mardi 29 avril 2014

243 L'égalité femme-homme, quelle égalité ?

Récemment, j'ai passé onze jours invités chez des amis. Ainsi j'ai été au contact direct durant tout ce temps-là avec l'activité d'une mère de trois grands enfants de treize et quinze ans, deux jumelles et leur sœur aînée. Ce que j'ai pu suivre c'est le labeur ahurissant que doit développer une mère au foyer pour s'occuper de la maison et des enfants. Cette mère ne travaillant pas en plus à l'extérieur, qu'est-ce que ce serait si c'était aussi le cas !

Eh bien, ce travail-là n'est ni rémunéré, ni reconnu. Il arrive même que le mari, qui travaille dur à l'extérieur, s'exclame pour dire qu'à la maison on ne fait rien. Lui seul a un travail !

Ce travail de la femme ainsi non rémunéré est imposé par la nécessité de garder le bon fonctionnement de la maison et donner de bonnes conditions de vie aux enfants. Un travail non rémunéré et imposé, s'appelle l'esclavage. La femme est l'esclave de l'homme. Et cet esclavage n'est même pas reconnu comme existant. 

La femme porte le poids de l'ensemble de la société sur ses épaules. Puis, l'homme assume aussi divers efforts. Cependant, il est assis sur les épaules de la femme et l'oblige à avancer avec son poids à porter.

La base de la société humaine depuis d'innombrables années est l'esclavage de la femme. Elle partage la condition servile avec deux autres catégories de la société : les étudiants et les artistes.

L'étudiant qui s'instruit, suit des cours, lit des livres, prépare divers documents, écrit une thèse, par exemple, n'est pas rémunéré. S'il n'est pas riche - à part une poignée d'étudiants dotée de bourses très généreuses et de rares catégories studieuses telle celle des élèves polytechniciens français, - doit trouver un travail pour gagner sa vie : un "job d'étudiant". Et neuf fois sur dix, quand il ajoute une telle activité à ses études, il est amené à les abandonner avant la fin de celles-ci.

Les artistes, de leur côté, s'ils ne sont pas riches ou n'appartiennent pas à la poignée d'artistes dits "reconnus" et bien payés, sont autorisés à crever la dalle. Comme on dit parlant des artistes peintres ou sculpteurs : "ils gagnent très bien leur vie après leur mort". Allusion à la spéculation qui s'empare quelquefois de leurs œuvres après leur mort.

La femme étudiante ou artiste et mère est doublement écrasée par la société : en tant qu'étudiante ou artiste et en tant que mère. On lui susurre en plus à l'oreille : "tant que tu es étudiante" ou "si tu veux devenir artiste", alors "renonce à être mère !" Et pourquoi ? De facto on invite les femmes étudiantes ou artistes, ou bien à abandonner leurs études ou renoncer à l'art, ou bien à devenir en plus des mauvaises mères, car n'ayant pas la capacité de faire des doubles journées. La mère de trois enfants évoquée au début de ce texte a fait les Beaux-arts. Depuis qu'elle est mère elle n'a plus touché un pinceau. Et espère, plus tard, quand ses enfants devenus grands auront quitté la maison, pouvoir reprendre son activité créative artistique.

Sa tante, quant à elle, a renoncé à poursuivre ses études du jour où elle s'est mariée et a commencé à travailler. Puisque les études, elles, ne sont pas rémunérées. Elle était très motivée par ses études. Mais il fallait "gagner de l'argent". Et on trouve ça normal, de "devoir" renoncer à ses études pour travailler. Car les études ne seraient pas un vrai travail !!

Le manque de considération et de reconnaissance pour le travail des artistes, comme des étudiants ou des femmes fait partie des aspects habituels de la société où nous vivons.

Une petite fille voyant un artiste peindre une aquarelle disait dernièrement : "mais ça, peindre, ce n'est pas un métier". Et elle questionnait l'artiste : "quel est ton métier ?"

