordre ? A la guerre, l'objectif recherché est d'anéantir, tuer l'ennemi. Dans le maintien de l'ordre, l'objectif est de le faire partir. Dans les années soixante ou soixante-dix je me souviens comment des manifestants s'étonnaient à Paris. « Tu te rends compte ! La police a barré et bloqué toutes les rues et en a oublié une ! » C'était frappant, ce contraste entre le barrage policier de tout un ensemble de voies publiques, parallèlement à une grande et vaste rue rigoureusement vide de toutes présences en uniformes ! Il ne s'agissait en aucune manière d'un « oubli ». C'était en fait la voie laissée libre pour que les manifestants puissent s'en aller !

Les moyens mis en œuvres pour faire partir les manifestants sont multiples. Grenades lacrymogènes, charges de police, barrages hermétiques ou filtrants empêchant les regroupements de manifestants, etc. Pour s'y entrainer existe en France, à Bourg-Lastic, une petite ville artificielle où policiers et gendarmes jouent le rôle de manifestants ou de policiers. C'est là que les policiers sud-coréens à la veille des jeux olympiques de Séoul vinrent s'entrainer. Tout cet entrainement concerne le milieu urbain.

A Notre-Dame-des-Landes la police a été confronté à un cadre totalement différent : campagnard, champêtre et forestier. Et à des manifestants extrêmement motivés. Or, l'entrainement en milieu urbain ne correspondait rigoureusement pas aux conditions rencontrées. Comment « faire partir » d'une vaste étendue des manifestants se dispersant, se regroupant, ne se décidant pas à partir ? Menant une espèce de guérilla ? On a vu alors des gendarmes mobiles courirent en forêt. Déverser des quantités énormes de gazs lacrymogènes. Face à des manifestants ricanant, sûrs de leur bon droit et résistant, par exemple, en occupant des arbres ! Plantant des légumes, se mettant tout nus pour aller à quatre pattes renifler le bas des boucliers des policiers. Que faire en pareil cas ?

La police chercha à utiliser la méthode qui s'était révélée très efficace en d'autres endroits. Des gendarmes en civils se mêlant aux manifestants, mirent soudain des brassards gendarmerie, pour arrêter des militants écologistes pris en flagrant délit de caillassage de la police. Et zou ! Au trou, pour six mois, ça devait impressionner, faire peur et déguerpir les autres. Échec total ! Avec concert de ricanements et protestations, lettres et colis de soutiens aux emprisonnés. Les autres écologistes ne partirent pas du terrain d'affrontement de Notre-Dame-des-Landes. Résultat, défaite du gouvernement, non encore reconnue officiellement. L'aéroport contesté ne sera pas construit.

Les politiques n'aiment pas perdre. Arrive sur le devant de la scène la question de la retenue d'eau de Sivens. « Comment cette fois-ci vaincre les protestataires ? » se demandent les politiques.

Raisonnement lambda : « utilisons d'emblée du matériel très violent, comme ça, ils dégageront ! » Instructions d'être « très fermes » est donnée aux forces de gendarmerie envoyées à Sivens. Et d'utiliser des grenades offensives. Qui sont en fait des engins de guerre et pas de maintien de l'ordre. Cette décision est prise très certainement au plus haut niveau, au minimum à Matignon, sinon à l'Élysée. Les gendarmes mobiles suivent les ordres. On connait la suite. Vraisemblablement s'étant logée entre le dos et le sac à dos de Rémi Fraisse, une grenade offensive le tue net. Les gendarmes mobiles ont exécuté les ordres donnés. La responsabilité de ce qui est arrivé est gouvernementale au plus haut niveau. Et marque un tournant politique fondamentale aujourd'hui en France.

Basile, philosophe naïf, Paris le 19 novembre 2014

301 La fin de la vieille société où nous vivons encore

Le banquier Macron qui a été nommé Ministre de l'économie par l'ami de la finance François Hollande a déclaré récemment qu'il est toujours hostile aux trente-cinq heures en France. Je suis d'accord avec Maquereau... pardon ! Je veux dire : Macron. Il faut en finir avec les trente-cinq heures, en finir rapidement et définitivement. Et les remplacer par les dix-neuf heures payées trente-cinq !