Dans une agence pour l'emploi, il y a une vingtaine d'années, à un artiste parisien décrivant ses activités très prenantes, une conseillère déclarait : "ça, vous pouvez le faire le weekend et le soir en semaine". Sous-entendu, ce n'est pas une activité, juste un amusement sans valeur.

Les artistes et les étudiants n'auraient souvent pas besoin de sommes importantes pour pouvoir continuer leurs activités dans de bonnes conditions. Mais ce minimum dont ils ont besoin pour vivre leur est systématiquement refusé. En témoigne depuis des années l'acharnement du MEDEF pour détruire le statut des intermittents du spectacle en France. En témoigne également de manière sournoise l'entreprise actuelle de liquidation de la gratuité de l'enseignement à travers la hausse délirante des frais d'inscriptions dans les facultés françaises et d'autres pays.

Mais, alors, il faut avoir "un vrai métier" ? Bien sûr, et la femme au foyer, sensée n'y rien faire, est invitée à "s'émanciper" en travaillant en plus à l'extérieur pour gagner de l'argent.

Mais que se passe-t-il ? La voilà qui travaille à l'extérieur de son foyer, fournit le même travail qu'un collègue masculin et... est payée trente pour cent de moins que l'homme ! Pourquoi, pour quelle raison ? Son travail aurait-il une consistance, une valeur inférieure d'un tiers ?

Sous payer ainsi les femmes arrive très fréquemment en France. Et en plus, s'agissant de l'emploi occupé, la femme se voit proposé surtout les emplois moins bien payés en général, moins intéressant et refusé ceux à hautes responsabilités. Ce dernier barrage étant représenté par le fameux "plafond de verre".

Pourquoi refuser ainsi les postes importants aux femmes ? Sous prétexte que celles-ci sont "handicapées" par leur caractère féminin reproducteur !!! Vous comprenez, elles ont des congés maternités, prennent des jours pour s'occuper de leurs enfants quand ils sont malades. Ce qui devrait être considéré élogieusement est présenté comme un handicap et un motif justifié de marginalisation.

Vous vous rendez compte : cette femme qui travaille à un haut niveau de responsabilité risque un jour de devenir également une mère. Et alors, au lieu d'admirer cette magnifique capacité on en fait une source de mépris de facto. Elle devrait avoir honte d'être une femme, ou plutôt pire : de n'être qu'une femme. Tandis que les hommes, eux, devraient sans doute être fiers d'être des hommes... et pourquoi donc ? Quels efforts particuliers ont-ils faits pour naître hommes plutôt que femmes ?

Cette supériorité imaginaire de l'homme sur la femme s'est longtemps inscrite dans les textes en France. Jusqu'en 1944, par exemple, le régime politique de la France a été officiellement celui de la dictature des hommes sur les femmes. Puisque ces dernières n'avaient pas le droit de voter, à l'inverse des hommes.

En 1936, il y eut en France trois femmes sous-secrétaires d’État, alors que les femmes n'avaient pas le droit de vote. Le pouvoir du Front populaire de l'époque s'abstint de donner le droit de vote aux femmes parce qu'à son idée celles-ci risquaient de voter en masse à droite. Mépriser les femmes, partout et dans toutes les catégories de la population, y compris chez bien de ceux qui se situent "à gauche", est une longue et vieille tradition française et pas uniquement française.

Aux femmes est accordée une "supériorité". Elles seraient soi-disant l'incarnation par excellence du "sexe" et du plaisir sexuel. Taper "sexe" sur le clavier de votre ordinateur en cherchant des images sur Internet, la majorité de celles-ci, largement pornographiques, figureront des femmes.

La femme, dans ces conditions, subit de plein fouet l'exploitation sexuelle pratiquée par la majorité des hommes, sous diverses formes : viols, insultes, agressions, prostitution, harcèlement et pressions diverses.