Pourquoi ? Pour trois raisons. Tout d'abord la justice. Depuis l'arrivée de cette merde qu'on appelle l'euro, le pouvoir d'achat a été très considérablement réduit par une hausse vertigineuse des prix. Il faut donc rajuster la quantité de travail au prorata de la baisse du pouvoir d'achat. Si, par exemple, le pouvoir d'achat a baissé de cinquante pour cent, il faut qu'au salaire qui n'a pas bougé soit adapté un temps de travail réduit d'autant. Ensuite, le progrès technique : en mil neuf cent trente six on a accordé les quarante heures. A l'époque les campagnes connaissaient la traction animale et les villes la machine à vapeur. La productivité a augmenté de façon inouï depuis. Donc, le temps de travail doit être réduit d'autant sans réduction des salaires. Enfin, l'humanité : il y a deux jours j'entendais une jeune fille confier à son interlocutrice que son temps de travail était de sept heures par jour. Et elle s'extasiait sur le fait qu'elle n'était pas fatiguée. Pour permettre à tout un chacun de profiter de la vie, il faut que les journées de travail ne retirent pas toute leur énergie aux travailleurs.

Les patrons ne seront pas d'accord. Ce qui signifie qu'ils ne sont pas adaptés aux conditions de la production actuelle. Il sera donc indispensable et inévitable de faire comme cela se fait quand un employé est incompétent ou n'est plus compétent. Il sera nécessaire de les licencier. Une indemnité de chômage leur sera bien sûr versée. Leur fortune sera reversée dans la caisse de l'état, suivant le principe classique de l'expropriation dans l'intérêt de la collectivité. On leur laissera bien sûr des ressources leur assurant de quoi vivre décemment. On ne fera sommes toute avec eux que ce que leurs ancêtres dont ils ont hérité ont fait jadis aux nobles aristocrates. Avec l'avantage qu'on ne les ruinera pas complètement. Et qu'on ne leur coupera pas la tête, comme leurs aïeuls ont fait avec les nobles dans les années mil sept cent quatre vingt-dix. Où, selon les propos de Marcel Pagnol dans « La gloire de mon père », furent perpétrés en France trente mille assassinats suivis de vols.

Ces mesures de licenciements des patrons sont rendues indispensables par le fait qu'aujourd'hui, loin de créer des emplois, ils créent du chômage en délocalisant, entre autres. L'intérêt général n'est pas compatible avec leur intérêt particulier. D'où nécessité d'une juste et légitime rupture du contrat de travail qui les lie à la Nation.

L'établissement d'un revenu de base universel pour tous indépendamment de son âge, son activité ou inactivité et ses ressources, et permettant de vivre décemment est un droit vital à établir. Ce revenu corresponds en fait à la part de travail ou de disponibilité non reconnues et non rémunérées de chacun. En effet, quantité d'activités ne le sont pas. Élever des enfants est soi disant une tâche bénévole, alors que c'est un travail à part entière. Grandir, pour un enfant, étudier, est aussi un travail non reconnu comme devant être rémunéré. Être prêt à aider ses proches en cas de nécessité est comparable à la disponibilité de l'infirmier, du sapeur pompier ou du policier qui est payé pour être disponible en cas de besoin, qu'il soit appelé à agir ou non, selon les circonstances. L'établissement de ce revenu universel signifiera la fin de l'exploitation, de la prostitution, de la sexploitatation (exploitation des femmes par les hommes) et de tous les trafics engendrés par la misère. Il marquera l'avènement de la société humaine. L'organisation urbaine et campagnarde devra être revue dans le sens de la vie de la collectivité, avec la création d'agoras, lieux où se retrouveront bibliothèques, salles de sports, piscine, dispensaire, salles de spectacle, bals, jeux de sociétés, répétitions ou réunions, cantines gratuites et de qualité, cafés associatifs et culturels, etc.

Basile, philosophe naïf, Paris le 19 novembre 2014

300 Des milliards de caresses perdues : décryptage du comportement amoureux féminin

Au début de la vie dite « amoureuse » la femme va à la rencontre de l'homme et rencontre une violence invraisemblable en regard de ce qu'elle devrait trouver. L'homme, de manière obsessionnelle et sans aucune authenticité cherche à la baiser à tous prix. Le choc causé par cette violence conduit la femme a une hostilité globale contre l'homme. Un sentiment en quelque sorte « zoologique ». Elle en veut à tous les hommes, y compris ceux qui cherchent à se conduire respectueusement et gentiment. Elle leur en veut parce que ce sont des hommes. Et l'ensemble des hommes a trahi le rôle des hommes.