Mais tout ceci n'empêche pas certains de déclarer qu'aujourd'hui en France l'égalité femme-homme règne, et qu'à part quelques bricoles, tout va bien.

En fait, comme d'habitude et depuis des millénaires, l'hypocrisie règne. Et si certaines choses se sont un petit peu amélioré depuis quelques décennies, nous sommes encore aujourd'hui très loin du compte.

Basile, philosophe naïf, Paris le 29 avril 2014 

242 Liberare la tenerezza - Libérer la tendresse

Liberare la tenerezza

Forse non abbiamo bisogno  di un amore straordinario, o della coppia, o del sesso, pero abbiamo bisogno della tenerezza. Ma questa tenerezza è adesso l'ostaggio di un systema ché fà di lei un pezzo dell'amore straordinario, o della coppia o del sesso.

Noi dobbiamo liberare nostra santa, nobile e carissima tenerezza. E cosi comincierà il primo capitolo della storia della vera Umanità.

Basile, philosophe naïf, in Italia, 24, 27 e 28 aprile 2014

Libérer la tendresse

Peut-être nous n'avons pas besoin d'un amour extraordinaire, ou du couple, ou du sexe, mais nous avons besoin de la tendresse. Mais cette tendresse est à présent l'otage d'un système qui fait d'elle un morceau de l'amour extraordinaire, ou du couple ou du sexe.

Nous devons libérer notre sainte, noble et très chère tendresse. Et ainsi commencera le premier chapitre de l'histoire de la vraie Humanité.

Basile, philosophe naïf, en Italie, 24, 27 et 28 avril 2014

mercredi 16 avril 2014

241 Pourquoi est-il presque impossible de rencontrer l'amour ?

Cri du cœur de quantité de personnes : "je n'ai jamais rencontré l'amour", ou encore : "je cherche l'amour et ne le trouve pas". Comment s'explique cette bizarre difficulté ? Si tant de gens déclarent le chercher, logiquement, vu leur nombre, ils devraient bien finir par le trouver. Rien qu'en considérant la probabilité. Alors, où se trouve l'obstacle ? Il se trouve dans les gens eux-mêmes.

Et d'abord qu'est-ce qu'on entend par "l'amour" ? En général on entend par là une personne unique qui doit vous apporter une multitude de choses : compagnie, réconfort, soutien, plaisir, distraction, conseils, sécurité, sexe, câlins, etc. On a l'impression, quand on observe une personne qui cherche l'amour, de la voir face à une très grande colline fleurie. Et qui déclare : "je ne vois aucune fleur. Je cherche une fleur aux pétales jaunes, bleues, roses, lilas, de très exactement 0,976 millimètres de long sur 4,56 millimètres de larges et parfaitement égales et symétriquement identiques. Sinon, ce ne sont pas des fleurs !"

"Et cette fleur est unique et m'est destinée. Elle fera mon bonheur et je ferais le sien !"

Cette prétention terriblement absurde est des plus répandue. Il y aurait quelque part dans le monde la bonne personne que vous attendez. Mais d'où vient son portrait, à cette créature rêvée ?

Il est issu de trois sources :

La première est en quelque sorte mythologique. Elle est sensée devoir ressembler à une créature merveilleuse, imaginaire ou mythifiée. Par exemple : ressembler à telle vedette de cinéma ou de la chanson, ou aux personnes qui apparaissent dans les films pornographiques.

La seconde, ce sont les expériences amoureuses vécues. Plus le temps passe, plus les indications issue de cette source s’alourdissent et se compliquent. Plus les exigences augmentent.

Enfin, la troisième est celle de l'amour vécu enfant, ou dont on a rêvé enfant.

En sommes, un mélange de mythes, de gamelles vécues et de papa ou maman.

A cette chimère on va donner une dévolution :

Elle devra remplir le jour venu trois fonctions : partager notre vie quotidienne, chose qui n'est pas facile, être présentée à l'entourage et satisfaire de supposés besoins sexuels.

Ce ramassis de pseudo-raisonnements bancals a peu de chances de déboucher sur une réalité tangible et satisfaisante. On place une barre imaginaire très haut. On imagine une créature qui n'a aucune chance d'exister nulle part.

Quelquefois, par extraordinaire, ce ramassis de schémas n'empêche pas une belle rencontre. Mais le plus souvent les schémas vont revenir à la charge. Polluer la relation. La détruire.

Ou alors elles empêcheront la rencontre. Fait à relever, les schémas peuvent indirectement favoriser l'amour. Mais pas celui recherché.

Quelle est l'origine de cette situation générale de l'amour, le plus souvent ressentie comme absurde, incompréhensible, injuste et insupportable ?

Elle se trouve dans le conditionnement masculin. L'homme du fait de celui-ci veut tout le temps l'acte sexuel. Il est conforté dans ce délire par l'ignorance de sa propre physiologie. Elle l'amène à interpréter toutes ses érections comme l'expression du désir de s'accoupler. Alors que l'érection survient en quantité d'autres situations. Le seul plaisir peut par exemple la provoquer, sans qu'il y ait pour autant désir. Ce désordre dans sa tête conduit l'homme à la confusion, la frustration, la jalousie morbide, la possessivité délirante, la violence physique et morale. Face à ce comportement, la femme peut se résigner, accepter de jouer le rôle que l'homme prétend lui assigner. Voire même chercher à imiter l'homme dans son incohérence. Cela lui est généralement insupportable. Alors, elle va chercher à négocier, conditionner l'homme pour le rendre moins insupportable. Et puis, elle va rêver à un homme idéal et imaginaire. A force de rêver, elle fera rêver l'homme à une femme idéale. Plutôt que s'enfermer dans ces rêves, il faut refuser le conditionnement. Et aller à la rencontre de la vraie vie. C'est possible, difficile mais infiniment plus riche que fantasmer en prenant râteaux et gamelles. Et faisant souffrir soi-même et les autres.

Basile, philosophe naïf, Paris le 16 avril 2014

dimanche 6 avril 2014

240 Proposition d'organisation goguettière

Monômes, binômes, polynômes :

Une goguette est formée de 18 monômes : goguettiers ou goguettières. Elle ne dépasse pas ce nombre. Est rigoureusement indépendante, apolitique et festive. Son but est la fête, le rire et la chanson.

Les 18 monômes sont organisés en 9 binômes.

Regroupés par 3, ces binômes forment 3 polynômes.

L'ensemble constitue une goguette.

Elle se dote d'un nom, un emblème, un chapeau, une chanson, une devise et un ensemble de bigophones et percussions.

Structure interne :

Au sein de chaque binôme sont 1 monôme marchant et 1 monôme suiveur. Le monôme marchand se charge de la communication extérieure.

Les 3 monômes marchands au sein d'un polynôme forment la direction du polynôme. Leurs fonctions sont réparties ainsi :

Direction,
Fournitures,
Communication et archives.

Les monômes directeurs de chaque polynôme forment le bureau de la goguette.

Symbolique :

Au sein des polynômes existent un polynôme oiseaux, un polynôme fleurs et un polynôme étoiles.

Ses membres prennent des sobriquets oiseaux, fleurs ou étoiles.

Mémoriser la goguette :

La goguette dépose ses publications et copies de documents d'archives en un lieu de conservation mémoriel, par exemple : le Département des Arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France, le Musée international du Carnaval et du Masque de Binche, des archives municipales, etc.

Précisions :

Les fournitures sont la boisson, le tissu pour les chapeaux ou masques-voilettes, etc.

La goguette devra au maximum fonctionner sur la base du cœur et de la bonne volonté. 

On peut imaginer des goguettes enfantines, des goguettes étudiantes, etc. Les goguettes étudiantes seront la base de renaissance de la société festive universelle étudiante de la Corda Fratres (1898-1914).