Cette réaction qui n'est pas totalement consciente conduit à une très grande violence morale. Avant même de subir éventuellement quoique ce soit, la femme en veut déjà à l'homme qu'elle rencontre. Parce que c'est un homme.

En même temps qu'elle rejette l'homme, contradictoirement elle est attirée par lui. Car elle a besoin de lui, des caresses qu'il devrait lui faire. Et qui sont remplacées par la recherche abusive et imbécile du coït sommaire. Cette attirance de la femme pour l'homme conduit à des gestes contradictoires. Ainsi, pas plus tard qu'il y a quelques jours, je voyais une très jolie femme me rencontrer. Elle est jalouse, fidèle et « en couple ». En minijupe, les jambes nues elle s'adresse à moi. Puis, vient s'asseoir face à moi, croise les jambes en posant sa cheville gauche sur son genou droit, m'offrant ainsi une vue imprenable presque jusqu'en haut de ses cuisses, sous la jupe, presque jusqu'à sa culotte ! Et comme mon regard appréciant les formes féminines se porte deux ou trois fois dans la direction de son sexe, elle n'en est pas inconsciente, le voit bien et ne m'en fait aucun reproche ou remarque. On me dira que son attitude était voulue et préméditée. J'affirme que non. Cette jeune femme en tant que femme en couple ne se rendait pas compte de ce qu'elle faisait en tant que singe que nous sommes tous à la base. Ses idées et principes refusent tous contacts « sensuels » avec moi. Cependant que le singe appelle mes caresses. Cette situation me fait beaucoup rire intérieurement. Et, surtout, je ne me sens nullement interloqué ou frustré par cette situation. Je sais pertinemment que cette jeune femme n'est pas consciente de son attitude. Que d'autres que moi qualifieraient de dragueuse, voire d'allumeuse. Et qu'il n'y a rien à espérer ou regretter de la part de cette belle créature parfaitement inaccessible à mon contact de la main, du sexe, de la bouche ou de la langue. Si je faisais mine de chercher le contact physique avec cette belle personne, je suis sûr que je serai rejeté. Ce phénomène se rencontre couramment.

Ainsi, j'ai eu l'occasion de rencontrer une très jolie femme qui m'ayant revu m'est quasiment tombée dans les bras. Ensuite ? Impossible de la revoir. Quand je lui téléphone elle ne décroche pas. Puis, de temps en temps, après des mois de non contact, si je l'appelle, elle décroche finalement. Paraît enthousiaste à l'idée de me revoir. Et s'évapore à nouveau. Pourquoi ? Parce que le singe en elle veut des caresses, la femme en elle veut rester fidèle à son copain, et, quand bien-même je ne souhaite pas la draguer, je suis un homme. Et l'ensemble des hommes et en tous cas la plupart de ceux qu'elle rencontre ne cherche qu'à coucher avec elle. Alors, je suis rejeté parce que je suis un homme. Et recherché, parce que je suis un singe. Alternativement la facette singe guenon, la facette homme femme, et le résultat : une marche hésitation qui s'arrête et ne mène nul part.

Une autre jeune femme m'a fait le même coup il y a des années. Comme elle travaillait dans un magasin que je fréquentais, il ne lui était pas possible de me boycotter. Simplement ses attitudes alternaient. Un coup elle était très câline et paraissait vouloir des caresses. Et, la fois suivante, était chaleureuse comme un iceberg. Et après redevenait par la suite une nouvelle fois chaleureuse, puis pas du tout, etc. Au point que je l'avais comparé à un « frigidaire à éclipses ». Mêmes causes, mêmes effets : femme glaciale ou guenon accueillante, elle ne savait pas sur quel pied danser. Parce que j'étais un homme. Et, globalement, les hommes sont violents et baiseurs.