Basile, philosophe naïf, Paris le 6 avril 2014



 

vendredi 4 avril 2014

239 Tristes nouvelles

J'apprends qu'un sondage réalisé dernièrement par l'Institut d'enquête économique du gouvernement brésilien auprès de 3 810 personnes des deux sexes donne ce troublant résultat :  

65,1 % des personnes interrogées approuvent l'affirmation inepte comme quoi : « Les femmes portant des vêtements qui laissent voir leur corps méritent d'être violées ».

Il existe aussi parmi les interrogés 58,5% qui pensent que « si les femmes se comportaient mieux, il y aurait moins de viols ».

Il y a donc 65,1 % de gens bizarres au Brésil. Ça fait beaucoup. Qu'en est-il en France et ailleurs ?

Extrapolons : doit-on déduire également que pour ces gens bizarres les petites filles habillée « sexy » méritent d'être violées ? Dans quel monde vivons-nous ?

20 000 Brésiliennes auraient manifesté leur réprobation sur le Net... Il y a encore beaucoup à faire, au Brésil et ailleurs.

Basile, philosophe naïf, Paris le 4 avril 2014

samedi 29 mars 2014

238 Refonder la relation homme-femme

Durant des dizaines voire centaines de milliers d'années, sur l'ensemble du globe terrestre, les femmes ont été traité avec mépris et comme quantité négligeable par les hommes. On leur a systématiquement nié la qualité d'être humain à part entière. Ces millénaires d'ignominie ont laissé des traces. Et, encore aujourd'hui, la femme est traitée comme une sous-merde par des millions d'hommes de par le monde. Avec, hélas, des fois la complicité de certaines femmes arriérées et cro-magnonesques qui applaudissent leur infériorité proclamée.

Le monde a heureusement évolué. Il reste énormément à faire. Mais, que de progrès enregistrés déjà ! 

Cependant, il y a beaucoup à dire à propos de l'époque où nous vivons. En France et à Paris où je vis, j'ai vu et critiqué le comportement ignoble et ultra-fréquent de beaucoup d'hommes. Comme, par exemple, qu'une jolie fille ne peut rigoureusement pas aller lire tranquille et seule dans un parc sans être importunée systématiquement par un troupeau d'imbéciles. Mais les femmes, elles, ne sont pas nécessairement irréprochables dans le comportement qu'elles affectent à l'endroit des hommes dans les relations dites « sentimentales ». Et je vais dire ici quelque chose à ce propos.

Nombre de femmes ont aujourd'hui la possibilité de s'affirmer en être humain à part entière, à égalité avec les hommes. Comme me le disait mon amie Louise-Véronique : « l'homme et la femme sont égaux, différents et complémentaires ». Mais, que font-elles de cette liberté récente et chèrement payée par des luttes ?

Au lieu de refonder la relation homme-femme sur la base de la réalité, d'innombrables femmes se contentent de jouer. Elles jouissent d'une liberté qui devrait leur permettre de revendiquer des relations enfin débarrassées de la merde machiste. Au lieu de ça, elles se considèrent investies d'un pouvoir qui leur permet de traiter les hommes comme des gros jouets. Elles sont immatures.

Les jeux auxquels elles s'adonnent sont divers. Un des principaux est le jeu du poisson. Il s'inspire du pêcheur qui appâte un poisson et le prend au bout de sa ligne. Puis, d'un coup sec, il ferre le poisson. Et le voit avec plaisir s'agiter au bout de sa ligne.

Le pêcheur ramasse ensuite son poisson. Mais, dans le jeu du poisson, on s'arrête au moment où il s'agite. Et on le laisse s'agiter ! C'est amusant... La pêcheuse ferre son poisson, ou plusieurs poissons. Et, à distance, les regarde s'agiter. Elle les laisse s'agiter à distance de son cœur, et d'une relation réciproquement respectueuse entre un homme et elle. Elle peut coucher avec ou pas. Mais c'est pour elle secondaire. Seul importe d'abord le plaisir sadique de voir le poisson s'agiter au bout de sa ligne. Et surtout éviter de s'assumer soi-même en tant qu'être humain de sexe féminin.

Le jeu du poisson peut être élargi. On joue au jeu du poisson en amour. On y jouera en amitié. Toujours dans le même but unique, stérile, invivable pour le poisson et stupide de le voir se débattre au bout de la ligne. Pour le ferrer, on pourra user de la séduction, ou de la pitié. C'est-à-dire que la manipulation aura pour base la séduction ou le fait de faire pitié. Le but restant le ferrage et la contemplation stupide, peureuse et sadique du poisson qui se débat. Ça peut durer longtemps... J'ai connu une femme qui s'est amusé ainsi durant onze ans avec son poisson. Quand celui-ci n'en pouvait plus, désirait autre chose, elle le culpabilisait : « mais tu gâches notre relation en ramenant toujours ça ». Le « ça » était le fait de coucher ensemble, chose férocement rationnée. Tandis que, par ailleurs, la pêcheuse baisait tranquillement avec d'autres, à droite ou à gauche.

Un autre jeu, c'est le jeu de la drague. Il consiste, pour la femme, a imiter le dragueur homme dans son comportement vide, stupide et consumériste. On baise, ce qui ne présente guère d'intérêt. Ou on flirte. C'est-à-dire qu'on esquisse les premiers pas de la drague. Et on part en courant avant que "les affaires sérieuses" commencent. C'est « la danse du slip » : t'as vu mon slip ? Tu veux mettre ta main dedans ? Eh bien non ! Tu n'auras rien ! Ce jeu stupide se pratique y compris avec des non dragueurs. 

Un troisième jeu, ô combien tordu : le jeu du mariage ou des engagements, consiste à mettre en avant ceux-ci. Un homme s'intéresse à une femme. Celle-ci n'a aucun projet de vie avec lui, mais fait comme si c'était le cas. Elle « pose ses conditions ». « Tu dois t'engager ! » dit la belle dame, qui en fait s'en fout et teste sa victime. Si le gros jouet prend peur et s'enfuit, c'est sa faute si « rien n'a été possible ». On joue à la fille « sérieuse » qui veut « construire quelque chose ». Par ailleurs et en cloisonnant sa vie, on s'envoie en l'air et on drague, ou pas. 

L'emmerdant ici, c'est quand le gros jouet est prêt à accepter de s'engager, alors qu'on n'a rien à foutre ou presque de sa gueule. Alors, on monte les enchères. On va jusqu'aux promesses demandées d'enfants, famille, mariage civil, mariage religieux... Zût alors ! Il est d'accord en tout ! Alors, on prend la fuite sans explications valables et claires. Le naïf gros jouet reste seul et désemparé. Il pourra même se suicider.

Un quatrième jeu est assez pervers. Il s'agit du jeu du faux-frère. On baptise un ami « le frère dont on a toujours rêvé ». Mais, si c'est un frère, bien sûr, pas question de coucher ou quoi que ce soit d'approchant. Sauf quand la dame en a envie. Mais, elle seule a le droit à l'initiative et l'organisation de tels arrangements. Si c'est le gros jouet qui agit pareillement il est d'emblée classé violeur. Par exemple, s'il a osé touché la fesse de la dame alors que seul son sein était momentanément autorisé au pelotage. Cette situation compliquée et sans issues rationnelles pourra traumatiser et culpabiliser gravement le gros jouet.

Je me suis basé sur des exemples vus ou vécus. Il serait temps que les nombreuses femmes qui traitent les hommes en gros jouets s'assument et se comportent en vraies femmes.