Une femme, un jour, connut un sort plus original avec moi. Je la rencontre alors qu'elle est en vacances. Elle me « drague », c'est-à-dire qu'elle paraît très câline.... promet de venir chez moi le lendemain soir pour voir mes peintures. J'escompte bien sûr voir son cul. Elle ne vient pas. Mais, le jour d'après elle est forcée de débarquer chez moi pour solliciter mon aide, car elle s'est fait dérober argent et pièce d'identité au moment d'embarquer dans l'avion qui devait la ramener dans son pays. Là, elle panique doublement : du fait de sa situation sans argent ni papiers d'identités l'empêchant de rentrer à la maison. Et aussi du fait de se retrouver en tête-à-tête forcé avec moi. En clair, elle se demande ce que je vais avoir comme attitude à son égard. Je l'ai aidé à régler ses problèmes. Et, côté cul, il ne lui est rien arrivé. Je sais respecter l'autre et n'ai aucune envie de chercher à profiter d'une situation où chercher à coucher revenait à chercher à violer.

Une fois encore on voit ici le jeu contradictoire guenon singe et femme homme. La guenon accepte les câlins du premier soir, puis, prend la fuite. Est rattrapée par les événements et forcée de solliciter mon aide et mon hospitalité. Et panique alors. Par la suite je ne l'ai pas revu. Elle n'a pas cherché non plus à me revoir. J'ai quelquefois de ses nouvelles. Elle va bien.

Voilà une histoire plus compliquée : une amie cherche à coucher avec moi. Ce qui arrive. En fait, elle n'a aucune envie de coucher, mais cherche un papa pour ses futurs enfants. Le temps passe. Elle rompt. Et le fait durement. Pourquoi ? Parce que la guenon contrariée se sépare de la femme qui cherche le mariage. La Nature reprend le dessus et casse la relation apparente qui n'en était pas une.

Comme le cul ne me passionne guère, j'avais accepté l'idée que ma compagne ai des aventures si elle le voulait. Pourtant, au moment de rompre, elle me déclare me quitter parce que « elle ne se sent pas libre ». Affirmation ayant un caractère apparemment loufoque. J'ai mis une vingtaine de mois à déchiffrer le propos. En fait, elle ne se sentait pas libre parce qu'elle avait « établit » une relation de cul avec moi. Mais ne parvenait pas à l'analyser clairement. Alors, elle avait sorti un propos incohérent témoignant d'un sentiment réel de manque de liberté.

J'avais une amie qui, les années passant, était arrivé à une étrange intimité avec moi, à mi-chemin du singe qui met les mains et la bouche sans problèmes où il a envie. Et de l'humain qui règlemente ce genre de contact. Cette amie acceptait jusque y compris que je lui suce les seins. Mais, rien au dessous de la ceinture ! Situation baroque à laquelle je mis un terme un jour en la caressant un peu plus... Elle me déclara que c'était très bien mais ne devait pas recommencer, car sinon, il y aurait brouille entre nous deux. Ce qui arriva très exactement bien des mois plus tard. Où elle me traita y compris de violeur ou presque. Alors que je ne l'avais nullement violé, ni pénétré sexuellement. Mais, confronté à sa contradiction intérieure entre la guenon câline et la femme attachée à ses principes de « fidélité », elle a réglé le problème en me faisant porter le chapeau et l'entière responsabilité d'un « crime » imaginaire. Qu'elle proclamait avec tant de forces que j'en fut troublé et demandais leur avis à une sorte de « jury d'honneur » féminin. Deux femmes que je connais et qui n'ont pas leur langue dans leur poche quand il s'agit de critiquer, y compris moi.

L'une m'a déclaré que : nous avions joué avec nos hormones et que dans ce cas il serait difficile que nous parvenions à retrouver notre amitié ainsi perturbée. L'autre a carrément dit que mon amie fâchée était cinglée. Au total et pour finir, mon amie outragée et en fait confrontée à ses contradictions, n'a jamais cherché à comprendre ce qui lui était arrivé. Il lui a été beaucoup plus facile de ne pas me revoir. Combien de fois des femmes qui se confrontent avec la contradiction guenon singe femme homme éludent la réflexion en prenant la fuite ? Des millions de fois ! Il est courant d'entendre critiquer les femmes ainsi : « elles ne savent pas ce qu'elles veulent ». C'est très vrai. Mais les hommes aussi ne savent pas ce qu'ils veulent. On n'est pas près d'en sortir.

Ce qu'il faudrait c'est arrêter d'agir et commencer à réfléchir. Et cesser de prendre systématiquement la fuite ou accuser l'autre de faire votre malheur. C'est la solution de facilité : « les femmes sont méchantes », ou : « les hommes sont méchants ». Une anecdote que j'ai entendu et raconte souvent, fait beaucoup rire :

Un homme habitant Paris achète dans une brocante une vielle lampe orientale. Rentré chez lui, il entreprend de la nettoyer. La frotte. Et soudain en jaillit un immense génie. Celui-ci, furieux, l'apostrophe : « Tu m'as réveillé, alors que je dormais si bien depuis mil deux cents ans ! J'étais si bien... bon ! A présent, saches que tu as droit à ce que je t'exauce deux vœux ! Que désires-tu ? »

« Et bien, fait l'homme, j'ai toujours rêvé d'aller à Tahiti. Mais j'ai très peur de prendre l'avion. Alors, génie, je te demande de me construire une autoroute de Paris jusqu'à Tahiti. »

« Non mais ! Ça ne va pas la tête ? Qu'est-ce que tu me demandes là ? Allez ! Laisses tomber ! Deuxième vœu ! Que désires-tu ? »

« Et bien, génie, j'ai toujours eu un problème avec les femmes. Je n'ai jamais réussi à m'entendre bien au moins ne serait-ce qu'avec l'une d'entre elles. C'est toujours des disputes, des scandales, de la mésentente. Je me suis marié, ai divorcé. Ai essayé de retrouver quelqu'un. Finalement, ça n'a jamais marché ! Et bien, génie, je voudrais comprendre les femmes ! »

« Ah, euh ! Au fait, ton autoroute de Paris jusqu'à Tahiti, tu la veux à deux ou quatre voies ? »

Si cette blague fait tant rire hommes et femmes, ça illustre bien comme est très grande la mésentente homme-femme. Les femmes en l'entendant ajoutant à l'occasion que la blague pourrait être celle d'une femme demandant à comprendre les hommes.

Pour comprendre le sexe opposé il faut analyser bien des choses et surtout aussi soi-même. Chez les hommes, la recherche stupide et obsessionnelle de l'acte sexuel, qui assure aussi la prospérité de la prostitution, doit cesser. Et alors seulement la paix commencera à régner et permettra de remettre en place une relation vraie, chaleureuse et authentique entre l'homme et la femme. Les femmes auront également à mettre du leur pour que vienne enfin le terme d'une guerre intra-humaine qui dure depuis des millions d'années. Mais cette situation perturbée a aussi une base économique : la non reconnaissance du travail domestique essentiellement féminin. Et la non reconnaissance du droit des enfants à une vie décente quelles que soient les revenus des parents et leur façon de gérer ceux-ci. On est loin de prendre le chemin de la liquidation de ces graves injustices. Quand on parle en France de rémunérer les mères on se fait traiter de fasciste. Et quant à assurer un revenu aux enfants indépendamment des ressources parentales, on prend en France ces jours derniers un chemin inverse. En modulant les allocations familiales en fonction des revenus des parents.

En attendant, la perturbation des relations homme femme continue à conduire comme depuis des millénaires à la perte de milliards de caresses. Au renoncement au bonheur de vivre ensemble. Et à une multitude de suicides. Mais, la morale est sauve. Chacun fait sa connerie de son côté et homme et femme rêvent au « grand amour «  mythique qui n'existe pas. Si ce n'est une surcharge d'endorphines momentanée. Ou alors persiste à vouloir plus modestement se shooter aux endorphines du cul en multipliant « aventures » creuses et autres distractions peu intéressantes et pornographiques. Et l'amour dans tout ça ? Mais, ça n'est pas une valeur cotée en Bourse ! L'amour, si vous voulez le chercher, allez en vous, c'est là qu'il se trouve.