Ce qui nécessite de refonder la relation homme-femme sur la base de l'égalité, la différence et la complémentarité. Et cesser de jouer.

Basile, philosophe naïf, Paris le 29 mars 2014

mercredi 26 mars 2014

237 Les chaises payantes et l'homme à l'appareil photo du jardin du Luxembourg

Quand j'étais petit, dans les années 1950-1960, au jardin du Luxembourg à Paris, les chaises étaient payantes. Si on s'asseyait sur une de ces chaises en métal laqué vert, bientôt passait une vieille dame portant un sac. De ce sac elle tirait des billets et prélevait en échange d'un de ceux-ci une certaine somme d'argent.

Il y avait deux tarifs. Les grands fauteuils coutaient plus chers que les simples chaises.

Si on voulait se reposer sans payer, restaient les bancs en pierre. Ceux-ci étaient gratuits. Nous étions pauvres et, sauf une unique fois, ne nous sommes jamais assis en payant sur des sièges tarifés.

Bien averti du caractère payant des dits sièges, j'évitais soigneusement de m'y asseoir.

Une scène m'a frappé un jour : trois jeunes hommes, vraisemblablement des étudiants, s'étaient assis sur des fauteuils payants, les plus chers. Et, quand la vieille dame aux tickets est arrivée à proximité et s'est dirigée vers eux pour les faire payer, un des jeunes hommes a claqué bien fort dans ses mains. Et, à ce signal convenu, les trois se sont levés d'un bond et sont partis avec un grand et joyeux éclat de rire. Sans payer, bien évidemment. Il y a cinquante ans environ que c'est arrivé. Ce souvenir est pourtant resté gravé dans ma mémoire.

Bien plus tard, on m'a dit que le Sénat, dont dépend le jardin, a racheté les chaises. Et c'est ainsi que depuis bien longtemps elles sont devenues gratuites.

Cette pratique des chaises payantes dans cet illustre jardin parisien faisait hier partie des choses normales, habituelles de notre vie, de la vie des Parisiens.

Comme cet homme qui se promenait dans le même jardin, un appareil photo à la main. Il vous prenait en photo presque par surprise, sans demander votre avis. Puis vous remettait un ticket en échange duquel on pouvait aller retirer la photo, quelques jours plus tard, à une certaine adresse précise en échange d'argent.

Ma mère détestait se faire ainsi prendre en photo avec ses enfants, car, pauvre, elle ne pensait pas aller retirer la photo au magasin où on pouvait le faire.

Une seule fois, elle nous a promis qu'on irait la chercher. Puis, la promesse fut oubliée. Et le ticket se perdit quelque part dans le désordre de l'atelier d'artistes familial où nous vivions entassés à six dans le quatorzième arrondissement de Paris.

La taxe sur les chaises et l'homme à l'appareil photo du jardin du Luxembourg n'ont pas toujours existé. Ces choses étaient habituelles il y a quelques décennies. Elles faisaient partie du paysage. Il n'en reste à présent rigoureusement aucune trace visible quand on se promène au jardin du Luxembourg. Un jour, il en sera ainsi d'autres choses de notre vie qui aujourd'hui nous apparaissent comme logiques, inévitables et allant parfaitement de soi :

Disparaîtra et sera oublié le fait d'avoir un travail ennuyeux qu'on n'effectue juste pour avoir de l'argent. Et aussi le fait de payer pour manger, s'habiller, se soigner, se distraire, voyager, téléphoner, avoir un toit sous lequel s'abriter. Un jour, l'argent cessera d''exister. Il n'a pas toujours existé. Et il disparaîtra avec toutes les contraintes absurdes et odieuses qui l'accompagnent. Et qu'il engendre. Et aussi disparaîtra le décorum absurde, stupide et ridicule qui accompagne ceux qui tirent leur puissance de l'argent : riches, hommes d'états, grands voleurs et célébrités diverses.

Basile, philosophe naïf, Paris le 26 mars 2014