Basile, philosophe naïf, Paris le 19 novembre 2014

299 L'état de déprime générale

Le manque de caresses et d'amour détermine un déséquilibre moral général chez l'homme. Qui peut être assimilé à un « état de déprime général ». Au lieu d'être naturellement et spontanément joyeux, il est naturellement et spontanément l'inverse. C'est-à-dire triste, ou plutôt grisâtre. Il ne croit en rien et surtout pas en lui-même. Il cherche des compensations artificielles à sa détresse. Il peut devenir lunatique, violent, incapable de se distraire ou se reposer. Pris d'une activité fébrile, il ignore ce qu'il fait, où il va. Il se pose des questions absurdes du style : « quel est le sens de la vie ? » qui est aussi logique et d'actualité que la question « quel est le sens d'une mouche ? » Bref, il est déprimé en permanence. Et ne s'en rend pas compte. Demandez-lui s'il a besoin de caresses, il vous répondra qu'il a passé l'âge. On voit ainsi des crétins écrirent que l'homme a besoin de caresses uniquement et seulement quand il est un petit enfant, mais pas par la suite. S'il en réclame adulte, c'est qu'il en a manqué enfant ! Sinon il n'en ressentirait pas le besoin !! Beaucoup de « spécialistes » autoproclamés en psychologie humaine sont des ânes savants qui braient sur beau papier dans des collections éditoriales « érudites ». Ne vous inquiétez pas pour eux. Laissez braire ! Et occupez-vous de choses plus valables qu'enrichir ces incapables en achetant leurs livres !

La recherche d'un sésame miraculeux permettant d'échapper à la déprime générale explique certains mythes tels que « le bonheur » ou « le grand amour ». Soi-disant une chose ou une personne idéale devrait nous faire sortir pour toujours de cette tristesse ambiante. Plus dangereux encore est le mythe de la « société idéale » qui nous emmènerait ensemble hors de la grisaille ambiante. A ce mythe s'est ajouté celui du violent choc « libérateur », autrement dit celui de la « révolution » : un grand coup de pied dans le monde et hop ! Oublions l'amour, la morale, la justice, le respect pour quelque temps. Utilisons le remède de cheval. Il tuera le cheval, mais qu'importe les charniers de la Vendée ou de Cronstadt ! La sortie de la mouise est effective pour tous ! Ché balla ! Le suicide est aussi une porte largement utilisée pour fuir la déprime. Il peut être de diverses variétés. Y compris le suicide individuel ou collectif au service d'une « cause » sensée être « juste ». Aucune cause n'est assez juste pour mériter qu'on se sacrifie délibérément pour elle. Seule la vie importe d'abord !

Le « grand amour » n'est qu'un auto shootage aux endorphines. La vie a-t-elle pour objectif de se bourrer la gueule ? L'ébriété endorphinique comme but de l'existence ? Pour certains c'est le cas, ils glapissent que seul « trouver l'amour » pour eux importe. Je me shoote en bavant d'admiration devant le cul de Lolotte ou Jojo ? Ché stupidagine ! Comme pourrait s'écrier les Italiens : quelle stupidité ! Et puis, pour oublier notre détresse, il y a toutes sortes de fanatismes. Par exemple : le fanatisme du pouvoir ou de l'argent. On s'investit totalement dans la recherche du plus grand pouvoir, de la plus grande fortune possible. Est-on « heureux » pour autant ? Bien entendu que non, mais qu'importe, on se distrait de son malheur. Il suffit de considérer les « grands de ce monde » pour réaliser à quel point ils sont malheureux. Mais rien ne les dissuade de la route où ils s'égarent.

Avec l'argent on peut tout. On peut surtout arriver avec à se perdre. Les milliardaires sont des grands fous. Mais comme ils affament et appauvrissent le monde entier ! Et comme les ambitions des « grands de ce monde » ennuient la planète ! Construire des empires, objets inutiles, dangereux, nuisibles et périssables coute extrêmement cher. Un des derniers en date : l'Europe, sans parler des empires industriels et financiers. Le liquidateur des aciéries de Florange a dépensé douze millions de dollars pour le mariage de sa fille. Croyez-vous pour autant qu'il a trouvé « l'amour » ? Non, il courre après en dévalisant les pays et les peuples, en ruinant des régions entières. Et son empire industriel et financier, comme tous les autres empires disparaîtra un jour après avoir couté très cher aux peuples. Pour personne n'existe de raccourcis ou chemins de traverses : le seul vrai bonheur il faut d'abord et avant tout le chercher et le trouver en nous-mêmes. Il consiste dans notre façon de voir le monde. Et se cultive par la réflexion et le travail sur nous-mêmes. C'est la philosophie.

Basile, philosophe naïf, Paris le 19 novembre 2014